25/06/2022

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L’éventualité de l’union de l’opposition à la une au Togo

PANAPRESS, Lomé, Togo, 1er août 2002

La possibilité d’une union, voire d’une fusion entre les différents partis de l’opposition togolaise a alimenté les commentaires de la plupart des journaux togolaise au cours de cette semaine.

Les partis de l’opposition togolaise peuvent-ils s’unir? C’est la question que se sont posée beaucoup de journaux à Lomé. Car, après la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), qui a prôné une union des partis, c’est au tour de la Convergence patriotique panafricaine (CPP) de proposer une fusion pure et simple.

« La CPP propose une union plus forte: la fusion », titre Le Combat du Peuple, qui considère la proposition comme « un pavé dans la mare ». Le journal s’enthousiasme de cette fusion et écrit que l’opposition togolaise étant dans une « impasse totale et suicidaire », cette proposition constitue « une petite lueur dans l’obscurité ».

La proposition de la CPP, souligne-t-il, aura le mérite d’ouvrir le débat. Et le débat sur la question, M. Antoine Folly, leader de l’Union pour la démocratie et la solidarité (UDS-Togo), s’en réjouit dans une interview au journal Nouvel Echo, car, avoue-t- il, si l’opposition avait fait l’union, « elle serait certainement au pouvoir aujourd’hui et le sort de nos compatriotes en aurait été changé ».

Pour Le Reporter des temps Nouveaux, « en ces moments de choix politiques difficiles dus au fourvoiement généralisé qui semble s’emparer de la classe politique togolaise, l’heure est désormais à la pensée et à la mise en oeuvre d’actions courageuses, intelligentes et cohérentes, en vue de s’offrir des moyens de lutte aussi rassurants qu’efficaces ».

Si l’union de l’opposition passionne certains journaux, d’autres sont toujours accrochés à la surprenante « affaire Agbéyomé Kodjo », du nom de l’ancien Premier ministre aujourd’hui exilé en France, et à la crise qui secoue le Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir).

Le numéro de Crocodile paru jeudi annonce en confidentiel « une journée de réflexion des cadres militants » de la Kozah (région d’origine du chef de l’Etat) à Kara (nord du pays), le vendredi 2 août.

A l’issue de cette fameuse journée, suggère l’hebdomadaire, une gigantesque marche de soutien au président Eyadéma sera organisée où des motions seront lues et certainement le député Dahuku Péré et l’ex-Premier ministre Agbéyomé Kodjo « copieusement diffamés ».

Le Regard, dans sa livraison de mardi, fait la part belle à la belle épouse de l’ex-PM à la une sous le titre: « Mme Kodjo libérée sous la pression de la France ». Selon le journal, en effet, l’ambassadeur de France au Togo, M. Jean-François Valette, s’est mêlé de la partie et a entrepris des démarches auprès des autorités togolaises (Mme Kodjo possède la nationalité française).

« Cette intervention est si déterminante que le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité a dû recevoir des ordres d’en haut pour faire déguerpir les éléments chargés d’appliquer les curieuses mesures de sécurité renforcées », ajoute Le Regard.

Depuis le limogeage et la fuite de son mari, l’épouse de l’ex- Premier ministre togolais était interdite de sortie de son domicile et de visite, tandis que son passeport est confisqué.

La Tribune du peuple, pour sa part, publie un communiqué du Comité national de solidarité citoyenne pour la République (SOLIDA), un courant réformateur au sein du RPT, qui lance un véritable « appel républicain aux militantes et militants du RPT (…) qui hésitent encore à briser les chaînes de la peur et de la paralysie pour se rendre enfin libres »…

Il les incite à se joindre à la vaillante équipe des réformateurs en vue de « libérer le RPT de la dictature de la clique usurpatrice, en exigeant un débat public sur les propositions du député Dahuku Péré et des changements conséquents à la tête des instances dirigeantes du parti ».

Les journaux proches de la sensibilité présidentielle, eux, ne cessent de décocher des flèches à l’ex-Premier ministre. Pour Nouvelle Opinion de Tchaoudjo, « Agbéyomé Kodjo est pourchassé par les démons de l’ambition, de la démesure ».

La Nouvelle République, pour sa part, le considère comme un des acteurs politiques qui ont tué l’Accord-cadre de Lomé. Il est aussi, selon le journal, un traître qui a commis un « parricide manqué contre le président Eyadéma, le RPT et le peuple togolais ».

Quant à Togo-Presse, le quotidien gouvernemental, c’est le flot de motions de soutien, d’encouragement et de fidélité au chef de l’Etat qui meuble ses parutions, en ces moments où les militants du parti au pouvoir se serrent les coudes autour d’Eyadéma « pour sauver l’honneur du parti ».