28/06/2022

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Succession Eyadéma: appels fermes au respect de la Constitution

Les appels fermes au respect de la constitution au Togo, après le décès la veille du président Gnassingbé Eyadéma et l’annonce que l’armée togolaise avait décidé de « confier » le pouvoir à son fils, se sont multipliés dimanche.

Les premières, l’Union africaine (UA), les Nations unies et la Communauté ouest-africaine (CEDEAO) ont appelé les autorités togolaises à respecter la procédure de succession constitutionnelle.

La France, qui perd avec M. Eyadéma l’un des derniers dinosaures de son « pré carré » en Afrique de l’Ouest, a joint sa voix dimanche à ces appels pressants, estimant « indispensable le respect de la Constitution togolaise » et le « strict respect de la légalité ».

Le président Jacques Chirac avait présenté samedi ses condoléances à la famille du président togolais Gnassingbé Eyadéma en regrettant simplement la disparition « d’un ami de la France ».

Les Forces armées togolaises (FAT) ont décidé de « confier » le pouvoir à Faure Gnassingbé Eyadéma, fils du président togolais défunt, a annoncé dès samedi soir à la télévision le chef d’état-major.

Aussitôt, l’UA avait vivement réagi: « Ce qui est en cours au Togo, appelons les choses par leur nom, c’est une prise de pouvoir par l’armée, c’est un coup d’Etat militaire », avait déclaré le président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré.

« Il est clair que l’UA ne peut pas souscrire à une prise de pouvoir par la force, il est donc important qu’on en revienne au respect des règles constitutionnelles », a-t-il indiqué à l’AFP à Addis Abeba, où siège l’organisation.

Le président nigérian Olusegun Obasanjo, président en exercice de l’UA, a lui aussi réaffirmé dimanche, comme il l’avait fait la veille, que l’organisation « n’acceptera aucune transition non-constitutionnelle au Togo ».

Et le président sud-africain Thabo Mbeki s’est empressé, dans la foulée, d’apporter son « soutien » à cette position: « Le gouvernement sud-africain rejoint et fait sien l’appel de l’UA aux autorités togolaises afin qu’elles reviennent aux dispositions constitutionnelles qui gouvernent la succession du chef de l’Etat », a insisté M. Mbeki dans un communiqué.

Dimanche matin, le président de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), le chef de l’Etat nigérien Mamadou Tandja à son tour a également « condamné fermement cette prise du pouvoir anticonstitutionnelle (…) par l’armée togolaise, en violation des dispositions constitutionnelles » du pays.

Dans un communiqué à l’AFP, le président de la CEDEAO « réaffirmait l’attachement de la communauté » à ses principes qui s’opposent, notamment, aux « changements anticonstitutionnels de gouvernement en Afrique ».

La Constitution togolaise prévoit qu' »en cas de vacance de la présidence de la république par décès (…), la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président de l’Assemblée nationale ».

Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, exprimant « sa profonde tristesse » à l’annonce du décès du président togolais, a également appelé les autorités à assurer une transition « dans le respect de la constitution ».

Le commissaire européen au Développement et à l’action humanitaire, Louis Michel, a quant à lui appelé les dirigeants politiques du pays à « faire preuve de sérénité » et « à poursuivre le processus de dialogue déjà engagé ».

« Le peuple togolais et ses dirigeants doivent avoir un sens élevé de leurs responsabilités », a estimé de son côté le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, l’ancien président sénégalais Abou Diouf.

Le président ivoirien Laurent Gbagbo a déploré « une grande perte » pour l’Afrique de l’Ouest et la Côte d’Ivoire.

Enfin, le roi Mohammed VI du Maroc a adressé ses condoléances à Faure Gnassingbé, « président de la République togolaise », selon l’agence marocaine