28/11/2022

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Natchaba : le chantre de l’extrémisme RPT

Depuis qu’il a pris la tête de l’Assemblée monocolore, Ouattara Fambaré Natchaba étrenne le mauvais rôle de l’artisan du malheur des Togolais.

Malgré sa corpulence filiforme – cigarette et cic -, le corps austère d’un bouvier peul, l’homme a une haute opinion de lui-même et la certitude de ses propos. Adepte de Machiavel, ce prof de droit constitutionnel à l’Université de Lomé, n’ignore pas qu’en politique il faut quelquefois passer sur des cimetières pour asseoir son pouvoir. Ou pour le conserver.
Pour permettre au RPT de garder par-devers tout le pouvoir, Natchaba ne recule devant rien. Comme dans son camp où se rassemblent d’innombrables arrivistes, il est l’un des rares à avoir une claire acuité du théâtre politique, Natchaba dit tout de go que le Togo peut se passer de la coopération de l’Union Européenne. « Depuis 10 ans nous n’avons pas un sous de l’UE, mais nous payons nos fonctionnaires et ne connaissons pas d’arriérés de salaires ». Pour le paraphraser, le régime Eyadema se porte bien malgré la suspension de la coopération. L’UE peut aller se faire foutre. Nous n’allons pas organiser nos élections selon leurs desiderata. Et pourtant le président de l’actuel parlement togolais n’ignore pas les désastres de la suspension de l’aide européenne sur l’économie du pays et le quotidien des populations. Selon Dahuku Péré, un membre du Comité central du RPT, « les Togolais meurent comme des mouches » à cause du pont coupé par les Occidentaux. Natchaba connaît trop bien la politique internationale pour comprendre que la suspension a plus d’effet corrosif sur les populations que sur le Général Eyadema et qu’elle devrait plutôt avoir des effets pervers dont l’un constitue à émousser la fibre contestataire des populations mutilées économiquement et à les abêtir au point de les transformer en une horde de mendiants flattant bassement l’ego du timonier.
A propos des négociations inter-togolaises qui se déroulaient la semaine passée à Paris, Natchaba Fambaré déclarait hier matin lors d’une interview absconse que son camp ne reviendrait jamais sur le code électoral. Un secret de polichinelle. Mais, ce qui est étonnant, ce sont les termes de l’explication du refus de la mouvance présidentielle d’une élection organisée selon le code électoral consensuel voté par le CPS. Dans un galimatias surprenant de la part d’un prof de droit, Natchaba déclare que son camp a accepté le bulletin unique pour deux conditions. Primo : en retour l’opposition accepte le mode de scrutin nominal à un seul tour. Secundo, le scrutin à un seul tour est voté par l’assemblée pour des « raisons évidentes » de limiter les dépenses. Tertio : cette façon de faire est applicable dans tous les pays qui ont adopté le bulletin unique. Bref, toute cette contorsion langagière pour dire que le RPT ne revient pas sur le code électoral. En réalité, à y regarder de près, le langage de bois de Natchaba ne trompe que lui-même. D’où vient cette histoire que les élections sont coûteuses pour le Togo alors même qu’elles sont financées par l’UE ? La manœuvre du scrutin à un seul tour vise à favoriser la victoire du RPT face à l’émiettement des candidatures de l’opposition. Le piège est gros comme un camion de voir le RPT gagner face à une multitude de candidats de l’opposition dans un scrutin où le premier des candidats arrivé en tête, est celui qui remporte la victoire.
Ici, Natchaba essaie tout simplement de jouer sur les registres de la division notoire d’une opposition minée par les intérêts partisans et égoïstes. Il suffirait que l’opposition comme un seul parti s’entende à proposer des candidatures uniques aux législatives pour que le plan du RPT tombe à vau-l’eau. Mais parions que si l’opposition arrive à avoir une opinion commune sur la candidature unique, Natchaba trouvera toujours d’autres issues pour ne pas aller aux élections.
Tony Feda