06/10/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Le décès d’un opposant au Togo serait dû à une noyade

AFP-13/11/09 – L’ancien ministre togolais et président du Mouvement d’opposition pour le développement national (Modena), Atsutsè Kokouvi Agbobli, serait mort noyé et non suite à une intoxication médicamenteuse, selon une contre-expertise obtenue par l’AFP jeudi.

« Il y a suffisamment de signes indiquant que le ministre Atsutsè Kokouvi Agbobli est mort noyé », écrit le docteur Nizam Peerwani, auteur du rapport et consultant pour l’organisation « Physicians for Human Rights », basée aux Etats-Unis.

Le médecin a été mandaté par le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies « sur requête de la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Togo », a précisé à l’AFP le fils de l’opposant, Ayaovi Fabrice Agbobli, joint par téléphone à Paris.

Atsutsè Kokouvi Agbobli, 67 ans, avait été retrouvé mort le 15 août sur une plage de Lomé.

Le médecin légiste conclut que « son décès n’est pas dû à une overdose médicamenteuse », ce qu’avait pourtant conclu le 19 août, le procureur de la République Robert Bakaï.

Le docteur Peerwani écarte également la piste de l’électrocution ou de blessures mortelles et indique que M. Agbobli a été victime « d’un infarctus aigu du myocarde avant son décès », ajoutant qu’il était « peu probable que cela ait entraîné sa mort ».

Le fait qu’il ait été découvert nu sur la plage « demeure une énigme », note encore le médecin. Selon le fils de l’ancien ministre, il ne portait que des chaussures et des chaussettes.

Ayaovi Fabrice Agbobli estime que son père, qui avait disparu vingt-quatre heures avant d’être retrouvé mort, a été « enlevé et séquestré ».

« Soit il a fait son infarctus du myocarde et on a déposé son corps sur la plage le laissant pour mort (…), soit il a été noyé pendant sa séquestration », a avancé Ayaovi Fabrice Agbobli.

Ecrivain, journaliste et historien, Atsutsè Kokouvi Agbobli a été ministre de la Communication, puis ministre chargé des Relations avec le Parlement sous le régime du général Gnassingbé Eyadéma, décédé en février 2005.

Le docteur Peerwani note aussi que M. Agbobli « était déprimé et avait tenté de se suicider à au moins une occasion ». Il rejoint le ministère de la Sécurité qui avait indiqué, peu après son décès, qu’il avait tenté de se donner la mort après absorption d’une substance « nuisible à la santé » la veille de sa disparition.

Le fils de l’opposant a réclamé « la constitution d’une commission d’enquête indépendante et impartiale pour élucider les circonstances exactes du décès (…) compte tenu des nombreux manquements et erreurs volontaires ou involontaires des autorités (…) togolaises dans ce dossier », dans un communiqué transmis à l’AFP jeudi.

(©AFP / 13 novembre 2008 18h28)