01/10/2022

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Observations de Synergie-Togo sur les événements récents au Togo

Communiqué du 01/05/2009

De la même manière que les Forces armées Togolaises décidèrent le 5 février 2005 de confier le pouvoir d’Etat à un fils Gnassingbé, elles sont à nouveau intervenues dans le débat politique au Togo pour régler un « différent » au sein d’un pouvoir explicitement clanique.

Les événements survenus au Togo les 12 et 13 avril 2009, marqués par une intervention de deux corps de l’armée togolaise, notamment la force d’intervention rapide, dirigée par Abalo Félix Kadanga (beau-frère des protagonistes) et le régiment des blindés dirigé par Rock Gnassingbé, frère du chef de l’Etat, mettent en lumière le rôle prépondérant de l’armée dans la vie politique togolaise. Ces événements rappellent ainsi que la crise politique togolaise est loin d’être résolue.

Il importe, à la lumière de cette nouvelle immixtion violente de l’armée dans la vie politique togolaise, de prendre la mesure des réformes nécessaires, préconisées par :

– le rapport de l’ONU publié en août 2005, sur les violences et les allégations de violations des droits de l’homme survenues au Togo avant, pendant et après l’élection présidentielle d’avril 2005. Rappelons que ce rapport recommandait :

o la réforme démocratique en profondeur de l’armée

o la révision de la Constitution

o un accord sur les conditions et les voies et moyens de l’organisation des prochaines élections présidentielles, législatives et locales

o la nécessité d’une réconciliation nationale fondée sur les principes de vérité, de justice et de réconciliation.

– l’Accord politique global relatif aux réformes constitutionnelles et institutionnelles nécessaires à la consolidation de la démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance.

Il convient de noter que la tentative de coup d’Etat alléguée du 12 avril 2009 intervient à moins d’un an des élections Présidentielles et dans un contexte où les discussions entre les acteurs politiques togolais en vue de concrétiser les réformes susvisées et d’aboutir à un cadre électoral acceptable pour un scrutin transparent, libre et démocratique sont tendues et bloquées.

Ainsi le communiqué de la HAAC du 17 avril 2009, limitant l’exercice du droit d’informer de la presse sous peine de sanctions, augure d’une volonté de ce pouvoir de fermer le jeu politique et de ne pas laisser libre cours à l’expression des suffrages au cours de la future élection présidentielle.

En tant qu’association de la société civile, Synergie-Togo ne saurait garder le silence face à la gravité des faits qui se déroulent dans le pays. Elle interpelle les autorités togolaises, notamment :
– Le Chef de l’Etat, afin que sa gestion de la crise supplémentaire liée aux événements des 12 et 13 avril 2009 soit conforme à ses déclarations et discours promettant le respect et la protection des droits humains et de la démocratie, au lieu d’ajouter à la défiance et au manque de légitimité liés aux conditions de son élection.
– l’Assemblée Nationale et les autorités judiciaires, afin qu’elles cessent de faire une interprétation et une application spécieuses des procédures et des lois de la République.

Synergie Togo interpelle la communauté internationale, notamment les bailleurs de fonds afin d’imposer au pouvoir en place un cahier des charges pour que la révision des listes électorales se réalise dans les délais les plus larges et selon les standards internationaux. Ils se doivent également de veiller, au titre de la garantie de bonne fin, au bon usage des fonds qu’ils avancent, ainsi qu’à la sincérité des résultats issus des scrutins qu’ils ont financés.

En outre, les bailleurs de fonds se doivent de s’assurer en toutes circonstances et notamment lors des élections :
– de la sécurité de l’ensemble des Togolais par un casernement effectif des forces armées togolaises (avant, pendant et après les scrutins), appuyée par une observation militaire internationale conséquente.
– du respect des libertés publiques, notamment de la liberté d’opinion et de manifester.

Synergie Togo affirme avec conviction qu’il n’y a meilleur rempart contre des tentatives de coups de force, supposées ou avérées, que la légitimité et la confiance accordées aux dirigeants (Président, députés, élus locaux, etc….) à l’issue d’un suffrage universel dont la qualité est incontestée ; C’est-à-dire libre, transparent, démocratique, ouvert à tous et ayant dégagé une majorité nette, et claire. Elle invite donc le Gouvernement et l’Assemblée Nationale à reprendre sans plus tarder les travaux d’une nécessité et d’une urgence impérieuses. Ces travaux doivent aboutir à des réformes constitutionnelles et institutionnelles, seules garantes d’élections crédibles, transparentes et démocratiques.

Fait à Paris le 01 mai 2009

Karl GABA
Porte-parole de Synergie-Togo