08/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Le peuple togolais doit reconquérir ses droits pour vivre et survivre !

PARTI DES TRAVAILLEURS
MEMBRE DE L’ENTENTE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES

Le 1er juin 2003, le peuple togolais était appelé à une «consultation électorale» en vue de la désignation du président de la République togolaise. Au regard même des conditions de préparation de cette «élection», tout le monde savait d’avance qu’elle était une mascarade de plus. Elle l’a été.

Mascarade électorale ! Les faits, incontestables, n’ont pas démenti les pronostics !
·Distribution sélective des cartes électorales, tout particulièrement au détriment des électeurs inscrits dans les localités considérées par le régime comme lui étant hostiles.
·Détournement des cartes de certains électeurs au profit d’autres personnes, qui les ont frauduleusement utilisées pour voter en lieu et place des vrais titulaires : pratique dûment constatée par les victimes.
·Bourrage des urnes et caches de liasses de bulletins de vote déjà remplis chez des dignitaires du régime.
·Interdiction de l’accès aux bureaux de vote aux délégués des candidats des partis d’opposition.
·Installation de bureaux de vote officieux dans les domiciles des dignitaires du régime.
·Violences et arrestations arbitraires.
·Procès verbaux et résultats falsifiés ;
·etc.

De quelle légitimité peut alors se prévaloir ce régime RPT ?
Au terme de cette mascarade électorale, la Cour constitutionnelle a proclamé « élu », Gnassingbé Eyadéma, candidat du RPT. De quelle légitimité le régime, qui entend se maintenir par cette mascarade, peut-il se réclamer, après ses 36 années de pouvoir qui ont, de manière dramatique, enfoncé chaque jour un peu plus notre pays dans la misère, la famine, la ruine ?

Dans quelle situation sommes-nous ?
S’inscrivant dans un contexte mondial où on voit s’accélérer, dans tous les pays, sur tous les continents, tout particulièrement en Afrique, la politique de dislocation des Etats et des nations mise en œuvre par les grandes puissances impérialistes et les institutions à leur service, le Togo se retrouve, au lendemain du 1er juin 2003, devant une situation des plus préoccupantes caractérisée par :
·une menace de dislocation du pays par un conflit armé, rendu possible, entre autres, par l’exclusion politique systématique de certains citoyens, les désertions de militaires que signalent des organes de presse tant nationaux qu’internationaux ; un conflit armé dont le régime RPT porterait l’entière responsabilité, par le barrage systématique qu’il exerce, par la force, depuis des décennies, contre l’expression libre et démocratique des aspirations du peuple togolais. N’y a-t-il pas là, l’accumulation des ingrédients qui ont fini par conduire nombre de pays d’Afrique comme le Libéria, la Côte d’Ivoire, le Congo démocratique etc. aux guerres, aux affrontements inter-ethniques, avec leurs cortèges de massacres?
·des atteintes redoublées à la souveraineté du peuple togolais, bafouée et baîllonnée;
·l’aggravation des violations des droits de l’homme et des libertés démocratiques
·etc.

Qui est responsable ?
Pour répondre à cette question, on doit d’abord rappeler que la vie politique togolaise, ces quatre dernières années, a été encadrée par l’Accord Cadre de Lomé (ACL), résultat des négociations organisées sous l’égide de la France, de l’Allemagne, de l’Union européenne et de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), en 1999. Cet « ACL » avait été présenté comme une « solution » à la crise togolaise, que le coup de force électoral du régime RPT à la présidentielle de 1998 venait d’aggraver. Mais, la situation d’aujourd’hui montre, de manière manifeste, que l’intervention des puissances impérialistes dans la situation togolaise n’avait, en réalité, qu’un seul but : sauver la dictature.

Depuis le soulèvement du 5 octobre 1990, à chaque fois que la volonté du peuple s’est exprimée, on lui a tourné le dos pour lui substituer négociations, accords, conciliabules etc. sous l’égide des puissances impérialistes. Toutes ces tractations n’ayant servi qu’à berner les masses laborieuses, en leur faisant croire qu’il était possible de concilier dictature et démocratie. Pendant ce temps, les mesures qui affament le peuple sont appliquées. Certains partis de l’Opposition démocratique ont accepté ce cadre. Mais, au vu de l’expérience, tous ceux qui combattent pour l’instauration d’une véritable démocratie dans notre pays doivent aujourd’hui se rendre à l’évidence et conclure : la solution à la crise togolaise, c’est le respect scrupuleux de la volonté du peuple togolais, d’où découle toute légitimité !

Un « gouvernement d’union nationale », pour quelle politique ?
Conscient de sa propre illégitimité, le régime RPT, soutenu par les puissances impérialistes, notamment par la France, appelle à la formation d’un «gouvernement d’union nationale». Mais, pour quelle politique ? Avant même la formation du nouveau gouvernement, la couleur est annoncée : il s’agit de l’accentuation de la politique qui, appliquée depuis plus de 36 ans, a conduit le pays à la ruine.

Au moment où nombre de démocrates, arbitrairement arrêtés, avant, pendant et après la mascarade électorale du 1er juin 2003, croupissent dans les geôles du régime RPT, les mesures déjà prises, au nom d’une dette qui n’est pas celle du peuple togolais, mais dont le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale et les grandes puissances exigent l’accélération du remboursement pour mieux piller notre pays, mettent en danger la survie même de notre peuple :
·Désormais 7 000 FCFA (presque la moitié du SMIG, salaire minimum officiel !..) seront exigés comme frais d’admission dans les hôpitaux (sans compter les soins et les médicaments) ; ce qui veut dire que, pratiquement, plus personne ne pourra se soigner dans les hôpitaux togolais !
·A la rentrée prochaine, il faudra débourser 50 000 FCFA comme frais d’inscription à l’Université ; ce qui veut dire qu’avec cette augmentation vertigineuse (les frais s’élevaient à environ 5 000 FCFA, il y a deux ans), qui entre dans le cadre d’une politique systématique de destruction de l’Instruction publique (voir, par exemple, les échecs massifs programmés aux examens de première année), bientôt, il n’y aura plus d’étudiants au Togo, donc plus d’Université !
·Le démantèlement de la Caisse de stabilisation des prix des produits agricoles et la privatisation de toutes les filières de commercialisation ont laissé les paysans face à des intermédiaires véreux, ce qui les a encore plus enfoncés dans la misère.
·La situation faite aux salariés – licenciements, notamment lors des privatisations de plus en plus nombreuses, la précarisation, les salaires minables irrégulièrement payés, etc. – a sinistré toute l’économie du pays.
·Etc.
Le peuple togolais doit reconquérir ses droits pour survivre !
Face à cette situation où la survie même du peuple togolais est en jeu, n’est-il pas temps que les partis et organisations qui se réclament de la démocratie se rassemblent, pour combattre ces mesures et arracher la libération des démocrates arbitrairement emprisonnés ?

Le Parti des travailleurs constate que le combat pour la démocratie est plus que jamais d’actualité. Le peu de droits démocratiques arrachés par le peuple togolais depuis 1990 a été remis en cause par les soi-disant députés du RPT qui ont modifié la Constitution. Cette nouvelle Constitution RPT doit être abolie ! Le peuple togolais doit reconquérir ses droits pour survivre. Ainsi, plus que jamais, est à l’ordre du jour la question d’une Assemblée constituante souveraine, composée de représentants élus et révocables, chargée de consigner dans une nouvelle Constitution le régime démocratique dont le peuple définira lui-même la forme et le contenu.

C’est dans ce cadre que le Parti des travailleurs estime que seule l’unité des travailleurs, des paysans et des jeunes ainsi que celle de leurs organisations indépendantes, peut ouvrir la voie à une issue positive à la crise togolaise, arracher la satisfaction de leurs revendications, la libération des militants emprisonnés, bref, l’instauration du régime démocratique auquel le peuple aspire.

C’est pourquoi, le Parti des travailleurs lance cet Appel pressant aux travailleurs, paysans, et jeunes : Rejoignez le Parti des travailleurs,
pour qu’ensemble, nous construisions l’unité des travailleurs, des paysans, des jeunes et de leurs organisations, pour reconquérir nos droits et arracher la démocratie !

Lomé, le 7 juillet 2003
Le Comité politique national du Parti des travailleurs