05/12/2022

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Négationnisme d’ Abass Bonfoh: le CACIT s’étonne du silence des autorités du Togo

Propos négationnistes du président de l’Assemblée nationale :
LE CACIT S’ETONNE DU SILENCE COUPABLE DES HAUTES AUTORITES DU PAYS

Depuis quelques semaines, l’opinion nationale et internationale est saisie d’émoi suite à une interview accordée par M. Abass BONFOH, président de l’Assemblée nationale au bimensuel « Tribune d’Afrique » dans sa parution N°0076 du 16 septembre 2010. En effet, en réponse à une question qui lui a été adressée et qui portait sur les évènements malheureux que le Togo a connus entre février et mai 2005, le président de l’Assemblée nationale qui, à l’époque des faits, occupait aussi le poste de président de la République par intérim, a déclaré : « même quand vous racontez qu’il y a eu des morts au Togo, quels morts, où ont-ils été enterrés et qui s’en était plaint? Ce ne sont que des histoires auxquelles je ne crois pas, parce que je n’ai rien vu de la sorte, pas un seul mort (…) qu’on nous montre les morts ou les fosses communes dans lesquelles ils sont enterrés. Je n’ai vu aucun cadavre… ».

A la suite de l’immense réprobation que ces propos ont suscitée au sein de la population et des organisations de défense des droits humains et surtout de la demande de plus en plus forte que l’auteur présente des excuses publiques à la population et démissionne de son poste, M.Bonfoh a dans un premier temps, nié le fait même d’avoir accordé ladite interview. Dans le journal « La Dépêche en date du 27 septembre 2010, il affirme en effet : « je n’ai pas accordé d’interview mais des échanges informels ». Il a fallu que les journaliste apporte la preuve, image à l’appui, de la réalité de l’interview, pour que le président de l’Assemblée nationale, publie le 30 septembre 2010, un communiqué pour le moins évasif dans lequel, il semble ne pas reconnaitre la portée de ces propos dont les radios privées ont pourtant diffusé l’enregistrement sonore. Et comme pour dénier sa responsabilité, il limogea, quelques jours plus tard, l’agent Chargé de la communication de son cabine pour complicité avec les auteurs de l’interview.

Le CACIT note que, dans l’émission débat télévisée « Forum de la Presse », diffusée sur la Chaine du Futur le dimanche 10 octobre 2010 et rediffusée deux fois la semaine suivante, le ministre Pascal Akoussoulelou BODJONA, de l’administration territoriale et des collectivités locales, porte-parole du gouvernement, a, sur la base des rapports des différentes commissions d’enquête qui ont travaillé sur les évènements de 2005, affirmé que « nul ne peut nier qu’il y ait eu des morts en 2005 », et reconnu la nécessité de présenter, au minimum des excuses publiques lorsqu’il a affirmé « je pense que le président Abass Bonfoh saisira une occasion pour mieux se faire comprendre du peuple».

En attendant que ces excuses soient réelles et que la démission s’en suive, le CACIT s’étonne du silence coupable dont les plus hautes autorités du pays, notamment le chef de l’Etat, Faure Essossimna Gnassingbé, et le Premier ministre, Gilbert Fossoun HOUNGBO, ont fait preuve depuis lors.

Il s’indigne qu’à l’occasion de l’ouverture de la rentrée parlementaire du 05 octobre 2010, les députés présents, censés être les élus du peuple, n’aient pas jugé utile d’interpeller leur président sur ces propos.

Il demande à toutes les personnalités et institutions respectueuses de la mémoire des Togolais tombés en 2005 de se démarquer ouvertement des propos d’Abass Bonfoh.

Pour le CACIT, c’est à cette seule condition qu’au Togo, le crime cessera de se nourrir de l’impunité.

Fait à Lomé le 18 octobre 2010

Le Président
Me Ata Messan Zeus AJAVON