07/12/2022

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« Libérer le potentiel énergétique de l’Afrique »

Allocution de M. Omar Kabbaj, Président de la Banque africaine de développement
Au Quatrième Forum international sur les perspectives africaines

« Un meilleur accès à l’énergie pour les Africains »

Organisé par la Banque africaine de développement et le Centre de développement de l’OCDE

Le 26 novembre 2004
Paris, France

I. Introduction

Excellence, M. l’Ambassadeur Basilio Horta, Représentant permanent du Portugal auprès de l’OCDE et Président du Comité directeur du Centre de développement de l’OCDE, Distingués panélistes et participants, Mesdames, Messieurs,

Au nom de la Banque africaine de développement et en mon nom personnel, j’ai le grand plaisir de vous souhaiter, à tous et à toutes, la bienvenue au Quatrième forum international sur les perspectives africaines, organisé conjointement par la Banque africaine de développement et le Centre de développement de l’OCDE. Je tiens particulièrement à remercier nos distingués intervenants et analystes qui ont eu l’amabilité d’accepter de prendre part au Forum de cette année, consacré à l’amélioration de l’accès à l’énergie pour les Africains.

Ce Forum témoigne de la coopération constante que la Banque africaine de développement et le Centre de développement de l’OCDE manifeste dans la production de notre publication annuelle conjointe, les Perspectives économiques en Afrique. Cette publication, dont la première parution remonte à 2001, suscite beaucoup d’attention et est de plus en plus utilisée tant par les décideurs et les chercheurs que par le secteur privé en Afrique et ailleurs dans le monde. Nous espérons qu’elle deviendra un document de référence sur l’évolution de l’économie africaine. Je voudrais donc saisir cette occasion pour remercier le Centre de développement et son Directeur, le Professeur Louka Katseli, pour les relations professionnelles étroites que nous avons réussi à tisser au fil des années.

Le choix du thème du Forum de cette année : «Un meilleur accès à l’énergie pour les Africains » reflète le rôle crucial que le secteur de l’énergie est appelé à jouer dans le cadre des efforts déployés par l’Afrique pour accélérer son développement économique, réduire la pauvreté et améliorer le niveau de vie de ses populations. En guise d’introduction, permettez-moi, de vous brosser un bref aperçu de l’enjeu énergétique auquel est confrontée l’Afrique et des mesures de politique que les pays africains ainsi que leurs partenaires au développement pourraient envisager afin d’exploiter pleinement l’énorme potentiel énergétique de l’Afrique.
J’aimerais également saisir cette occasion pour vous présenter, dans ses grandes lignes, l’assistance que la Banque africaine de développement fournit à ses pays membres régionaux dans ce secteur stratégique.

II. L’enjeu énergétique en Afrique

Il ne fait pas l’ombre d’un doute que l’Afrique doit au préalable développer ses sources d’énergie modernes pour que les efforts qu’elle déploie pour accélérer sa croissance économique et faire reculer la pauvreté aboutissent. Il est généralement reconnu aujourd’hui que le taux de croissance moyenne de l’économie africaine devrait augmenter et atteindre une fourchette de 6 à 8 % par an pour que les pays africains réalisent les objectifs de développement du Millénaire acceptés par la communauté internationale, à savoir, réduire de moitié, avant 2015, le nombre de personnes vivant en-deçà du seuil de pauvreté. Cette situation contraste avec le taux de croissance du PIB moyen de 3,5 pour cent par an observé depuis 1996. De même, des objectifs de développement du Millénaire ambitieux ont été fixés dans les secteurs de l’éducation et de la santé – tels que l’enseignement primaire universel, la promotion de l’égalité entre les sexes dans le domaine de l’éducation, la réduction de la mortalité infantile et la préservation durable de l’environnement.

A l’évidence, ces objectifs de développement de l’Afrique ne se réaliseront pas sans un investissement considérable dans la mise en valeur des vastes ressources énergétiques dont regorge le continent. Le relèvement du taux de croissance de l’Afrique par l’intensification de la production existante et la création de nouvelles entreprises se traduira sans doute par une nette augmentation de la demande de sources d’énergie modernes. De même, la prestation efficiente de services sociaux élargis ne peut être assurée que si des approvisionnements accrus d’énergie sont fournis à des prix raisonnables. En effet, comme le montrent clairement les pénuries d’énergie et la précarité des approvisionnements en produits énergétiques que connaissent actuellement nombre de pays africains, un approvisionnement insuffisant en ressources énergétiques et des services précaires freinent considérablement l’expansion de la production de biens et services.

Bien que nombre de pays africains puisent actuellement dans la biomasse une bonne partie de leur approvisionnement en énergie, il est évident que le continent africain dispose d’immenses gisements d’énergie moderne qui, dans une large mesure, demeurent inexploités. Les pays d’Afrique du Nord et les pays autour du Golfe de Guinée détiennent actuellement plus de 7 pour cent des réserves mondiales de pétrole et de gaz. Les grands bassins fluviaux — et en particulier le fleuve Congo — recèlent un potentiel d’énergie hydroélectrique qui représente 13 pour cent du total mondial et dont 7 pour cent seulement sont exploités. L’Afrique australe abrite d’énormes dépôts de charbon qui lui ont permis de parvenir à l’autosuffisance énergétique. J’ajoute que les pays d’Afrique de l’Est sont dotés de ressources géothermiques abondantes. De plus, le potentiel en énergie solaire et éolienne du continent est considérable.

Bien que disposant de sources d’énergie abondantes et variées, les pays africains ne les exploitent pas encore pleinement. Quelques chiffres frappants illustrent la situation actuelle. L’agence internationale de l’énergie (AIE) estime que près de 90 pour cent de la population de l’Afrique subsaharienne continue d’utiliser la biomasse comme source d’énergie primaire pour l’éclairage, la cuisine et le chauffage. Par ailleurs, la consommation d’énergie par habitant en Afrique, biomasse comprise, demeure très faible, à environ 40 pour cent de la moyenne mondiale.

La mise en valeur limitée des sources d’énergie modernes en Afrique a un grand nombre d’incidences sociales et économiques importantes. L’approvisionnement en énergie étant un intrant capital dans la quasi-totalité des secteurs de production, la précarité de l’approvisionnement énergétique et son coût élevé influent négativement sur tous les secteurs de l’économie. Il contribue à l’accroissement des coûts de production, freine le développement des secteurs qui nécessitent des sources d’énergie fiables et, en règle générale, rendent les producteurs africains moins compétitifs sur le marché mondial. En effet, dans nombre de pays, de nombreuses sociétés ont été contraintes de développer leurs propres sources d’énergie à un coût considérable en raison de la précarité et du coût élevé de l’approvisionnement en énergie. Par ailleurs, les investisseurs étrangers citent souvent cette précarité de l’approvisionnement énergétique comme une des principales raisons de leur manque d’empressement à investir dans les pays africains.
Le manque d’accès aux sources d’énergie modernes entraîne également des conséquences négatives sur le plan social. Il contribue à la précarité de la santé et des conditions sanitaires des ménages. Il contraint les femmes et les jeunes filles à consacrer énormément de temps et d’énergie à chercher du bois de chauffe, corvée qui explique souvent le faible taux de scolarisation des filles. Par ailleurs, comme je l’ai déjà souligné, il alourdit également le coût des prestations des services de d’éducation et de santé de base, limitant ainsi leur couverture.

III. Libérer le potentiel énergétique de l’Afrique

Compte tenu du sous-développement de la capacité énergétique moderne de l’Afrique, il est évident que les pays africains devront redoubler d’efforts pour mobiliser les ressources financières nécessaires et créer les cadres institutionnel et réglementaire indispensables à la promotion de son développement. Quelles sont les principales mesures de politique que les pays africains pourraient envisager à cet effet ?

Avant d’en énumérer quelques unes, j’aimerais tout d’abord insister sur deux aspects relatifs à la mutation de l’environnement à laquelle les gouvernements africains et leurs partenaires font face actuellement. Premièrement, il est importe de souligner que, compte tenu de l’ampleur des investissements requis pour mettre en valeur les ressources énergétiques de l’Afrique, il faudra mobiliser beaucoup de financements auprès d’investisseurs privés. Il convient donc de multiplier les efforts en vue d’associer le secteur privé à la mise en valeur des ressources énergétiques du continent.

Deuxièmement, contrairement à ce qui se passait il y a quelques années lorsque des grandes sociétés internationales étaient disposées à consentir de gros investissements dans les infrastructures dans les pays en développement, la situation a considérablement changé à tel point qu’aujourd’hui ces investissements suscitent moins d’enthousiasme. Par conséquent, la solution passe par la mise en place de partenariats public-privé (PPP) et, ce qui est tout aussi important, l’appui des agences multilatérales et bilatérales de développement, tant pour mobiliser les ressources nécessaires que pour atténuer quelques uns des risques de perception accrus qui seraient de nature à dissuader le secteur privé de s’impliquer davantage.

S’agissant de mesures de politique spécifiques, les suivantes constituent les principaux conseils que nous devrions suggérer aux pays africains :

• Premièrement, nous devrions encourager les pays africains à accentuer leurs efforts d’élaboration de stratégies intégrées et cohérentes pour leurs secteurs énergétiques, et à porter une attention particulière à une définition claire des rôles des secteurs public et privé dans le développement des sources d’énergie modernes. Souvent, l’opacité des politiques pratiquées décourage l’investissement privé dans le secteur énergétique.
• Deuxièmement, les pays africains auraient avantage à accélérer les réformes qu’ils ont entreprises pour améliorer le climat des investissements tant pour l’investissement intérieur qu’extérieur. A cet égard le cadre juridique et réglementaire est le domaine qui appelle les mesures les plus urgentes.
• Troisièmement, dans beaucoup de nos pays l’environnement réglementaire du secteur énergétique a besoin d’être renforcé. La mise en place d’organes réglementaires responsables, transparents et indépendants est en particulier un facteur qui s’est révélé essentiel pour attirer les investissements privés. Il serait souhaitable de donner à ces organes le mandat de fixer des tarifs à même de garantir une bonne rentabilité aux investisseurs privés tout en protégeant les consommateurs des pratiques de prix monopolistiques.
• Quatrièmement, promouvoir la concurrence dans le secteur énergétique pourrait être très bénéfique. Cela pourrait comprendre l’éclatement des systèmes de production, de transport et de distribution, et dans la mesure du possible, l’émergence de producteurs d’énergie indépendants (PEP).
• Cinquièmement, nous conseillerions aux gouvernements d’accorder une priorité accrue à la réalisation de projets et programmes énergétiques régionaux. Compte tenu de la répartition inégale de ressources énergétiques à travers le continent, des coûts d’investissement élevés, des importantes économies d’échelle à réaliser, de l’amélioration de la fiabilité et de la qualité des services attendue, les projets multinationaux sont souvent la solution la plus économique dans le domaine de la mise en valeur de l’énergie. Par exemple, il a été démontré que si l’immense potentiel hydroélectrique du fleuve Congo à Inga était exploité à fond, il pourrait alimenter en énergie l’Afrique centrale, occidentale et australe, voire même l’Afrique du Nord. En outre, il est avéré que la création de pools d’énergie régionaux présente de nombreux avantages, comme le démontre le succès du Pool Energie de l’Afrique australe (SAPP).

Au-delà de ces mesures de politique spécifiques, je suis convaincu qu’il est tout aussi indispensable que les pays africains accordent une attention particulière à l’amélioration de l’accès des pauvres aux sources d’énergie, en particulier dans les zones rurales. Pour cela, il faudra, en tout premier lieu, améliorer l’offre de biomasse et, deuxièmement accroître l’offre de sources d’énergie moderne.

À l’évidence, pendant un certain temps encore, la majorité des africains vivant en Afrique subsaharienne continueront de tirer principalement leur énergie de la biomasse. Si la biomasse est abondante dans de nombreuses régions d’Afrique, il n’en reste pas moins que le déboisement rapide du continent crée de graves pénuries d’énergie dans un certain nombre de pays. Il est donc urgent de s’attaquer à cette crise émergente en prônant une utilisation plus efficiente des ressources de biomasse mais aussi en encourageant les projets de reboisement. Souvent, l’absence de lois claires sur les droits de propriété foncière freine cette évolution, aussi suggérons-nous d’attacher une attention particulière à cette importante question.

En outre, nous voudrions encourager les gouvernements à élargir l’accès des zones rurales aux sources d’énergie modernes et, en particulier, à l’électricité. Cette démarche devrait inclure l’élaboration de programmes d’investissement à moyen et long terme ainsi que les politiques de recouvrement des coûts afin d’en assurer la soutenabilité. L’exemple de pays tels que la Tunisie et le Maroc dont les réseaux d’électricité ruraux sont bien développés donnent la démonstration des énormes avantages qu’offre l’électrification rurale, tant au niveau de la production que du bien-être social.

IV. Le Groupe de la Banque et le développement de l’énergie en Afrique

Permettez-moi, avant de conclure, de dire quelques mots sur le rôle de la Banque africaine de développement dans la promotion du développement de l’énergie en Afrique. Depuis sa création, la Banque consacre des ressources considérables au financement de grands projets d’énergie dans ses pays membres régionaux et pour les aider à mettre au point des politiques appropriées pour ce secteur. Au total, 4,2 milliards ont été engagés à ce jour par le Groupe de la Banque en faveur de ces projets d’investissement et d’assistance technique.

Au cours des dernières années, le Groupe de la Banque a adopté une approche tous azimuts en matière de mise en valeur de ressources énergétiques en Afrique dans le cadre de la réalisation de son objectif plus large de promotion de la croissance économique et de réduction de la pauvreté dans ses pays membres régionaux. Elle consiste à appuyer les réformes de politiques, à promouvoir le financement en faveur de pays à revenu intermédiaire sur son guichet BAD – tant pour des projets d’énergie du secteur public que ceux du secteur privé – et à offrir un appui technique et financier à des conditions concessionnelles pour les projets et programmes énergétiques de ses pays à faible revenu, avec un accent particulier sur les projets d’électrification rurale. En outre, le Comité des chefs d’État et de gouvernement chargé de la mise en oeuvre du NEPAD ayant confié à la Banque le rôle de chef de file en matière de projets d’infrastructure régionale, la Banque a renforcé son engagement dans ce type de projets, y compris dans de grands projets énergétiques.

S’agissant de la réforme du secteur énergétique, le Groupe de la Banque fournit un appui technique et financier pour aider ses pays membres régionaux à adopter de nouvelles politiques et institutions. Ceci était devenu d’autant plus urgent que les approches traditionnelles de mise en valeur de l’énergie — qui s’appuyaient souvent sur des entreprises publiques pour tous les aspects de la production et de la distribution d’énergie moderne — ne permettaient pas aux pays de subvenir à leurs besoins énergétiques de manière efficiente. Cet appui s’inscrit dans le cadre des programmes de réformes structurelles ou sectorielles. Au nombre de ce type d’interventions figurent un projet d’assistance technique réalisé en 2002 au Niger en vue de mettre au point une politique d’approvisionnement durable en énergie en faveur des ménages et un projet d’approvisionnement en électricité de 400 000 ménages, et de raccordement de 300 établissements scolaires et sanitaires, lancé au Mozambique en 2003.

Parmi les projets énergétiques financés par le guichet BAD —guichet non concessionnel de la Banque—il convient de mentionner des projets d’envergure, notamment dans les pays à revenu intermédiaire. Ainsi, la Banque a fourni pendant plusieurs années d’importants financements au Maroc pour développer son réseau de distribution d’énergie. De même en 2003 elle a aidé la Tunisie à réhabiliter son réseau de distribution d’électricité. L’objectif de ce projet, au sens large, est de produire de l’électricité au moindre coût possible et dans les meilleures conditions de fiabilité et de sécurité afin d’améliorer la compétitivité des sociétés tunisiennes.

Le guichet BAD finance également activement des projets énergétiques dans le secteur privé. La Banque le fait non seulement pour fournir des financements directs mais également pour contribuer à mobiliser des fonds auprès des investisseurs et atténuer quelques uns des risques perçus. Un exemple d’un tel appui est le Projet de Gaz Naturel Liquéfié du Nigeria en 2002 pour aider ce pays à accroître sa production et utiliser avec efficience ses ressources de gaz naturel. Un autre exemple est le projet de gaz naturel SASOL au Mozambique. Il avait pour objectif d’aider le Mozambique à tirer le meilleur parti de ses abondants gisements de gaz naturel tout en aidant les pays d’Afrique australe à diversifier leurs sources d’énergie.

Par le biais du FAD—son guichet concessionnel—, le Groupe de la Banque s’est efforcé d’assister ses pays membres à faible revenu afin qu’ils puissent relever le défi énergétique auxquels ils font face en les aidant à moderniser la production de la biomasse et de l’électricité. S’agissant de la biomasse, la Banque a aidé les pays à faire face aux problèmes énergétiques et écologiques causés par le déboisement rapide en finançant des projets de développement agricole et rural. Très souvent, il s’agissait de projets visant à promouvoir une gestion durable des ressources naturelles, y compris les projets de reboisement. Pour ce qui est de la production d’énergie, l’attention du Fonds s’est essentiellement concentrée sur le financement de projets d’extension des réseaux d’électricité aux zones rurales. Au cours des trois dernières années, le Fonds a financé ce type de projets au Bénin, en Éthiopie, en Guinée, au Mali et au Mozambique.

En outre, avec le soutien du gouvernement des Pays-Bas qui a engagé à cet effet 5 millions de dollars, la Banque a lancé le programme FINESSE (Programme de financement des services énergétiques à l’intention de petits utilisateurs d’énergie). Il vise à aider les pays africains à formuler des politiques appropriées dans le domaine des énergies renouvelables —- y compris la biomasse, l’énergie solaire, l’énergie éolienne, les micros centrales hydroélectriques et l’énergie géothermique — et à constituer une réserve de projets d’investissement. Au nombre de ses multiples activités, il convient de préciser que dans le cadre de ce programme, l’étude sur le déploiement stratégique de l’énergie éolienne vient d’être achevée et que Tunis a accueilli le mois dernier une conférence d’investisseurs.

Le dernier domaine d’intervention de la Banque que je souhaiterais mentionner concerne l’appui qu’elle apporte aux projets énergétiques multinationaux. En effet, le Groupe de la Banque fournit traditionnellement des ressources financières substantielles, tirées d’une enveloppe spéciale des ressources du FAD au profit de projets multinationaux, pour réaliser des études en vue de projets régionaux et de leur mise en oeuvre, dont, notamment, des projets d’interconnexion de réseaux électriques. Ces types d’intervention ont reçu un nouvel élan au cours des dernières années du fait de la responsabilité dont la Banque est investie dorénavant en matière de projets d’infrastructure régionale dans le cadre du NEPAD.

Dans l’exercice de cette mission qui lui a été confiée par le NEPAD, la Banque a élaboré un plan d’action à court terme (PACT), en consultation avec les communautés économiques régionales (CER) et ses principaux partenaires au développement, dont la Banque mondiale et l’Union européenne. Ce plan prévoit 120 projets pour un financement total de 8 milliards de dollars EU, y compris de nombreux projets énergétiques. Pour citer quelques exemples de projets énergétiques financés par la Banque et ses partenaires au titre du Plan d’action à court terme, je mentionnerai le projet d’interconnexion des réseaux électriques Nigéria – Bénin, le projet d’interconnexion des réseaux électriques de l’Algérie, du Maroc et de l’Espagne, l’étude d’interconnexion des réseaux électriques des Etats membres de la CEEAC et celle des pays riverains du Nil et enfin le projet de gaz naturel SASOL regroupant le Mozambique et l’Afrique du Sud que j’ai déjà évoqué.

La Banque est actuellement en train d’élaborer un cadre stratégique à moyen et à long terme (MLTSF) qui, je l’espère, servira de référence pour le développement de l’infrastructure régionale en Afrique, y compris les projets énergétiques régionaux. Pour ce faire, elle a mobilisé 3,5 millions de dollars EU pour le financement de l’étude et j’espère que cette dernière sera prête avant fin 2005.

V. Conclusion

Permettez-moi, en guise de conclusion, de souligner que si l’Afrique est confrontée à de graves difficultés pour mettre en valeur ses ressources énergétiques variées et abondantes, la solution à ces problèmes n’est cependant pas hors de sa portée. Du fait de l’ampleur de la tâche, il faudra assurer une meilleure planification et mobiliser des ressources financières ainsi qu’une assistance technique importantes auprès de sources nationales, des partenaires au développement de l’Afrique et du secteur privé. Certes, le défi est immense mais les récompenses le sont aussi dans la mesure où la solution à ces problèmes contribuera à renforcer le développement économique de l’Afrique, à faire reculer la pauvreté et à assurer les services sociaux essentiels.

Les programmes de réformes économiques que les pays africains ont mis en oeuvre, y compris les grandes réformes dans les secteurs énergétiques, nous donnent des raisons d’espérer que cet effort crucial sera couronné de succès. Je tiens à les assurer que la Banque africaine de développement est prête à appuyer leurs efforts et à oeuvrer en partenariat étroit avec tous les pays concernés.

Je vous remercie de votre attention.