27/09/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Le changement de mentalité: un défi pour changer le Togo

On voudrait pouvoir oublier le régime du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Il a profondément marqué notre pays. Son impact sur l’histoire du Togo a été globalement négatif. Mais, parce que « c’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle », il est très difficile aujourd’hui d’entreprendre quoi que ce soit sans se référer au RPT. Que les mauvais exemples du passé nous instruisent pour que nous puissions faire mieux dans l’avenir et reconstruire le Togo.

Dans ce sens, l’une des taches les plus ardues auxquelles les Togolais auront à faire face pour remettre leur pays sur les rails sera, après le règne du RPT, le « Changement de mentalité. » Parce que beaucoup de nos compatriotes ont accepté et se sont habitués a de désastreuses manières de faire. Leur demander le contraire d’un jour à l’autre ne sera pas chose facile. Parce que, changer de mentalité, c’est penser et faire autrement. Et, si nous prenons la peine de regarder derrière, c’est-à-dire ces dernières années, nous nous rendons compte qu’il existe beaucoup de choses à percevoir ou à faire différemment. Quelles sont-elles, ces choses?

Notre réflexion s’articulera autour de cinq points:
I – qu’est-ce que le Togo aujourd’hui?
II – qu’est-ce qu’un Togolais?
III – que font les Togolais?
IV – que veulent les Togolais?
V – comment les Togolais peuvent-ils atteindre leurs buts
Conclusion?

I. LE TOGO

Avec une superficie de 56000 Km2, le Togo a une place privilégiée au centre de la cote ouest-africaine. L’une des particularités du pays à laquelle l’on fait rarement allusion, est que le Togo est un pays densément peuplé. Sa densité est l’une des plus élevées du continent. Le Togo est aussi, selon Robert Cornevin, le pays le plus montagneux de l’Afrique de l’Ouest si l’on tient compte de sa superficie.

Ce n’est pas du chauvinisme que de dire que nous avons un beau pays. Le Togolais quitte souvent son pays avec le ferme désir d’y revenir très tôt. Un adage du pays rappelle bien cette réalité: « le beau pays étranger ne peut égaler chez soi. »

Malheureusement, depuis des décennies, une vaste politique de répression en vue de la conservation du pouvoir, a jeté les Togolais par centaines de milliers sur le chemin de l’exil. Ils sont très nombreux, ceux qui ont perdu l’espoir d’un retour immédiat. Alors que la situation d’incertitude (surtout économique) perdure, le pays s’enfonce dans une crise de longue durée que seules des solutions politiques justes peuvent résoudre.

II. LES TOGOLAIS

Selon notre présente Constitution, est Togolais tout citoyen ne d’un père et ou d’une mère togolaise. Les Togolais sont aujourd’hui près de 5 millions. Peuple ouvert et travailleur, les Togolais ont traversé toutes les vicissitudes sans jamais perdre leur unité. En instrumentalisant le tribalisme comme il l’a toujours fait et le fait encore, le RPT met en danger l’unité nationale. Le clientélisme du RPT pourrait un jour conduire à des notions dangereuses d’exclusion semblables à celles des inventeurs de « l’ivoirité ». Nous savons aujourd’hui à quoi cela a conduit.

Ce n’est pas un hasard si les Américains ont choisi notre pays comme celui de leur unique expérience de zone franche en Afrique. Il y a chez nous une tradition que l’on ne retrouve pas partout et que nous devons mettre en valeur: l’ardeur au travail, la discipline, un niveau relativement élevé de scolarisation…

III. QUE FONT LES TOGOLAIS?

Les Togolais son majoritairement agriculteurs. Mais malgré la densité élevée de la population, les terres agricoles sont sous-exploitées. Le secteur secondaire est embryonnaire. Et les phosphates, seules ressources exploitées, posent aujourd’hui plus de problèmes qu’ils n’en résolvent. Du fait d’une situation géographique favorable, le secteur tertiaire a connu un développement rapide vite stoppé par l’interminable crise que connait le pays.

Depuis l’époque coloniale, les Togolais sont un peu partout en Afrique où ils mettent leur savoir au service des Africains les plus déshérités. Aujourd’hui, à New York par exemple, il y a des secteurs d’activité entièrement occupés par des Togolais! C’est dire leur capacité à s’adapter.

IV. QUE VEULENT LES TOGOLAIS?

Depuis le coup d’État de janvier 1963 qui a mis fin au régime de l’indépendance, avec l’assassinat du chef de l’État Sylvanus Olympio, les Togolais ont l’impression d’être retournés à l’époque coloniale. Ils ont « perdu » l’indépendance avec l’arrivée au pouvoir de compatriotes qui, de retour des guerres coloniales sous la bannière d’une puissance étrangère, notamment en Algérie et en Indochine, ont entrepris, comme par hasard, une systématique remise en question des facteurs qui ont favorisé l’indépendance nationale.

L’ancien régime qui se prolonge jusqu’à nos jours a ainsi divisé les Togolais. Il y a d’un coté les gens du « Nord », et de l’autre ceux du « Sud ». Les deux entités étaient constamment opposées l’une à l’autre, dans une dangereuse politique de ‘diviser pour régner.’ En vérité, il est très difficile de connaitre les exactes limites de ces entités qui varient selon les humeurs du maître. Par exemple, Blitta, qui a longtemps fait partie d’Atakpamé, a été reclassé comme faisant partie du Nord. Mais il a fallu l’épisode de l’alphabétisation fonctionnelle et la promotion des langues nationales (notamment Kabye et éwé), pour découvrir que la zone réservée aux locuteurs du nord allait de Dapaong à Anie!

Beaucoup y ont vu de l’ethnocentrisme. Au niveau de la répartition des fonctions dans la Fonction publique, le même mal fait fureur. C’est une véritable « politique de la mangeoire. »

Aujourd’hui, la ferme volonté des Togolais est de reconquérir l’indépendance perdue, reconstruire l’unité nationale et remettre tout le pays au travail. Tout cela ne sera possible que si le peuple est libre du choix de ses représentants grâce à des élections sans fraudes.

V. COMMENT ATTEINDRE NOS BUTS?

Pour atteindre nos buts, nous devons changer de mentalité. Les Togolais, collectivement, sont les seuls maîtres de leur destin. Que faut-il faire?

A-
– Réapprendre au Togolais, à partir de l’école, à aimer son pays, entité indivise et indivisible
– Le Togo est la « propriété » de tous les Togolais
– Rechercher la bonne entente avec nos voisins d’abord et avec toutes les nations
– Tous les problèmes de frontières vont se résoudre dans la recherche de l’unité des pays africains
– La recherche de l’unité ne peut pas être conçue comme une politique personnelle de glorification

B-
– Nous devons enseigner que tous les Togolais sont des citoyens égaux en droit
– Des circonstances historiques et économiques déterminent certains choix et parfois les résultats. Il n’existe pas de tribus particulièrement plus guerrières que les autres, ni de poltrons d’un cote et de courageux de l’autre

C-
– Remettre le Togo au travail
– Donner priorité à l’enseignement
– L’homme qu’il faut à la place qu’il faut
– À la « politique de la mangeoire », substituons celle du « grand gâteau »: pour partager, il faut d’abord produire. Plus l’effort de tous aboutira à un gâteau plus grand, plus grande sera la part de chacun.

Comme on peut l’imaginer, il s’agit-là d’une nouvelle manière d’appréhender la vie publique chez nous. Restons unis pour un meilleur avenir.

États-Unis, 7 juillet 2008
Pour le CSN-TOGO,
Zaaneto Denyigba

Congrès Togolais pour un Sursaut National (CSN-TOGO)

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Le CSN-TOGO invite tous les compatriotes, à participer de façon constructive et massive, à cette initiative susceptible de conduire à des actions bénéfiques pour notre peuple. La participation de tout le monde est vivement souhaitée.

Les suggestions, propositions et réactions peuvent être envoyées au courriel: info@csntogo.org ou au
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