06/10/2022

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Togo: Appel à la vigilance face à la nouvelle mascarade électorale!

APPEL A LA VIGILANCE DU PEUPLE TOGOLAIS,
FACE A LA NOUVELLE MASCARADE ELECTORALE EN COURS DE PREPARATION !

Le 14 mai 2007, s’est tenue à Ouagadougou, la sixième session du Comité de suivi de l’Accord politique global (APG) signé le 20 août 2006, à Lomé qui a décidé du report de la date des élections législatives du 24 juin au 5 août 2007. Suite à cette réunion la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a tenu, à Lomé, le 18 août 2007, une réunion avec les partis politiques suivie d’une Conférence de presse au cours desquelles il a été, pour l’essentiel, annoncé que les opérations de recensement électoral débuteraient le 8 juin pour se terminer le 8 août 2007. Sur toutes les questions qui sont posées, le Parti des travailleurs tient, par le présent Appel, à faire connaître sa position.

Sur la question de l’impunité :

Notant que le Communiqué publié à la fin des travaux de la session du Comité de suivi indique au sujet « du traitement de la question de l’impunité » que « le Comité a demandé qu’un rapport exhaustif soit fait par le Gouvernement à l’occasion de sa prochaine session » dont la tenue a été fixée au « lundi 11 juin 2007 à Ouagadougou » le Parti des travailleurs tient d’abord à constater qu’il s’agit d’une manœuvre dilatoire sur une question cruciale dont la solution est pourtant urgente pour apaiser les populations préalablement à tout processus électoral.

Face à cette situation, le Parti des travailleurs en appelle à la vigilance des travailleurs, paysans et jeunes togolais pour constater à nouveau avec lui qu’il n’a jamais cessé de dénoncer dans l’APG signé le 20 août 2006 un accord destiné à garantir l’impunité et une fausse légitimité au régime du RPT qui, sous la direction de Faure Essozimna GNASSINGBE, a été monarchiquement imposé au peuple togolais au décès de son père, Etienne GNASSINGBE Eyadéma par les deux coups d’Etat, militaire du 5 février 2005 et électoral des 24/26 avril 2005. Il renouvelle par conséquent son appel aux populations à se mobiliser pour exiger que les auteurs et commanditaires des crimes abominables commis lors de ces coups d’Etat soient déférés devant les tribunaux pour que justice soit rendue aux plus de 1 000 citoyennes et citoyens innocents lâchement assassinés par l’armée, la gendarmerie, la police et les milices du RPT.

Il réitère sa position que la question de l’impunité soit préalablement réglée avant la tenue de toute nouvelle échéance électorale au Togo afin d’éviter que des assassins patentés et autres auteurs de crimes économiques n’aillent narguer le peuple togolais à l’Assemblée nationale du haut de l’immunité parlementaire dont le régime RPT se prépare à les faire sciemment bénéficier en les faisant élire frauduleusement pour les protéger. N’est-ce pas le cas pour le Major KOULOUNE dont la candidature est annoncée pour le compte du RPT aux prochaines législatives alors qu’il est mis en cause dans la planification des massacres de l’année 2005 à Atakpamé qui ont occasionné plus de 300 morts et de Payadoa BOUKPESSI dont la candidature est annoncée pour le compte du RPT à Sotouboua alors que, limogé du ministère de l’Economie et des Finances, il est publiquement mis en cause dans l’organisation de malversations financières portant sur plusieurs dizaines de milliards de F CFA ?

Une nouvelle mascarade électorale avec élections législatives annoncées :

Le Parti des travailleurs qui a enregistré que « Le Comité de suivi a également entendu une communication de la CENI sur le déroulement de ses activités et en particulier la présentation d’un chronogramme (…) qui prévoit la tenue des élections législatives le 05 août 2007 », constate que cette décision de report met en lumière l’irresponsabilité et la grande légèreté par lesquelles Faure Essozimna GNASSINGBE a pris sur lui de modifier unilatéralement la date de ces élections. En effet, initialement prévues au mois d’octobre 2007, il avait décidé de les ramener au 24 juin 2007 alors que les signataires de l’APG avaient pourtant annoncé avoir requis l’avis d’experts sur les questions électorales pour fixer cette date initiale. Il était à l’époque question pour Faure GNASSINGBE de redorer son blason sanglant terni aux yeux de l’opinion internationale en se soumettant aux diktats de ses maîtres impérialistes devant lesquels il a fait cette annonce, en septembre 2006, à Bruxelles, après avoir été reçu par Louis MICHEL, le Commissaire européen au développement de l’Union européenne et, à Paris, après avoir été reçu par Jacques CHIRAC, alors président de la République française.

Alors que le Parti des travailleurs n’a cessé d’exiger, sans succès jusqu’alors, le report des élections législatives après avoir démontré qu’il était impossible d’en assurer l’organisation transparente et la sérénité à la date du 24 juin 2007, force est de constater aujourd’hui que la précipitation imposée à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) par le RPT, n’a pour autre objectif secret que d’imposer un processus électoral bâclé conduisant à une nouvelle mascarade électorale. Il apparaît en effet de plus en plus évident que si cette manœuvre avait réussi, une indescriptible pagaille aurait marqué, en amont, les opérations de révision des listes électorales et de distribution des cartes d’électeurs à la faveur de laquelle le RPT aurait eu toute la latitude d’orchestrer, en aval, ses habituelles manipulations et fraudes massives le jour du scrutin suivi par son coup de force électoral le jour de la proclamation des résultats.

Quant au report des élections législatives au 5 août 2007 et à la faisabilité des opérations de recensement électoral du 5 juin au 5 juillet 2007, le Parti des travailleurs constate qu’ils sont totalement impossibles et irréalistes car :

1°) même la dernière Session du Comité de suivi du 14 mai reconnaît que « la CENI a relevé des contraintes techniques, logistiques, financières et humaines dont la levée s’avère indispensable pour la bonne exécution du processus électoral », ce qui veut dire en clair que la CENI n’étant pas prête, le maintien de la date du 5 août ne relèverait que d’un coup de force !

2°) n’ayant toujours pas bouclé son budget estimé à 18 milliards de F CFA, la CENI n’a-t-elle pas annoncé, elle-même, qu’elle ne peut « respecter ce chronogramme (qu’) à condition que le Gouvernement togolais et ses partenaires » mettent à sa « disposition (…) sans délai, les moyens techniques, financiers et logistiques nécessaires » (Cf. déclaration liminaire à la Conférence de presse du 18 août 2007) ? Alors que les insurmontables difficultés financières de la CENI ont déjà occasionné une grève des informaticiens en formation à l’utilisation des kits informatiques qui menacent encore de reconduire leur mouvement n’ayant toujours pas obtenu entièrement satisfaction sur leurs revendications, comment est-il possible de faire des élections sans disposer des « moyens techniques, financiers et logistiques » permettant de les organiser ?

3°) la seule publication, à ce jour, d’un chronogramme du recensement électoral (8juin – 8 juillet 2007) étant notoirement insuffisante, la crédibilité du maintien des législatives à la date du 5 août 2007 est d’ores et déjà entachée de suspicion de mascarade électorale en l’absence d’un chronogramme général sérieux présentant clairement les tâches de préparation depuis le recensement électoral jusqu’à la publication des résultats ;

4°) le logiciel informatique en cours d’élaboration par la société ZETES pour faire fonctionner les kits devant servir au recensement électoral n’étant toujours pas prêt alors qu’il reste encore à subir de nombreux tests et séances de formation pour les utilisateurs une fois terminé, il est hasardeux d’envisager la tenue effective des législatives à la date du 5 août 2007 ;

5°) de l’avis de tous les experts sur les questions électorales, un délai minimum de 5 mois est indispensable pour organiser des élections dans des conditions normales entre le début des opérations de révision des listes électorales et la tenue effective du scrutin. Ce qui signifie que si les opérations de révision des listes électorales devaient commencer à la date du 8 juin 2007 comme annoncé, les législatives envisagées ne pourraient avoir lieu, au plus tôt, que le 8 novembre 2007 et non le 5août 2007, c’est-à-dire trois mois plus tôt !

6°) avec la crise énergétique qui s’aggrave de jour en jour, l’entêtement de la CENI à précipiter la tenue des élections législatives dans un pays soumis aux délestages quotidiens d’énergie électrique allant, parfois, jusqu’à 24 heures ne peut que créer des conditions favorables aux fraudes massives déjà trop connues des citoyens togolais ;

7°) le non achèvement à ce jour, de la refonte de certaines institutions ou textes indispensables au processus électoral (Cour constitutionnelle, Code électoral, etc.) annonce un processus délibérément bâclé pour imposer les desiderata du RPT.
Pour toutes ces raisons, il apparaît donc évident que le système RPT, qui n’a jamais organisé des élections libres, démocratiques, transparentes et sans violence au Togo, s’est d’ores et déjà engagé sur la voie d’une nouvelle mascarade d’élections législatives au Togo. A cette fin, il semble avoir déjà réussi à transformer la CENI, avec la complaisance ou la caution coupable des partis se réclamant de l’opposition qui en sont membres, en une chambre d’enregistrement de son nouveau coup de force en préparation contre le peuple togolais, à l’instar de l’Assemblée-mouton RPT.
Personne ne doit être dupe : l’objectif politique manifestement visé par le nouveau coup de force électoral en préparation est de tenter de parachever une fausse légitimation du pouvoir de Faure Essozimna GNASSINGBE, discrédité tant au plan national qu’international après les massacres de l’année 2005 grâce auxquels il a été imposé à la tête de l’Etat togolais.

Le Parti des travailleurs appelle le peuple togolais à la vigilance et à se tenir prêt et mobilisé pour déjouer ce nouveau coup de force électoral en préparation, véritable plan machiavélique destiné à le maintenir indéfiniment sous le joug du clan des GNASSINGBE, au pouvoir depuis plus de 40 ans.

Restant attaché à l’organisation d’élections libres, transparentes, démocratiques et dans la paix permettant de faire respecter le droit du peuple togolais à choisir librement ses propres représentants, ce que l’actuel processus électoral confié à la CENI ne peut nullement garantir, le Parti des travailleurs exige que les élections législatives annoncées à la date du 5 août 2007 soient purement et simplement annulées.

Lomé, le 23 mai 2007
Pour le Parti des travailleurs
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI