28/11/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Le mandat des facilitateurs du Dialogue intertogolais prend fin le 31 mai 2002

On se rappelle que le RPT s’était opposé à la venue des facilitateurs au Togo, alors même que le CPS, de puis plusieurs semaine ne parvenait pas à avancer sur la question du code électoral. D’après nos informations, c’est la diplomatie française ajoutée à la dernière visite au général-président de Lansana Kouyaté, nouveau représentant de la Francophonie au sein du Collège des facilitateurs, qui ont permis de dénouer les choses.

Hier, le pouvoir et l’opposition étaient face à face à la Médiature, 3, avenue d’Iéna, dans le 16è Arrondissement de Paris. Selon notre correspondant dans la capitale française, les discussions qui ont démarré en présence des médiateurs sous la présidence de ces derniers s’est déroulée dans un climat assez tendu, au regard des questions à l’ordre du jour.
Le but de la réunion, selon les initiateurs, est de permettre de «recueillir le sentiment de tous les acteurs du dialogue eu égard à l’évolution de la situation politique togolaise et des perspectives relatives à l’organisation d’élections anticipées». La finalité serait de permettre aux deux protagonistes de «dégager un consensus capable d’aboutir à la mise en oeuvre effective de l’Accord-cadre de Lomé».
«La mission des facilitateurs européens se terminant en mai 2OO2, les échanges de Paris représentent probablement le dernier espoir pour dégager un consensus capable d’aboutir à la mise en oeuvre effective de l’accord-cadre de Lomé», précise la lettre d’invitation en date du 28 avril.
Il était prévu dans cet accord, l’organisation d’élections législatives anticipées en 2000 et la dissolution de l’Assemblée nationale actuelle.
Depuis lors, après 90 séances et une suspension de 7 mois suite à l’arrestation du leader du Comité d’actions pour le renouveau (CAR), Me Agboyibo, l’accord n’a pas abouti.

La pomme de discorde
Aux nombreux problèmes relatifs à la mise en œuvre de l’Accord de Lomé s’est ajoutée la modification unilatérale du code électoral le 8 février 2002 par la majorité au pouvoir. Le RPT a refusé de revenir sur ces modifications, sous prétexte qu’elles sont conformes à l’Accord. Pour l’opposition, rien ne peut se faire sans que l’on revienne aux dispositions initiales.
C’est sur cette question que les discussions de Paris risquent d’achopper. Les facilitateurs, à la fin de leur mandat, tentent le tout pour le tout pour ramener les adversaires togolais à la raison. D’après les information en provenance de Paris, la méthode utilisée par les médiateurs consiste à persuader parallèlement chacune des parties sur la nécessité de reprendre le dialogue et le processus électoral, sur une base paritaire.
Les entretiens se déroulent dans une totale discrétion. Bernard Stasi, l’hôte de la rencontre, jouant son va-tout veut donner une chance à cette réunion.
Ce qu’on peut attendre, c’est que les deux parties parviennent à régler le problème du code électoral, se mettent d’accord sur un nouveau calendrier pour les législatives anticipées. Aux yeux des populations togolaises, les blocages incessants poussent tous les enjeux politiques dans le domaine du rêve.
Pour la communauté internationale, il faudra plus que des déclarations d’intention pour reprendre confiance et s’impliquer dans un nouveau processus. La mouvance présidentielle a déjà démontré qu’elle n’est pas disposée à évoluer dans le cadre d’un compromis politique, incluant l’opposition dans les mécanismes d’organisation et de supervision des consultations. Le CPS, organe politique de rencontre et de conciliation est trop faible, dans sa conception, dans son fonctionnement et dans sa capacité à influer sur le cours des choses. La classe politique étant elle-même incapable de définir les conditions de sortir le pays de la crise, il ne sert à rien d’engager le pays dans des négociations dont les résultats seront piétinés par une des parties.

Le jeu du RPT
Si le CPS revient bredouille de Paris, cela équivaudrait à l’enterrement de l’Accord de Lomé et à la fin de la Facilitation. Cette hypothèse arrangerait la Mouvance présidentielle, qui aurait déjà trouvé le moyen de contourner le CPS pour organiser les élections. Le CPOC en est la béquille, un montre politique fabriqué de toute pièce, constitué de sous-fifres et de thuriféraires prétendument appelés opposants !
Dans un communiqué rendu public ce mercredi, le RPT a imputé à l’opposition la responsabilité de la lenteur du processus électoral. Ce parti refuse de revenir sur les modifications du code électoral. Quand on connaît les vraies raisons du blocage, il ne faut faire aucune illusion quant à l’issue de la rencontre de Paris.
Ce qui a manqué au dialogue intertogolais depuis 1999, c’est la loyauté entre les protagoniste et la propension du RPT à torpiller les acquis.
En cas de défaut de résultat, il faudra bien que les facilitateurs tirent les conclusions, définissent les responsabilités et démissionnent. Le peuple togolais et la communauté internationale comprendront…

Vander