03/10/2022

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L’homme GUAINO et l' »homme africain »

Il semblerait que Guaino, le grand monsieur de l’entourage de Sarkozy qui revendique à cor et à cri la paternité du discours du chef de l’État français prononcé le 26 juillet 2007 à Dakar, « persiste et signe », selon le journal Libération du mardi 29 juillet 2008, dans un article intitulé « Le discours de Dakar décortiqué ». C’est dire que Guaino continue de s’agiter au sujet de son propre chef-d’oeuvre d’anthropologie, alors que, après les 23 intellectuels africains (L’Afrique répond à Sarkozy), « cinq universitaires français et africains répondent à Nicolas Sarkozy » [1] .

Je n’ai que trois courtes remarques à faire là-dessus:

La première est que, comme je l’ai déjà écrit dans un article intitulé « France-Afrique: ambiguïté du langage… » publié dans un certain nombre de journaux et sur des sites Internet, en particulier sur le site togolais Diastode.org le 11 juin dernier, on n’est pas si tranquilles que cela pourrait le paraître à l’Élysée comme dans une certaine presse française, après ce qui peut être considéré comme le discours-bombe lancé contre l’Afrique. Qui lance de la poussière est le premier à en être recouvert, n’est-ce pas? Bien sûr que Sarkozy n’a pas renié publiquement « son » discours et n’a pas désavoué Guaino qui le lui a pondu. Mais, quelque part, le maître ne secoue-t-il pas tout bonnement sa part de poussière sur son « nègre », le laissant se débattre là-dedans comme un beau diable?

La deuxième remarque est qu’il est normal que l’homme qui avait déclaré assumer son discours ligne pour ligne, mot pour mot, à la virgule près et s’était emporté contre Bernard-Henri Lévy, le traitant de petit con prétentieux après que ce dernier avait fait remarquer que ce discours sent le racisme, il est donc normal que Guaino ne renie ni aujourd’hui, ni jamais le grand chef-d’œuvre de sa vie. D’ailleurs, les hommes de la trempe et de l’esprit de Guaino sont généralement têtus et s’obstinent diaboliquement à ne jamais évoluer dans leurs idées, si toutefois on peut appeler telles les vieilleries des heures de gloire de la traite des nègres et du colonialisme.

Ma troisième remarque est que, c’est le moins qu’on puisse dire, cela n’honore pas la Grande France qu’un homme comme Guaino y porte le noble titre de conseiller du Président de la République.

Moralité de la fin: l’homme qui, à l’ombre du Président de la République française, tourne tout autour de Histoire en en cherchant vainement la porte, recommençant, recommençant sans cesse, croyant d’ailleurs qu’on peut y entrer en lançant de toutes ses forces, je veux dire avec la violence la plus terrible dont il est capable, une bombe des poussières des sentiers battus pour tenter de salir à nouveau les peuples connus depuis des siècles comme des peuples « a-historiques!, cet homme n’est pas l’homme africain, mais simplement l’homme Guaino.

Allemagne, 1er août 2008
Sénouvo Agbota Zinsou

[1] « L’Afrique de Sarkozy, un déni d’histoire », dirigé par Jean-Pierre Chrétien, Karthala