05/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Le temps de la spoliation est révolu : rendez nous notre victoire !

Rompus aux magouilles, les caciques du RPT tentent une fois encore de priver le peuple Togolais de sa victoire. Faure Gnassingbé et ses alliés ne veulent pas regarder la réalité en face et accepter le verdict des urnes. Comme auparavant, ils ont trafiqué les résultats des élections et cherchent à se maintenir au pouvoir à tout prix. Ils ne semblent pas effrayés par le bain de sang qui se profile à l’horizon. Cette fois-ci, le peuple est prêt à lutter pour rester maître de son destin. La communauté internationale ne paraît pas prendre la mesure du drame qui est en train de se nouer sous ses yeux. De ce fait, elle ne fait pas preuve de l’ardeur qu’auraient dû lui imposer les récents exemples de la RDC, de la Côte d’Ivoire ou du Rwanda. Faudra-t-il que le sang coule encore plus pour que ceux qui soutiennent Faure Gnassingbé et ses acolytes leur fassent entendre raison en leur demandant de reconnaître leurs échecs et de quitter le pouvoir usurpé ?

La CEDEAO et l’UA ont un devoir envers le Togo et son peuple

Les irrégularités dénoncées par les observateurs de bonne foi et la volonté farouche du peuple en faveur de l’alternance politique sont des éléments qui doivent interpeller les démocrates et amis du Togo. Ces facteurs doivent inciter les hommes épris de justice et de liberté à ne pas baisser les bras face aux magouilles et aux atrocités commises par le pouvoir en place au Togo. En particulier, la CEDEAO et l’UA ne doivent pas fermer les yeux sur le drame du Togo qui pourrait se transformer en cauchemar pour toute la sous région.

Si la tentative de putsch du 5 février a échoué, c’est parce que, en plus de la ténacité des Togolais, des institutions multinationales (CEDEAO, Union Africaine, etc.) se sont mobilisées pour dire que le temps des coups d’état était révolu. Aujourd’hui, les Togolais manifestent avec véhémence leur raz le bol du régime en place au Togo depuis plus de 38 ans et ne veulent pas être dépossédés de leur victoire. C’est maintenant qu’il faut les aider non pas pour assouvir une quelconque vengeance mais pour rendre justice en restituant le pouvoir à son seul propriétaire : le Peuple Togolais. Ne pas agir reviendra à valider la loi de l’arbitraire, les magouilles et les tricheries, la violence comme arme politique et l’idée de la transmission dynastique du pouvoir dans une république. Faure Gnassingbé et ses alliés cherchent à s’imposer par la violence et sont en train de se moquer de l’ensemble de la communauté internationale en lui imposant une mascarade de plus.

Le peuple Togolais a compris les manœuvres du RPT et est prêt à ne plus se laisser marcher sur les pieds. Nous allons tout droit vers un soulèvement populaire légitime qui risque de se terminer par un bain de sang ou une spirale de violence. Nous exhortons la communauté internationale, en particulier la CEDEAO et l’UA, à réagir avec vigueur en exigeant le retrait pur et simple de Faure Gnassingbé du pouvoir. Il doit reconnaître sa défaite ou être contraint à le faire et quitter le pouvoir avant qu’il ne soit trop tard. La communauté internationale ne peut pas laisser l’armée togolaise massacrer des femmes et des hommes non armés juste pour imposer son candidat au peuple qui n’en veut pas.

La France doit lâcher Faure Gnassingbé

Les autorités françaises ont une énorme responsabilité dans la situation qui sévit au Togo. Elles font preuve d’un autisme dangereux et désespérant en privilégiant leurs relations personnelles aux dépens de liens historiques entre nos deux pays. Faure Gnassingbé et les généraux qui le supportent ont osé manipuler les résultats de l’élection présidentielle car ils ont la garantie du soutien des autorités françaises. La France doit comprendre que l’heure n’est plus aux relations de type colonisé / colonisateur. Pour cela, elle doit se démarquer du pouvoir despotique et tyrannique que le fils Gnassingbé veut pérenniser au Togo. Les autorités françaises doivent se mettre à l’écoute du Peuple Togolais et choisir la voie de la justice, des libertés et de la raison. Elles doivent se mettre en diapason avec les peuples, anciennement colonisés ou sous leur tutelle, pour préserver les relations qui ne pourront exister que sous le signe du respect mutuel. Le Togo n’appartient pas au clan Eyadema.

La culture française demeure prédominante au Togo. Il n’y a pas lieu de la renier mais le positionnement actuel du gouvernement français risque de remettre en cause cette prédominance culturelle et d’hypothéquer pour de longues années les relations entre les deux pays. Les Togolais comme les Français chérissent la liberté et l’indépendance qui ne se déclinent pas en fonction de la couleur de la peau ou du pays. Les Togolais veulent rester maîtres de leur destin et choisir librement leurs dirigeants.

Aujourd’hui, aucun peuple ne peut accepter de subir le joug d’un homme, d’un clan ou d’une dynastie sans réagir. Comme l’a si bien dit Louis Aragon, « Nous parlons le même langage/ Et le même chant nous lie / Une cage est une cage / En France comme au Chili …/ Et l’injustice rebelle / Paris ou Santiago ». De ce fait, les violations des droits individuels ou collectifs et la tyrannie doivent être combattues sans réserve partout. C’est là où on pourrait reconnaître la grandeur de la France et consolider l’amitié entre nos peuples. Les autorités françaises n’ont pas tiré les enseignements de leur fiasco en Côte d’Ivoire ou de leurs responsabilités dans le génocide du Rwanda. Elles sont en train de préparer le lit d’un autre drame. Il est encore temps d’arrêter la tragédie en retirant tout soutien au RPT. Sans support extérieur, Faure Gnassingbé et sa clique ne tiendront pas longtemps au pouvoir.

Une mobilisation des partenaires est nécessaire

Hormis, l’Allemagne et le Canada qui ont exprimé leurs inquiétudes face aux récents évènements, peu de pays se sont prononcés jusqu’à ce jour sur le désespoir du peuple du Togo. L’UE, un moment active et réactive, se mure dans un silence pesant. Que faudra-t-il de plus à Louis Michel pour qu’il sonne le tocsin ? L’UE ne doit pas se laisser berner par les autorités françaises. Elle doit reprendre son cheval de bataille pour dénoncer la tyrannie et l’arbitraire et annoncer que les autorités togolaises sont responsables des violences commises depuis plusieurs semaines sur leur territoire. Ces autorités, dépositaires de l’ordre légal, doivent garantir la sécurité pour tous leurs concitoyens. En ne faisant pas ça et en se mettant délibérément du côté de Faure Gnassingbé, elles sont condamnables non seulement pour leur impartialité mais également pour un manquement grave à leur devoir. Par ailleurs, en cautionnant la mascarade de la CENI, les autorités togolaises se sont disqualifiées totalement aux yeux de leur peuple. L’UE doit, par conséquent, durcir sa position et refuser de reconnaître le pouvoir issu de la monumentale tricherie réalisée par les Gnassingbé et leurs alliés. Nous appelons, notamment les autorités allemandes et anglaises, à peser de tous leur poids dans la balance pour que l’UE ne s’aligne pas sur la position insensée de la France.

Les Etats-Unis n’ont pas hésité à sortir une armada puissante pour abattre la dictature de Saddam Hussein et faire « triompher la démocratie ». Le Togo n’a pas de pétrole ou de matières premières très recherchées mais les Togolais considèrent que le droit à la démocratie est universel. Comme le dit si bien Marcel Gauchet, « …Le pouvoir émane du libre choix des citoyens consultés individuellement… », Faure Gnassingbé et ses alliés n’ont pas respecté le libre choix de leurs concitoyens. Ils se « fichent » pas mal de la réaction des uns et des autres et n’ont qu’une idée en tête : se maintenir au pouvoir coûte que coûte y compris en versant le sang d’innombrables innocents. S’étant proclamés des défenseurs intransigeants des libertés individuelles et collectives, les Etats-Unis devraient se ranger du côté du peuple Togolais dans sa lutte contre l’obscurantisme et le despotisme. Ils doivent aider le Togo pour éviter un bain de sang et faire prédominer la démocratie, l’expression de la majorité contre celle d’un individu ou d’un clan. Les Togolais ne veulent qu’une chose : le respect de leur choix et de leur volonté.

Il nous semble que le peuple Togolais a lui – aussi conquis le droit à la paix et à la dignité. Il aspire légitiment à la jouissance de toutes ses libertés. Il a affiché sa volonté d’en finir avec un régime marqué par le sang, la haine, la gabegie, la corruption et la division. Nous Togolais, voulons crier ensemble avec Pablo Neruda : « …Je veux vivre dans un monde ou les êtres seront simplement humains, sans aucun titre que celui-ci et sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette, … ». N’est-ce pas une revendication légitime ? Ne convient-il pas d’aider les Togolais à atteindre cet objectif pour la grandeur de l’humanité ?

Le maintien de la pression du peuple est indispensable

Bien que nous nous trouvons en face de la brutalité la plus abjecte, nous n’avons pas d’autres solutions que de rester mobilier partout où nous nous trouvons et, avant tout, sur le territoire national. Il n’y a aucune personne sérieuse et de bonne foi qui pourrait prétendre que les résultats affichés correspondent à la réalité. C’est statistiquement impossible que Faure Gnassingbé gagne les élections. Ce qu’il a fait dès l’annonce officielle de la mort de son père a montré que le pouvoir seul l’intéressait et qu’il était prêt à le confisquer en passant éventuellement dans le sang de ses concitoyens. La révolution populaire des roses a balayé le corrompu Edouard Chevardnadze du pouvoir en Géorgie ; la révolution orange de l’Ukraine s’est également soldée par le triomphe du peuple et la mise au rebut d’un système pourri et tyrannique. La révolution des tulipes, la plus expresse, a mis le dictateur du Kirghizistan en fuite en quelques heures. Il a démissionné par la suite pour rendre le pouvoir au peuple. Robert Gueï avait été chassé du pouvoir par le peuple ; on a observé une situation similaire chez nos amis Malgaches. Les anciens pays du bloc soviétique par exemple ont été également marqués par une sévère dictature et la corruption généralisée.

Nous pourrions nous inspirer de ces cas pour continuer de revendiquer notre victoire et pousser sur la touche les escrocs qui, non contents d’avoir mis à genou notre pays, tentent maintenant par des manœuvres frauduleuses et mafieuses de se maintenir au pouvoir. Leurs peuples ont réussi à s’en sortir. Notre victoire est là mais il faudrait encore de la persévérance, de la discipline, de la volonté et de la détermination pour en jouir. Rien ne pourra nous l’ôter si nous y croyons et si nous y attachons l’importance qu’il faut. Un clin d’œil à Bob Marley peut nous servir de stimulant : Get up, stand up, stand up for your rights! …Get up, stand up, don’t give up the fight! Oui, n’abandonnons pas le combat, poursuivons la lutte!

Faure Gnassingbé, vous êtes dans une voie sans issue, dans une impasse. Vous êtes en train de lier votre sort au diable, le sang des innocents coulera sur votre front à jamais. Ce fardeau sera trop lourd à porter, éclipsez-vous en douceur pour votre bien et pour celui de notre pays sinon vous porterez à jamais le sceau de l’infamie et du malheur.

EYIDI Clara et AGOU Wood
Paris le 26 avril 2005