28/06/2022

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Manifestation meurtrière à Lomé

Malgré l’interdiction officielle de toute manifestation, plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi dans la capitale togolaise pour dénoncer le « coup d’Etat » après la prise de pouvoir de Faure Gnassingbé. Les affrontements avec les forces de l’ordre ont fait deux morts, selon le gouvernement.

Mis en ligne le 12 février 2005

Depuis lundi, le gouvernement togolais a interdit toute manifestation pour une durée de deux mois, période du « deuil national » décrété après la mort du président Gnassingbé Eyadéma. Les autorités ont, depuis lors, renouvelé leurs mises en garde contre les éventuels « fauteurs de trouble », prévenant d’une « réaction énergique » des forces de l’ordre. Malgré cet appel, plus de 3.000 personnes ont manifesté samedi à Lomé pour dénoncer le « coup d’Etat » du président investi Faure Gnassingbé, fils du président défunt. Une manifestation qui, selon le ministre de l’Intérieur togolais, s’est soldée par deux morts.

« Un groupe de gendarmes était encerclé par des manifestants au niveau (du quartier) de Bé-Kpota, ils allaient être lynchés par la population. Pour se dégager, ils ont fait des tirs de sommation qui ont malheureusement atteint deux personnes, deux manifestants qui sont morts », a-t-il expliqué. « Deux gendarmes ont été grièvement blessés, ils ont été transférés au CHU de Lomé. Ce sont les seuls détails que nous avons pour le moment », a ajouté le ministre.

« 38 ans d’Eyadéma, ça suffit ! »

Les manifestants, qui avaient répondu à l’appel de six partis d’opposition pour protester contre « le coup d’Etat » de Faure Gnassingbé, étaient très virulents. Ils avaient érigé samedi matin plusieurs barricades dans la capitale togolaise, d’où ils faisaient face aux forces de l’ordre. « Le Togo n’est pas un Royaume! », « 38 ans d’Eyadéma, ça suffit! », scandaient les oppsants, qui s’en prenaient aussi à la France, notamment à Jacques Chirac qui, selon eux, était « complice » du général Eyadéma et « soutient » aujourd’hui son fils Faure Gnassingbé.

Les six partis d’opposition traditionnelle, dont le Comité d’action pour le renouveau (CAR de Yawovi Agboyibo) et l’Union des forces de changement (UFC, de Gilchrist Olympio, un dirigeant en exil) avaient appelé à une « marche pacifique » qui devait se terminer par un meeting au centre ville. Mais le plus important rassemblement de l’opposition depuis l’investiture le 7 février de Faure Gnassingbé, a vite dégénéré dans la zone de Bé, quartier populaire et fief traditionnel de l’opposition.

Manifestants de l’opposition jetant des pierres contre les forces de l’ordre, samedi à Lomé – AFP – PIUS UTOM EKPEI