28/06/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Le pape Jean Paul II est mort

CITE DU VATICAN (AFP)-02/04/2005 – Le pape Jean Paul II est mort samedi soir au Vatican à l’âge de 84 ans à la suite d’une longue agonie, a annoncé son porte-parole Joaquin Navarro-Valls dans une déclaration.

« Le Saint-Père est mort ce soir à 21H37 (19H37 GMT) dans son appartement privé », a-t-il précisé. « Toutes les dispositions prévues dans la constitution apostolique +Universi Dominici Gregis+ promulguée par Jean Paul II le 22 février 1996 sont entrées en vigueur », a-t-il ajouté. Le décès du pape a été annoncé à la foule rassemblée place Saint-Pierre à l’issue d’une veillée de prière commencée à 21h00 (19h00 GMT) par le cardinal Camillo Ruini, vicaire du Pape à Rome, comme le veut la tradition. Près de 60.000 personnes ont participé à cette veillée et beaucoup se sont effondrées en larmes à l’annonce du décès de Jean Paul II. Le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano est ensuite arrivé sur la place et a entonné le « De Profondis ».

Le pape Jean Paul II était entré en agonie jeudi soir. Une infection urinaire provoquée par sa déshydratation avait déclenché une septicémie et il avait eu un arrêt cardiaque. Sa santé s’était ensuite rapidement dégradée et depuis samedi matin, il était dans « un état gravissime » avec « des des pertes de conscience depuis l’aube ». Il a dirigé l’Eglise pendant plus de 26 ans, depuis son éléction le 16 octobre 1978, et son pontificat, le troisième en durée de l’histoire de l’Eglise, a été étroitement lié à la marche du monde. En février dernier, il avait été hospitalisé à deux reprises pour des crises d’étouffement, et le 24 février, il avait dû subir une trachéotomie pour l’aider à respirer. Jean Paul II, né Karol Wojtyla le 18 mai 1920 à Wadowice, près de Cracovie, était devenu le 16 octobre 1978 le 263 e successeur de Pierre, le « prince des apôtres » et le premier cardinal non italien depuis 455 ans.

Archevêque de Cracovie depuis 1964, cardinal depuis 1967, il succédait à Jean Paul Ier, dont le pontificat n’avait duré que 33 jours.

Sportif acompli, poète, et même acteur amateur durant sa jeunesse étudiante, Jean Paul II, surnommé « l’athlète de Dieu », avait d’emblée frappé le monde par son volontarisme et un art consommé de l’utilisation des médias.

Ses voyages dans sa Pologne natale alors communiste en 1979, 1983 et 1987, avaient contribué à ébranler l’empire soviétique.

Le 13 mai 1981, il avait été victime d’un attentat place Saint-Pierre. L’auteur des trois coups de feu qui l’avaient grièvement blessé, Ali Agca, était membre d’un mouvement d’extrême-droite turc. Jean Paul II s’est dit convaincu que l’attentat a été commandité, mais sans identifier ses inspirateurs. Ce pape mystique, qui vouait un culte particulier à la Vierge Marie, a toujours pensé qu’il avait eu la vie sauve grâce à son intercession.

En 26 ans de pontificat, le pape a parcouru le monde au cours de 104 voyages sur tous les continents, déplaçant à chaque fois des foules impressionnantes. Cependant, malgré son désir, il n’a pu se rendre ni en Russie, en raison de l’hostilité de l’Eglise orthodoxe, ni en Chine où les religions sont contrôlées par le gouvernement.

Jean Paul II a su traduire en gestes forts les orientations d’ouverture du concile Vatican II sur le monde et les autres religions, mais il a aussi incarné le conservatisme de l’Eglise face au bouleversement des moeurs.

Sa morale sexuelle intransigeante et notamment son opposition à la promotion du préservatif alors que l’épidémie de sida ravageait l’Afrique, sa condamnation absolue de l’avortement, du divorce, de l’union entre homosexuels, ont détourné de l’Eglise des millions de personnes, notamment des jeunes. Mais il a aussi conquis les coeurs de millions de non-chrétiens en se faisant le promoteur d’une culture de la paix. Il s’est opposé à la première guerre du Golfe en 1991 et à l’intervention américaine en Irak en 2003. Il a amorçcé la réconciliation de l’Eglise avec les juifs, a amorcé un dialogue avec l’islam et a engagé l’Eglise dans un mea-culpa pour les « injustices » commises au cours des siècles. Dans le domaine social, Jean Paul II s’est fait le promoteur de la dignité humaine et a plaidé pour une mondialisation qui ne soit pas fondée sur la logique économique, mais il a condamné les mouvements qui, comme en Amérique latine avec la théologie de la Libération, tentaient de marier révolution sociale et annonce de l’Evangile.

Jean Paul II a subi durant son pontificat de nombreux ennuis de santé et les dernières années de sa vie ont été marqués par la maladie de Parkinson qui l’a contraint à réduire progressivement ses activités.

Ce pape a toujours privilégié le contact direct avec les fidèles, déléguant à la Curie une large part du gouvernement de l’Eglise. Mais il n’a pas pu enrayer la baisse d’influence relative du catholicisme dans le monde et laisse à son successeur, qui sera élu par les cardinaux réunis en conclave d’ici quinze à vingt jours, une Eglise fragile et peu sûre d’elle même.