28/06/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Le respect de l’Afrique est-il inscrit à l’agenda des futurs dirigeants français ?

Est « intime » ce qui est strictement personnel et généralement tenu secret, préservé des curiosités indiscrètes, le plus souvent par pudeur, nous instruisent les dictionnaires de la langue française.

C’est donc ainsi qu’il faut comprendre la relation ayant uni le Président français Jacques Chirac à son « ami intime », le Général Eyadéma qui a infligé trente huit ans de martyr à son pays, le Togo et dont le fils tente aujourd’hui, de rééditer son exploit.

Au-delà des fréquentations «intimes » de Jacques Chirac dont chacun peut juger de la qualité, l’enjeu véritable est de savoir si cette intimité avec les ennemis intérieurs de l’Afrique est affaire d’hommes ou affaire d’Etat.

Pour la Patrie des Droits de l’homme et du multipolarisme, la question est d’importance. La réponse est malheureusement décevante pour ceux qui fixaient leurs illusions sur ces chimères. Qu’on en juge : Biafra au début des années 1970, Kolwezi en 1978, Kigali en 1994, Brazaville en 1997…

Autant d’épisodes peu glorieux de l’intimité française avec les fossoyeurs du continent noir : appui de certains Etats, dont la France, aux sécessionnistes du Biafra (Nigéria) entre 1967 et 1970 ayant causé près d’un million de morts, sauvetage du Maréchal Mobutu et de « ses » mines de matières premières au Kolwezi en ex-Zaïre, soutien massif apporté par la France de François Mitterrand aux Forces armées rwandaises, qui passent de 5 000 à 50 000 hommes en quatre ans sous la houlette des formateurs français et forment les milices Interahamwe …On connaît la suite, le génocide de 1994, aux conséquences innommables, ayant entraîné l’extermination d’un million de personnes au Rwanda.
1997, la guerre féroce que se sont livrées les frères ennemis du Congo illustre quant à elle les conséquences politiques et financières des actions mises en œuvre par Elf et l’Etat français pour sauvegarder les intérêts de cette multinationale.

Les exemples abondent de cette amitié étouffante qui n’a certainement pas aidé les peuples d’Afrique dans leur développement économique et encore moins dans leurs quêtes de liberté. Hormis quelques intérêts particuliers de nature mafieuse, cette stratégie est ruineuse pour les citoyens et entreprises français.

La sollicitude de l’Etat français envers le régime actuel du Togo s’inscrit dans cette continuité historique qui ne fut qu’à de rares fois interrompues. Côté français, on se rappelle en décembre 1982, de la démission de Jean-Pierre Cot, alors Ministre de la Coopération pour cause d’incompatibilité avec l’intimité de la relation qu’entretenait le gouvernement auquel il appartenait avec des personnages peu fréquentables, Tyrans Africains honorablement classés au Hit-parade d’Amnesty International. Côté africain, le Président burkinabé Thomas Sankara a essayé d’instaurer un nouveau type de relations avec l’ex-puissance coloniale. Il fut assassiné le 15 octobre 1987…par celui-là même, Blaise Compaoré, qui aujourd’hui, encourage Faure Gnassingbe a s’accrocher au pouvoir.

Il est grand temps pour les Africains francophones qui ne l’ont pas encore fait, de prendre en main leurs destins en dehors de tout alibi à leurs malheurs. Ils le feront, tôt ou tard, de gré ou de force contre les ennemis de la liberté de tous bords. Car l’Afrique souffre depuis trop longtemps du déni de justice à son endroit. Elle a soif de liberté. Elle pleure le viol permanent de sa dignité. Pourvu qu’en France, une nouvelle race d’hommes politiques entende ce cri. Il en va de l’intérêt à long terme de ce pays qui se dit Ami des peuples. Car avec ou sans lui, l’Afrique tracera son sillon. Mais l’Histoire ne s’écrira pas de la même façon, ni avec les mêmes alliés.

La France l’apprendra à ses dépens, comme la Russie de Poutine qui perd progressivement pied dans les pays autrefois sous son influence, pour n’avoir pas su comprendre ni accompagner, la Marche de l’Histoire. Aux « révolutions démocratiques » de la rose en Géorgie, « orange » en Ukraine, « de la tulipe » au Kirghistan, fait ainsi écho celle, «jaune et jeune» du Togo.
Fait le 26 avril 2005

initiative150
La Coalition Contre le Coup d’Etat au Togo
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