26/06/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Message de Agbéyomé Kodjo: TOUT SAUF EYADEMA (TSE)

Mes Chers Compatriotes

Notre pays le Togo se trouve en un moment très grave de son histoire. Les tenants de la dictature affichent leur farouche détermination, à régenter pour cinq années encore, notre destin commun.

Sans surprise, la convention du RPT vient d’entériner la volonté de Eyadema de demeurer à vie au pouvoir, en dépit de son incapacité avérée, à relever les differents défis auxquels notre pays est confronté.

Une déclaration de politique générale, qui n’est rien d’autres qu’un catalogue d’incantations, de grandes déclarations d’intention aussi creuses que mensongères a été adoptée par les « conventionnistes », pour servir de feuille de route à leur président candidat ».

A l’évidence, il n’y a pas de quoi se réjouir de cette candidature qui est l’expression vivante du mépris dans lequel, le Chef de l’Etat tient les togolais. En effet qui peut croire sincèrement aujourd’hui que, Eyadema réalisera demain ce programme, alors qu’en 36 ans, il n’a pas su , pas pu, ou surtout pas voulu réaliser, l’unité de la nation et assurer le minimum d’épanouissement matériel et moral au peuple ?

Quel est le bilan tiré de son action, au cours de ces cinq dernières années, sur le plan politique, économique, social et diplomatique ? Sur le plan intérieur, l’actif net de son action à la tête du pays est lourdement négatif, marqué par une dette intérieure et extérieure, qui hypothèque le travail de plusieurs générations ; l’économie atone, les libertés fondamentales confisquées, des leaders de partis politiques et des journalistes jetés en prison, les droits élémentaires du citoyen bafoués.

Les adversaires politiques sont diabolisés, méprisés, traqués et humiliés, les autorités religieuses vilipendées et, menacés pour avoir eu le courage de choisir l’inconfort de la vérité aux prébendes du mensonge et de la corruption.

Des associations stipendiées foisonnent, pour déclamer des grossièretés, la haine et la furie de leur commanditaire sur les medias, contre ceux qui refusent la résignation, la complicité et le discours politiquement correct auquel le régime est habitué.

Les patriotes sont soumis au régime d’une justice à deux vitesses, marquée par la sanction des délits et l’impunité des crimes, des salariés licenciés, mis au placard, ou exclus de toute promotion pour un délit d’opinion, de famille, ou d’ethnie, les structures socio sanitaires et éducatives dans un état de délabrement avancé, le chômage galopant, une précarisation excessive des conditions de vie sans précédant, et une floraison d’officines de toute nature contrôlé par de gens peu recommandables qui tiennent tout un peuple en servitude.

Lomé, la vitrine du pays une est devenue une ville poubelle et insalubre, qui offre à bien d’endroit des foyers d’éclosion de nouvelles pathologies ; la liste est longue… et au niveau international notre diplomatie fait piètre mine, et ne convainc personne.

Elle en est réduite à se consoler des médiations dans les conflits régionaux sur lesquels on surf à l’envie sans une réelle réussite, tout ceci dans le but de masquer la déconfiture du pays sous toutes ses coutures dont les symptômes sont perceptibles à tous les niveaux, avec en toile de fond l’intimidation permanente dans un univers martial.

Le Togo, notre pays est classé au niveau des organisations financières internationales de zone à haut risque, ce qui plombe toute perspective de reprise économique et de rayonnement avec le pouvoir en place.

C’est cela, la réalité du bilan dont Eyadema ne devrait en principe pas être fier, tout le reste n’est que fadaises.

Au lendemain des modifications à la resquille de la constitution et des textes électoraux, pour renforcer les attributions du Chef de l’Etat, faisant ainsi bon marché du principe de l’équilibre des pouvoirs constitutionnels, et pour lui épargner la réédition des cauchemars du 21 Juin 1998, nous avions exprimé notre position.

Elle soulignait l’importance d’un combat acharné pour obliger le pouvoir à respecter la légalité constitutionnelle, à adopter des textes réglementaires et législatives consensuels, comme condition de participation de l’opposition au scrutin du 1er Juin 2003.

Les différentes initiatives entre prises par la CFD dans ce sens, se sont heurtées à une série de difficultés et finalement, elle s’est résolue à l’idée de prendre part au scrutin, en dépit des règles du jeu qui lui sont défavorables.

L’idée d’une candidature unique étant retenue comme un palliatif pour déjouer les pièges tendus par le pouvoir, dans le dessein de conserver le contrôle des leviers de commande de l’appareil de l’Etat, il, est affligeant de constater qu’en dépit de cette bonne analyse de la situation, la CFD n’ait pas réussi in fine à faire bloc, autour d’un candidat unique, pour barrer la route à cette vielle dictature totalitaire et brute, et d’offrir enfin une chance à l’alternance politique dans notre pays.

Certes au regard de la contribution combien précieuse, de tous les leaders au processus démocratique, au regard des sacrifices individuels consentis, et des souffrances de leurs militants souvent traqués comme des fauves, et brimés le plus souvent par l’appareil administratif et judiciaire, à cause de leurs convictions politiques, on peut comprendre l’embarras des leaders à se ranger à l’idée d’une candidature unique.

La vérité est que la contribution des uns et des autres et leur détermination à mettre fin, à ce syndrome atypique de déficit démocratique aigu, dont notre pays est atteint depuis des lustres, ont eu le mérite de faire renaître, l’espérance dans le cœur de tous les togolais, de leur redonner confiance et courage de croire que, la dictature n’est pas invincible.

Il est dans l’ordre des choses , que chaque leader soit tenté et poussé par ses partisans, à soumettre au suffrage populaire, son projet de société, susceptible de guérir notre nation, des travers et dérives prémédités dont elle est victime depuis plusieurs décennies.

Mais il faut admettre que, la prochaine élection présidentielle présente des particularités à maints égards. Le scrutin est uninominal à un tour, les structures de gestion et de contrôle de la régularité de l’expression et de la sincérité des suffrages, sont sournoisement partisanes.

Les observateurs occidentaux, sont exclus au profit de ceux du club des pays et organisations, qui ont jusque là brillé par leur allégeance au pouvoir, enlevant ainsi à leur jugement tous les attributs d’impartialité et de crédibilité.

Dans ces conditions, aborder cette compétition en rang dispersé, serait faire le lit de la dictature, et ce n’est pas sans motif, que le pouvoir se réjouit de la multiplicité des candidatures, au sein de la CFD, s’il ne les encourage pas lui-même.

De toute évidence, le peuple ne pardonnera pas la réédition des rivalités coupables entre leaders politiques et les atermoiements post électoraux de 1994 et 1998, qui ont retardé l’alternance politique à laquelle les togolais ont déjà payé un très lourd tribut .

Nous espérons, qu’il n’est pas encore trop tard, pour remédier à la situation en évitant de se prêter au jeu, des divisions et des promesses distribuées à tour de bras aux rivaux par le pouvoir, promesses qui comme tout le monde le sait relèvent des manipulations auxquelles les intéressés sont d’ailleurs habitués.

Il est plus qu’urgent de tourner le dos à ces séductions illusoires, qui sont attentatoires à l’intérêt général, pour sauver la patrie en danger .La postérité nous en saura gré infiniment.

Mes Chers Compatriotes !

Ma conviction est qu’aujourd’hui, le véritable enjeu reste et demeure la libération du peuple togolais et non l’expression des ambitions individuelles.

Le pari est d’abord, de réconcilier les togolais avec leur histoire, construire une nouvelle vision de la citoyenneté, édifier un Etat libéral et impartial, relever une économie sinistrée, la rendre dynamique, et préparer les mutations de demain exigées par l’évolution de l’environnement international.

Ce n’est que sur ces fondamentaux, que peut se développer et prospérer un jeu démocratique sain.

Tout ceci induit que, le prochain Président de la République, naturellement issu des rangs de l’opposition réunie au sein de la CFD, présente des qualités qui rassurent quant à son détachement de toutes ambitions, de se construire une carrière au sommet de l’Etat, au delà de la période de cette mission sacrée de renaissance de notre nation.

Ce serviteur de l’Etat, doit être un homme de cœur et d’action, calme, courageux, humble et dont le dévouement au service de l’intérêt général ne doit souffrir de l’ombre d’aucun doute.

Il ne doit pas être ce professeur de morale et de vertus civiques, au demeurant hédoniste, qui patauge lui-même dans la déchéance puritaine, comme on en rencontre fréquemment, dans le sanctuaire et dans les allées du pouvoir de notre pays.

Enfin il doit être celui là qui respecte la parole donnée, et qui a la crainte de Dieu.

Votre mot d’ordre doit être avant, pendant la période électorale et le jour du scrutin TOUT SAUF EYADEMA, (TSE) dont la candidature est illégitime et provocatrice, illustrant un trait particulier de son caractère : la tartufferie.

Chers Frères et Sœurs

Votre choix le 1er Juin doit porter sur la personne en qui les citoyens quelques soient leurs catégories socio culturelles peuvent s’identifier aisément.

Ceci est le gage de la cohésion sociale et de la paix, car il s’agit d’ouvrir le chemin au progrès, tout en s’offrant les moyens de prévention des tentations de remise en cause de la stabilité politique par des nostalgiques et adeptes de la régression.

Fort de tout ce qui précède, pour donner une chance au peuple de relever le défi du changement, et faire ancrer la démocratie dans notre pays dans la paix et dans l’unité recherchée, je crois sincèrement que pour l’heure, le candidat indiqué est celui qui outre les qualités énoncées, bénéficie du soutien de l’opinion, et qui a des chances de gagner et de prendre le pouvoir et de l’exercer effectivement.

Cet émissaire du peuple est parmi vous, vous le connaissez autant que moi, dans ses convictions, sa sincérité et les deux passions qu’il porte en lui comme une croix : le Togo et les Togolais.

Je voudrais pour terminer, rendre un hommage respectueux au peuple togolais un peuple digne et fier toujours debout, malgré les affronts répétés subis au fil du temps, un peuple qui sereinement, symbolise cette force tranquille qui s’achemine irrésistiblement, vers la conquête de ses libertés fondamentales et de son épanouissement confisqués.

Peuple Togolais ! Ton long voyage dans les ténèbres avec des charges hors de ta portée, est certes très pénible, mais tu as un rendez vous historique avec ton destin dans quelques jours et il t’appartient désormais de faire ton choix avec courage et lucidité.

Ou tu brises les chaînes de ta servitude, pour retrouver ta liberté et ton indépendance ou tu seras dans les chaînes imposées par tes maîtres putatifs qui ne sont autres que ceux qui ont l’habitude d’arracher par la force ta procuration, pour exercer le pouvoir en ton nom, au profit d’une minorité.

Le 1er Juin 2003, n’ayez pas peur, rentrez tous dans l’espérance.

Jeunes , Femmes, vieux , paysans Diplômés sans emplois, retraités sans pension, fonctionnaires pour qui le salaire difficilement versé est une faveur du Président et non un droit, salarié de tous secteurs victimes de l’arbitraire du régime en place , agriculteurs, commerçants confrontés à l’effondrement de vos chiffres d’affaires et soumis à un régime fiscal inique, soldat de toute catégorie militaire, gendarme, policier, sapeur pompier,gardien de préfecture,dont l’évolution de carrière et les conditions de vie et de travail sont à la merci du premier soldat,le moment est venu pour mettre fin à cette injustice au moment vos persécuteurs sont à l’abri de tout souci d’assurer leurs vieux jours.

Exclus et victimes d’abus d’autorité, d’injustice et autres handicapés sociaux, vous qui avez supporté pendant près de quarante ans les conséquences des politiques économiques hasardeuses, les erreurs des choix stratégiques, les malversations, les mensonges, le déni de justice et les manipulations de tout genre du clan au pouvoir, le moment rêvé pour vous est arrivé.

Vous pouvez ouvrir de nouveaux horizons devant vous, pour vos familles et vos enfants, dont l’avenir sera davantage compromis avec ce régime conservateur qui est insensible à votre misère et à vos difficultés de toute nature.

Ensemble donnons une chance à l’alternance politique dans notre pays. Le régime en place est plus fragile qu’on ne l’imagine et ne représente plus que l’ombre de lui-même, il résiste encore pour un temps et tient difficilement sur les béquilles du mensonge, de la division entretenue entre les leaders politiques de l’opposition et au sein de la population.

Seule une victoire des forces de progrès peut ouvrir pour notre pays un avenir serein et où la dignité, la fierté et la solidarité nationales auront une réelle signification.

Tout sauf Eyadema, pour qui IL EST DESORMAIS TEMPS DE SE RETIRER

Dieu bénisse le Togo et ses enfants.
Agbéyomé Messan KODJO
Ancien Premier Ministre du Togo

Paris le 27 Avril 2003