07/12/2022

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Plus de 20.000 personnes fêtent le retour de l’opposant Olympio à Lomé

LOME, 26 avr (AFP) – 20h54 – Plus de 20.000 personnes ont fêté samedi, dans la joie et le calme, le retour à Lomé, après quatre ans d’exil, de Gilchrist Olympio, principal opposant togolais au président Gnassingbé Eyadéma.

L’opposant, candidat déclaré à la présidentielle du 1er juin prochain, n’a pu franchir la frontière du Ghana voisin, d’où il est arrivé dans la matinée, qu’après trois heures de formalités policières au poste togolais de Kodjo-Viakopé.

« Mon passeport togolais ayant expiré, j’ai dû utiliser mon passeport ghanéen, ce qui n’a pas été facile », a expliqué à la presse M. Gilchrist.

Après les formalités de douane et de police, le cortège composé de quatre voitures s’ébranle vers la ville de Lomé, distante de seulement quelques kilomètres. A un carrefour, M. Olympio fait le V de victoire. Il est aussitôt reconnu par le public qui lui répond par des cris et des acclamations.

Aux cris de « Gilchrist Président » ou « Eyadéma signe ta démission », la foule brise le cordon de sécurité, assuré par plus de 50 gendarmes et policiers, pour accompagner la suite de l’opposant historique.

Les Zémidjans, les taxi-motos qui sillonnent la capitale, se sont eux aussi joints au cortège, se mêlant à la foule dans un vacarme mécanique assourdissant pour soutenir leur « candidat ».

Sur près de 10 km, femmes, jeunes, adultes, arborant tee-shirts et casquettes aux couleurs jaunes de l’Union des forces du changementformation de M. Olympio et principal parti de l’opposition) ont accompagné « leur président » jusqu’au stade du quartier populaire d’Ablogamé, où il a tenu un meeting en langue Ewé, une des ethnies du sud du Togo.

« Il a confirmé sa décision d’être candidat à l’élection présidentielle pour améliorer les conditions de vie déplorables des Togolais », traduit Vigno Hounkanly, instituteur, ravi du retour de M. Olympio « au pays » et venu prendre part au meeting avec toute sa famille.

« Gilchrist est notre candidat, si jamais on nous le retire, nous ne serons pas responsables de la suite », menace un militant, la tête entouré d’un foulard jaune à l’effigie de l’opposant.

Le général Eyadéma, au pouvoir depuis 36 ans, avait annoncé son intention de se retirer de la course à la présidentielle de 2003, conformément à la constitution. Mais le 30 décembre 2002, l’Assemblée nationale, dans laquelle il dispose d’une majorité écrasante, a modifié la constitution afin de lui permettre éventuellement de briguer un nouveau mandat. Il a été désigné samedi candidat par son parti, le Rassemblement du peuple togolais (RPT) mais ne s’est toujours pas officiellement prononcé sur son éventuelle candidature.

Les députés ont aussi modifié la constitution en y intégrant une disposition du code électoral qui prévoit que tout candidat à l’élection présidentielle doit avoir résidé au Togo pendant au moins douze mois avant le scrutin, ce qui exclut théoriquement Gilchrist Olympio de la course.

« Les dispositions dans la constitution ont été amendées par le parlement monocolore de M. Eyadéma », a estimé M. Olympio, à l’issue du meeting, avant de réaffirmer son intention d’être candidat.

« Si M. Eyadéma, de façon injuste, invoque des lois scélérates pour m’écarter ou me battre (…), nous prendrons les dispositions qui s’imposent », a-t-il ajouté.

M. Olympio, fils de l’ancien président président Sylvanus Olympio, assassiné en 1963, n’est pas retourné au Togo « depuis 1999 pour des raisons sécuritaires. Plusieurs fois condamné à mort par contumace, Gilchrist Olympio, a été blessé en 1992 dans un attentat au Togo.

L’opposant doit rentrer samedi soir au Ghana après avoir « pris contact avec la base et lui expliquer la situation », a-t-il indiqué.