06/12/2022

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Le Togo endeuillé : une manipulation d’Eyadéma se termine dans le sang

Du sang a encore coulé sur la route qui mène à Lomé II, la résidence du dictateur Eyadéma qui se nourrit de la douleur du peuple togolais pour conserver le pouvoir. Très tôt le samedi 20 novembre 2004, des dizaines de camions ont débarqué des milliers de crève-la-faim venus de l’intérieur du Togo, soudoyés par les barons du RPT et réquisitionnés pour chanter la gloire du tortionnaire des togolais, dans les rues de Lomé pour une marche de soutien.

En quelques heures, le boulevard Gnassingbé Eyadéma est bondé, pris d’assaut par les populations déversées. La colère est montée et les forces de l’ordre ont utilisé la matraque et le bâton pour disperser la foule. C’est sous le regard du Ministre Tidjani et du Secrétaire Général du RPT que les forces de l’ordre ont chargé. Les morts ne sont pas encore identifiés mais déjà on annonce des chefs traditionnels, des prêtres vaudous, des patrons d’ateliers, des apprentis, des élèves…..La marche de Lomé n’est que l’aboutissement d’un processus démarré mardi par les jeunes de la JRPT qui ont pris d’assaut les rues de Lomé pour « fêter la victoire sur les opposants» qui à leur avis, sont à l’origine des sanctions contre le Togo. Plusieurs marches ont suivi dans toutes les préfectures du Togo, même dans les plus petits hameaux, organisées par les barons pour encenser le prince.

« Le préfet nous a demandé de participer à une marche de soutien à Lomé et comme d’habitude nous avons accepté alors qu’on en avait déjà organisé une autre dans notre préfecture cette semaine. Voici la situation dans laquelle nous nous retrouvons maintenant. Tout le monde nous regarde et j’ai honte. Je suis à la recherche de ma femme que j’ai amenée ici pour l’occasion. Je l’ai cherchée en vain au camp militaire parmi les blessés et on nous a dit d’aller au CHU de Lomé et à la morgue» s’exclamait en larmes Komlan, fervent militant du RPT de la région sud-est du Togo débarqué à Lomé ce samedi. Ils sont nombreux à errer dans les centres de santé à la recherche d’un parent. Il y a donc beaucoup de blessés et de morts, toute la journée jusqu’au soir les ambulances ont effectué des va-et-vient vers la morgue du CHU de Lomé devant une foule immense venue chercher des renseignements. Pendant plusieurs heures l’accès à ce CHU a été interdit au public, un cordon militaire en interdisant l’accès. Devant des journalistes, l’un des Ministres dépêchés au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Lomé a déclaré que « les journalistes ne seraient pas autorisés à filmer du sang » ni à la morgue ni sur le lieu du drame. Il était 17h T.U. alors que les évènements ont commencé vers 11heures. La TVT était sur les lieux de la manifestation programmée et quelques caméras suivaient les ministres dans leurs mouvements.

Le commanditaire, le gouvernement RPT, voulait manifester son semblant de satisfaction à son chef Eyadéma qui aurait favorisé la reprise supposée de la coopération avec l’Union Européenne, alors que l’EU réaffirmait le 15 novembre 2004 ses principes et les conditions de la levée des sanctions à l’instauration d’une démocratie effective au Togo. Au sortir de cette marche, on dénombre des milliers de blessés et des dizaines de morts. Ce n’est pas la première fois qu’une marche de soutien bidon est organisée par la clique d’Eyadéma à Lomé2 et qui se termine par des drames mortels de pauvres crève-la-faim attirés par l’appât du gain. Pour l’heure, les rumeurs sur les chiffres vont bon train. Les plus pessimistes donnent les chiffres de 250 morts alors que le gouvernement reste très évasif en annonçant 13 morts, soi-disant victimes de bousculade alors qu’ils ont été victimes des bastonnades des militaires. Il est vrai que les temps sont durs et les salaires rares au pays de la dictature d’ Eyadéma. Ce n’est pas sans raison que ces badauds convergent nombreux à Lomé 2 chaque fois qu’ils y sont invités. La résidence d’Eyadéma, Lomé2, est un véritable coffre-fort qui regorge d’argent et qui est quotidiennement renfloué par le détournement des taxes et amendes provenant de la perception des taxes du port de Lomé et des douanes.

Face à cette hécatombe, le général Eyadéma ne se laisse pas émouvoir et ne désarme pas dans sa stratégie: gagner du temps et faire croire au peuple qu’il a fait plier l’Union européenne et l’opposition togolaise en faisant lever les sanctions qui pèsent sur son régime. L’union européenne devrait infliger à Eyadéma et sa bande des sanctions ciblées afin d’effacer toute équivoque sur sa détermination dans le combat des togolais pour la démocratie.

La rédaction letogolais.com