28/09/2022

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Présidentielle togolaise: la bataille des «deux tours» a commencé

A trois mois de la prochaine élection présidentielle au Togo, l’opposition fait cause commune et se signale dans les rues de Lomé. Samedi dernier, en effet, des milliers de manifestants, issus de plusieurs partis politiques de l’opposition, ainsi que nombre de candidats à la consultation prévue pour le 28 février 2010, ont marché en faveur du rétablissement du mode de scrutin majoritaire uninominal à deux tours.

Une marche, organisée par l’Union des forces du changement (UFC) de Gilchrist Olympio, et qui se voulait à la fois démonstrative et déterminée. Un premier pari réussi pour l’UFC, qui a pu cristalliser la participation de plusieurs leaders de l’opposition autour de cette manifestation. On a ainsi pu noter, samedi dernier à Lomé, au cours de cette sortie de l’opposition, la présence de responsables politiques de haut rang, comme celles de Me Dodji Apévon du Comité d’action pour le renouveau (CAR), Claude Améganvi du Parti des travailleurs et Kofi Yamgnane de Sursaut-Togo. Il y avait aussi, dans ce transport unitaire pour un scrutin à deux tours, au lieu d’un seul tour actuellement, Tchessa Abi du Pacte socialiste pour le renouveau(PSR), Aimé Tchaboure Gogué de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (Addi), et Fulbert Attisso du Mouvement citoyen pour l’alternance(MCA).

L’objectif de cette sortie unitaire est clair: faire la preuve de la force de l’opposition, à l’élection présidentielle du 28 février 2010 en amenant le pouvoir dans un véritable face à face politique, en obtenant le retour du scrutin à deux tours, balayé en 2002. Pour des raisons électoralistes? Non, surtout pour des raisons financières, se défend-on du côté du pouvoir. «Le Rassemblement du peuple togolais, (RPT, parti au pouvoir), a porté atteinte aux principes démocratiques en modifiant le mode de scrutin en 2002, dénonce cependant Jean-Pierre Fabre de l’UFC, pour qui «il n’y aura pas de présidentielle au Togo sans un scrutin à deux tours». Et il n’est pas seul! Chaque leader politique présent y est allé de son petit argument, montrant qu’ils comptent bien se faire entendre et obtenir gain de cause…

C’est donc parti pour un cycle de manifestations en vue de la restauration du scrutin à deux tours au Togo. A trois mois d’un scrutin présidentiel crucial, dont l’importance aussi bien que l’enjeu n’échappe à personne, on peut dire que les grandes manœuvres politiques ont véritablement commencé dans ce petit pays de 56 000 Km², qui a basculé dans une indicible violence postélectorale lors du précédent rendez-vous électoral. La posture actuelle de l’opposition politique est d’autant plus expressive que, malgré ses divisions et ses querelles de clocher pour le contrôle du leadership, et alors qu’elle peine à se donner un candidat unique, qui défendra valeureusement ses couleurs au cours des prochaines consultations, elle vient de démontrer qu’elle est capable de s’unir autour d’une cause pour faire infléchir la position gouvernementale.

Certes, la marche du samedi dernier – qui sera suivie, affirme-t-on, de plusieurs autres manifestations pour faire plier le pouvoir – n’a pas encore déboulonné le mode de scrutin à un tour. Certes, rien ne dit qu’en face, une mobilisation plus grande de l’implacable machine électorale du pouvoir ne viendra pas contrecarrer les plans de l’opposition, mais, tout de même, le cliché est si rare dans un Togo de toutes les tempêtes politiques, pour ne pas le souligner fortement. Et, au-delà du Togo, ce sont tous ces pays – à l’image notable du Gabon – où des systèmes, stratégies et stratagèmes sont mis en place pour donner un coup de pouce à la mécanique électorale, qui entrent dans l’œil du cyclone.

L’avenir dira sans doute si la guerre des procédures mérite d’être menée. Pour l’heure, la bataille politique des «deux tours» ne fait que commencer et le facilitateur de la crise, le président du Faso, Blaise Compaoré, est plus que jamais interpellé…

Par Serge mathias Tomondji