07/12/2022

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Les élections du 24 avril au Togo : un marché de dupe qu’on nous impose…

Aux élections le 24 avril 2005

Il y a quatre raisons pour lesquelles il faut aller aux élections le 24 avril :

A. Par rapport au RPT

L’adversaire, le camp RPT, ne changera pas en quelques semaines des habitudes qu’il a mis des décennies à développer et que chaque jour l’aide à peaufiner : la fraude, la corruption sans frontière, le « patapa » éhonté et insoupçonné , et la violence jusqu’au-boutiste. (Ne me dites pas que Faure a quand même démissionné. Ne nous retrouvons-nous pas à la case de départ ?) L’enjeu de ces élections, ce ne sont pas les résultats officiels. C’est la participation massive et la volonté populaire de réclamer la victoire.

B. Par rapport à la coalition

L’épreuve du temps risque de nuire à l’union difficilement acquise de la coalition sur le choix d’un candidat unique : même engager le débat « reporter ou participer aux élections du 24 avril » risque de donner l’occasion aux amateurs de la dissidence de montrer leur verbe, et de constituer une nouvelle pomme de discorde dans nos rangs.

C. Par rapport à la communauté internationale

Son intervention a été décisive au lendemain du décès de Eyadéma. Nous devons saluer cet impact. Mais actuellement, elle a d’autres chats à fouetter et d’ailleurs, avait déjà montré ses limites dans la capacité de mener à terme dans la droiture une facilitation du changement réel au Togo. Aucune pression concluante ne peut être espérée d’elle pour un report des élections:

1. la CEDEAO ? Hmmm ! son président est en train d’être déstabilisé chez lui. Les voisins immédiats du Togo sont éternellement attentistes et méfiants vis-à-vis du régime togolais et ses suppôts extérieurs, s’ils ne sont pas purement et simplement complices. Le poids lourd de la sous-région, le Nigéria, joue serré sa représentation au Conseil de Sécurité de l’ONU, face à des candidats plus loin de cette zone de turbulence et moins vulnérables aux critiques d’indifférence au cas togolais. Et puis, le Nigéria ne peut pas oser trop déplaire à la France, amie du régime RPT, et détentrice du droit de veto à l’ONU. Le choix des représentants africains n’arrive qu’une fois et constitue un enjeu plus important pour le géant qui veut s’affirmer comme Super Puissance régionale.

2. L’Union Africaine (oh merci Konaré, mais peine perdue, hélas) : En sous-traitant l’affaire du Togo à la CEDEAO, elle a sans le savoir, poussé la médiation entre les mains d’acteurs appartenant à un certains pré-carré. Elle a évite d’envenimer au niveau continental les soubresauts que provoquerait la confrontation entre adversaires et partisans de « l’ordre ancien sur le continent » avec ses ramifications au-delà. Des rappels à la modération ont dû fuser de toutes parts à l’endroit de son bouillant Président résolu à faire du Togo un cas d’école.

3. L’Union Européenne : Tant que ses fonds ne sont pas engagés au Togo le statu quo l’arrange. Même dans son inaction coupable, nul ne peut l’accuser de soutien actif au régime dictatorial. Les velléités de l’Allemagne sont vite habilement étouffées par la dernière puissance coloniale d’avant le 27 avril 1960 qui n’a pas encore totalement nettoyé « les lieux du crime ». La Constitution Européenne et le respect de zones d’influences entre partenaires néo-coloniaux passent avant les intérêts de 5 millions de nègres.

4. La Francophonie : Pas d’espoir d’en tirer plus que ce que Diouf a osé faire contre la volonté de la Patrie qui la parraine.

5. L’ONU : Koffi Annan, son patron est affaibli par les affaires de son fiston et plus préoccupé par des réformes qu’il veut faire passer et laisser à l’institution comme héritage du passage du beau nègre à la tête de l’organisation universel. Il a le soutien presque inconditionnel d’une certaine puissance appelée curieusement « la France » à qui il doit reconnaissance en faisant profil bas (entendez «suivisme») dans les affaires des voisins de son pays natal !

D. Par rapport aux populations togolaises

La mobilisation populaire, avec le maigre concours d’individus de bonne volonté qui aiment encore l’Afrique, constitue la force réelle sur laquelle la victoire de l’opposition pourra se construire. Elle ne sera pas plus élevée au fil des semaines au-delà du 24 avril vu tout ce qui précède. Si nous sommes capables de cette mobilisation pour arracher le report des élections maintenant malgré les réticences du RPT, c’est dire que nous sommes aussi capables de revendiquer une victoire s’il y a réticence à accepter notre victoire. Même avec le report, il y aura tentative de fraude.

En conclusion, les élections du 24 avril sont un marché de dupe qu’on nous impose et que nous acceptons sans être dupes. Nous n’y allons pas pour nous faire servir sur un plateau d’argent une victoire dont nous sommes déjà sûrs. En hommes et femmes avertis, nous y allons en étant persuadés qu’on va encore vouloir nous voler la victoire, mais ce coup-ci, on ne va pas pouvoir le faire, parce que nous sommes prêts à démontrer notre pacifisme volontaire en allant aux urnes, et déterminés à réclamer notre droit, le pouvoir au-delà des urnes.

L’enjeu réel de ces élections, je le répète, ce ne sont pas les résultats officiels (tant mieux si ces résultats coïncident avec la réalité des urnes). Le vrai enjeu du 24 avril, c’est la participation massive au scrutin, et la volonté populaire de réclamer la victoire pour l’assumer.

Traugott Kalinto
France