26/11/2022

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L’exigence de l’heure au Togo : une campagne loyale

Depuis le 14 Mars 2005, le candidat de l’opposition démocratique aux élections présidentielles est connu. Les dés sont jetés. Faure Gnassingbe et Bob Akitani se trouvent face à face. Mais en réalité, ce face à face oppose plutôt le jour à la nuit, le peuple à ses bourreaux. Le peuple qui aurait dû se trouver en position d’arbitre va avoir maille à pâtir avec l’obscur camp de la dictature. Depuis quinze ans, le multipartisme n’a rien changé à la donne. La réalité des faits se résume à : parler, négocier, signer des accords, pourvu que le pouvoir demeure dans les mêmes mains, dans la même famille.

Par Etienne DONI

De nouvelles heures attendent le Togo et les Togolais, peut-être des heures aussi sombres que celles qui sont passées. L’espoir de la délivrance aussi pointe à l’horizon pourvu que l’on s’en donne les moyens. La pré campagne est terminée et les choses essentielles vont débuter. Chaque camp va devoir tout faire pour s’imposer. D’abord psychologiquement, puis dans les faits. L’opposition va devoir jouer, les coudes serrés, face à un adversaire qui marche à la baquette, fort uni, rôdé dans la tricherie. Mais il arrive que le voleur se fasse prendre un jour. Ce jour là, il ne faut pas le rêver, il faut se le décider. Les règles du jeu étant faussées d’avance ; la fraude sera incontestablement massive. Mais sans peur au ventre, sans peur du lendemain, il faut profiter de l’espace libre que constitue l’isoloir pour voter massivement et comme un seul homme pour des lendemains meilleurs.

APRES LE VOTE, ON CHANTERA JACQUES OU ES-TU !

Pour qui connaît Jacques (suivez mon regard), il doit savoir que l’arbitre des élections risque d’être ce Jacques là, en lieu et place du verdict populaire. Tapis dans l’ombre et comme à l’accoutumée, les arbitres risquent d’être bien nombreux pour proclamer des élections sans heurts, sans mort d’homme donc globalement satisfaisantes. Les manipulations post-électorales étant l’habitude de la maison et elles ne compteront pas beaucoup aux yeux des observateurs en quête de tourisme gracieusement récompensé. N’en déplaise au peuple togolais, il aura forte à faire avec Faure, Jacques et les autres. Il n’existe pas de Baobab nain. La preuve est que malgré le tollé général, il a pris l’habit et la place du grand Baobab et en moins de deux mois, il a réveillé tous les démons et tous les réseaux dormants du père. Des vieux chefs d’Etat, amis personnels ou ennemis de circonstance, qu’importe, il a mis tout le monde à contribution.

Tout est fait impunément avec les deniers du peuple pour mieux écraser le peuple. Des voyages incessants avec un avion présidentiel alors qu’il n’est plus chef d’Etat, des émissaires chez Bongo, Tandja, Compaoré, Kadhafi ; des réseaux françafriques en branlent, personne n’est oublié dans l’appel au secours de Faure. Pour la France, le brasier de la Cote d’ivoire n’étant pas éteint, il faut éviter à tout prix un second front en Afrique de l’Ouest quitte à maintenir le peuple sous une dictature héréditaire.

ALORS POURQUOI DES ELECTIONS ?

En tout état de cause, l’obligation d’une campagne loyale exige dès à présent, qu’il soit mis fin aux attributs et prérogatives de chef d’Etat dont jouit le candidat Faure. C’est déjà une grande anomalie qu’il soit candidat au lieu d’être poursuivi pour double coup d’Etat en un mois : militaire et constitutionnel. C’est aussi une bien grave anomalie qu’il soit juge et partie dans cette élection. Juge avec sa cour constitutionnelle aux ordres; juge avec une commission électorale (CENI) non représentative de l’échiquier politique puisque les membres de l’opposition sont tactiquement empêchés d’y siéger; juge avec des Maires non élus, des préfets et des commissions locales à la merci du Ministre de l’Intérieur. Ce candidat du RPT sera aussi juge de la régularité des votes avec toutes les institutions internationales non démocratiques ou largement inféodées qui vont venir à son secours au motif fallacieux d’éviter une guerre civile au Togo.

Les élections au Togo ne vont donc pas s’ouvrir sous de bons auspices. Mais le peuple doit garder espoir malgré les écueils. Rien ne sera gratuit et tous les citoyens épris de liberté et de justice doivent se tenir prêts pour déjouer les pièges qu’ils s’appellent Bongo, Chirac, Nandja ou autres. Et que dire des expurgés d’hier, Agbéyomé, Péré, Biténéwé et consorts. Aujourd’hui, ils pourraient beaucoup faire pour l’instauration de la démocratie dans le petit Togo, naguère nation pilote. Etrangement, certains d’entre eux se retrouvent plus promptement chez le même Bongo, d’autres au Quai d’Orsay, des lieux qui ne sentent pas bon le parfum de la démocratie.

ALORS, QUE FAIRE, COMMENT ET POUR QUI ?

Pour l’opposition démocratique, l’extrême vigilance est de mise. La victoire appartient au peuple pourvu qu’il sache saisir sa chance, se mobiliser massivement derrière son candidat, se mobiliser pour voter comme un seul homme. Vigilance, détermination et au besoin, sacrifice de quelques instants de grande mobilisation. Il serait bon d’entendre les capitaines, tous les six, unis derrière le porte drapeau de l’immense majorité du peuple. Messieurs, l’heure est grave, pas de dissonance, pas de brèches, pas de faux-semblants. Tous à l’abordage et qu’on vous sente vibrer avec le peuple.

La partie se joue avec des gens sans foi ni loi. Ils n’ont pour ainsi dire, point de scrupules et leurs intérêts passent avant tout le reste. Leurs meilleurs soutiens, leurs grands alliés s’appellent compte en banque pour acheter des consciences et solides amitiés en France.
L’allié du peuple s’appellera vote massif en faveur de celui qui défend la grande cause nationale : LIBERTE. Le peuple saura faire entendre sa voix s’il s’en donne les moyens.

La rédaction letogolais.com