26/09/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Les inondations continuent de faire des victimes au Togo

Par Moustapha Diallo à Agotimé-Akoumassi

Alors que les stigmates des inondations qui ont frappé le nord du Togo sont
encore vivaces, des pluies diluviennes viennent d’inonder le village
d’Agotimé-Akoumassi, situé dans la préfecture d’Agou à 150 km de la
capitale Lomé, en plein cœur de la région des plateaux. Dans cette localité
fertile, bordant la frontière ghanéenne, les populations vivent un
calvaire.

Les récentes pluies diluviennes qui se sont abattues dans la zone ont
provoqué une crue de la rivière prélevant ainsi un lourd tribut aux
populations. Elles ont détruit des habitations et ravagé des cultures
entraînant le déplacement de prés d’un millier de personnes.

« Nous avons tout perdu. Les pluies ont détruit nos concessions, emporté
nos vivres et nos biens personnels. Nos champs ont été inondées, même le
bétail n’a pas été épargné » souligne Tété Koffi Emmanuel, Chef du groupe
de l’Ecole A où prés de sept cents personnes sinistrées ont été relogées.

« Quelques centaines de personnes sont encore coincées par les eaux et
vivent isolées dans l’autre partie du village. Pour le moment, elles n’ont
reçu aucune assistance » poursuit-il. Le seul pont qui permettait de
communiquer avec le reste de la localité s’est effondré sous la violence
des flots, un pont rudimentaire pas assez solide pour résister à de
pareilles précipitations. Par bonheur, aucune perte en vue humaine n’est
enregistrée.

Les volontaires de la Croix Rouge Togolaise ont été les premiers à se
mobiliser dès le début de l’inondation pour aider à l’évacuation des
victimes. Ils ont aidé les familles sinistrées à extraire de l’eau, ont
distribué des nattes et assuré des premiers soins et des conseils de santé
aux victimes. Ils ont également assuré la restauration des populations
déplacées.

Malgré cet appui de la Croix Rouge et quelques sacs de riz fournis par les
autorités de la préfecture d’Agou, la situation reste alarmante. Pour
l’heure donc, la santé et la nourriture constituent des priorités.

« Il y a une flambée des cas de diarrhée, de gastro-entérite et de
paludisme dans la zone » constate Ozou Kokar, Infirmier chef de Poste à
Agotimé Adamé. Une situation qui a amené le District d’Agou « à purifier
l’eau des puits ».

Pour Prempay Laté, Président du CVD (Comité Villageois de Développement)
d’Agoutimé Akoumassi, Chef du Groupe de l’Ecole B où sont relogées plus
d’une centaine de personnes sinistrées « les populations ont un besoin
urgent en nourriture. Nous sommes désespérés et n’avons plus rien. Les
quelques sacs de riz qu’on nous avait offert sont presque finis ».

Un cri du cœur qui contraste avec la générosité du sol et l’exubérance de
la verdure qui se dresse à perte de vue. A Agoutimé-Akoumassi, pèse une
menace de crise alimentaire. De nombreux hectares de champs de maïs,
alimentation de base des populations locales, ainsi que les réserves
céréalières ont été anéantis par les eaux. De nombreux animaux domestiques
ont également péri durant ces inondations, affectant gravement les moyens
de subsistance des populations sinistrées.

La situation reste également préoccupante au nord du pays, précisément dans
la région des savanes. L’ampleur des inondations dans cette partie du pays
avait poussé le gouvernement à lancer un appel à l’aide internationale.

Les volontaires de la Croix Rouge Togolaise ont joué un rôle actif dans les
opérations d’évacuation des populations sinistrées de cette région. Ils ont
déjà distribué 41 tonnes de maïs fournis par le PAM à 820 familles victimes
des inondations et poursuivent la distribution de kits d’hygiène fournis
par l’UNICEF (jerricans, savons, tablettes d epurification, bidons…) dans
la région. Ils mènent parallèlement des activités de sensibilisation sur le
paludisme et des maladies liées à l’eau. Les eaux stagnantes étant
favorables à la prolifération des moustiques, vecteurs de paludisme.

Même si on note une stabilisation progressive de la situation dans la
région des savanes, « il faut une surveillance accrue du fait des risques
habituels liés aux inondations » souligne Richard Fradin, Chef de l’Equipe
d’évaluation envoyée au Togo par la Fédération Internationale des Sociétés
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

La Fédération internationale a lancé un appel d’urgence combiné d’un
montant de 2,5 millions de francs suisses (€ 1,5 million/USD 2,1 millions)
pour ses opérations au Ghana et au Togo. Cela consistera, entre autres, à
fournir aux communautés sinistrées des semences et des outils qui leur
permettront de restaurer leur autosuffisance.

Source: IFRC
Date: 30 Sep 2007