26/09/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Le PT réclame justice après l’attentat dont a été victime le journaliste JP DZILAN.

PARTI DES TRAVAILLEURS
Membre de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples (EIT)

COMMUNIQUE

Le Parti des travailleurs condamne et réclame justice après le lâche attentat dont a été victime le journaliste Dimas DIKODO, directeur du journal Le Forum de la semaine

Le Parti des travailleurs a été informé que, dans la nuit du dimanche 9 octobre 2005, le journaliste Jean-Baptiste DZILAN, plus connu sous son nom de plume de Dimas DZIKODO, directeur du journal Le Forum de la semaine, a été victime d’un attentat au quartier Tokoin Gbonvié, à Lomé.

Le Parti des travailleurs condamne avec la plus grande vigueur ce lâche attentat perpétré, selon les informations en notre possession, par une dizaine d’individus en voiture pour certains alors que d’autres étaient en moto.
Il exige que tout soit mis en œuvre par les services compétents pour rechercher, identifier, faire arrêter, juger et châtier avec la plus grande sévérité les auteurs et commanditaires de cet acte de gangsters visant à museler la presse indépendante au Togo en terrorisant les journalistes et, plus largement, à porter atteinte à la liberté de la presse et à la liberté d’expression au Togo.

Le Parti des travailleurs tient à apporter toute sa compassion et ses voeux de prompt rétablissement à Dimas DZIKODO qui, outre son inlassable action pour la défense de la liberté de la presse, est par ailleurs, est un infatigable militant de la défense des droits de l’Homme.
Mais le Parti des travailleurs tient à appeler l’opinion publique à rester tout particulièrement vigilante face à un attentat dont les circonstances rappellent étrangement celles dans lesquelles, le 23 juillet 1992, Tavio Ayawo AMORIN a été assassiné.

Comme Tavio Ayawo AMORIN, Dimas DZIKODO a été victime d’un attentat perpétré, également de nuit, au même quartier de Tokoin Gbonvié.

Comme Tavio Ayawo AMORIN, Dimas DZIKODO a été victime d’un commando de tueurs qui, après l’avoir grièvement blessé, ont pris la fuite en signant leur forfait par l’abandon sur les lieux d’une arme à feu et d’autres instruments de leur crime.

Nous espérons vivement qu’enfin les agresseurs de Dimas DZIKODO tout comme les assassins de Tavio Ayawo AMORIN qui courent toujours seront enfin sérieusement recherchés, arrêtés, jugés et châtiés pour mettre fin à cette évolution monstrueuse de l’impunité qui a fini par conduire, au Togo, au génocide de 400 à 500 Togolais tués pendant la période du 5 février au 5 mai 2005 comme l’a attesté le Rapport de la Mission de vérification des faits de l’ONU, après que la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH) ait dénoncé l’assassinat d’au moins 811 Togolais au cours de cette même période sous les régimes du génocidaire Faure Essozimna GNASSINGBE, issus du double coup d’Etat, militaire du 5 février, électoral des 24 et 26 avril 2005.

Le Parti des travailleurs dénonce tout particulièrement l’acharnement que n’ont jamais cessé de mettre les forces politiques réactionnaires du Togo à réduire au silence, hier, et à éliminer physiquement aujourd’hui, le journaliste Dimas DZIKODO qui :

• déjà, en juin 2003, a été arrêté, emprisonné à la Sûreté nationale où il a été sauvagement torturé avant d’être déféré à la Prison civile de Lomé tout comme son confrère Colombo Kpakpabia, sous l’accusation de « ternir l’image du Togo » en cherchant à scanériser et à transmettre aux organisations de défense des droits de l’Homme à l’étranger des photos de victimes de la répression organisée par les autorités togolaises après l’élection présidentielle ;

• déjà, au mois d’août dernier, a été traîné devant les tribunaux togolais pour avoir écrit, dans le n° 86 du 18 août dernier de son journal, Forum de la semaine, un article intitulé « Quand un Libanais enfonce l’économie togolaise : Bassam El-Najjar escroque, rackette et vole au Port Autonome de Lomé », pour une plainte en « diffamation » retirée à la dernière minute face à la spontanéité de la puissante mobilisation de l’opinion publique pour défendre Dimas DZIKODO ;

• vient d’être victime de ce lâche attentat ;
le tout pour son attachement à la préservation de l’indépendance de son journal ainsi que de sa ligne éditoriale tout particulièrement à l’endroit des autorités actuelles de notre pays dont il n’a jamais cessé de dénoncer les actes attentatoires aux libertés sous toutes leurs formes.
Le Parti des travailleurs constate que c’est alors même que les Togolais se réjouissaient de la victoire de l’équipe nationale « Les Eperviers » au match de football qui a eu lieu la veille, 8octobre, au Congo Brazzaville, que l’attentat contre Dimas DZIKODO a eu lieu : on voudrait mettre à profit cet événement pour couvrir un crime politique crapuleux qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Dans cette situation, n’est-il pas permis de s’interroger : les auteurs et commanditaires de cet acte criminel sont-ils si loin de ceux qui mettent autant d’acharnement à faire du résultat sportif des « Eperviers » une honteuse et indécente opération de récupération politicienne à leur profit ?
Le Parti des travailleurs tient tout particulièrement à alerter et à appeler à la vigilance l’opinion publique au sujet d’une évolution où, avec ce qui vient d’arriver à Dimas DZIKODO, on cherche visiblement à inaugurer l’avènement d’une nouvelle ère d’assassinats politiques mafieux à l’instar de ce qu’on ne cesse de voir dans certains pays de la sous-région, d’Afrique et du monde et dont les tragédies de Norbert ZONGO, Jean Hélène et Guy-André KIFFER constituent notamment les tristement célèbres précédents.

Par cette gravissime atteinte la liberté de la presse, il nous faut comprendre que ceux qui clament à qui veut les entendre qu’ils n’ont pas été jusqu’au bout du génocide qu’ils avaient planifié pour la période de février à mai 2005 indiquent clairement qu’ils sont déterminés à finir leur sale besogne c’est-à-dire celle des assassinats exécutés par des commandos de la mort contre des journalistes, démocrates, responsables et militants politiques ainsi que simples citoyens, qu’ils voudraient tous réduire au silence.

Ne les laissons pas faire :
Dans l’unité mobilisons-nous pour leur barrer la route !

C’est pourquoi, le Parti des travailleurs appelle le peuple togolais tout entier à se mobiliser pour s’associer massivement à toutes les initiatives qui seront prises pour dénoncer le lâche attentat contre Dimas DZIKODO comme la marche pacifique appelée par les organisations de journalistes, le mercredi 12 octobre 2005, à partir de la Maison du journalisme, ainsi que toutes celles qui la suivront.

Le Parti des travailleurs tient enfin à rappeler au peuple togolais que la meilleure façon de mettre fin aux exactions comme celle dont Dimas DZIKODO a été victime est de se mobiliser pour arracher :

La démission du génocidaire Faure Essozimna GNASSINGBE, sous le régime duquel de tels actes criminels ne pourront que se répéter, parce que couverts par une totale impunité !

Car, à qui aurait pu objectivement profiter le crime dont le journaliste Dimas DZIKODO a été victime si, dans les circonstances actuelles, il avait réussi à faire taire, définitivement, la voix critique qu’il exprime à travers à travers le journal Le Forum de la semaine qu’il dirige sinon à l’actuel régime RPT ?

Lomé, le 11 octobre 2005

Pour le Comité politique national du Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI