03/12/2022

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Togo: Appel pressant à Gilchrist Olympio

APPEL PRESSANT AU PERE DE LA DEMOCRATIE TOGOLAISE

A l’attention
Du Président Fondateur de l’UFC, Père de la Démocratie Togolaise,
Avec ampliation
Au candidat de l’UFC et du FRAC à l’élection du 4 mars 2010,
Au Bureau National de l’UFC

Dans la tradition multimillénaire de l’Afrique, le berceau de la technologie de la métallurgie du fer depuis cinq mille ans, la tâche et la mission de « l’apprenti forgeron » est « d’attiser le feu » (« woa po zo » comme on le dit en éwé) de la forge, pour permettre au « maître forgeron » de « battre le fer pendant qu’il est chaud », de lui asséner avec un rythme soutenu les coups nécessaires pour « plier le fer à sa volonté de faire » et pour en tirer les produits de sa conception et de sa décision.

Conformément à cette tradition des plus vénérables, permettez-moi de revenir à la charge, à la suite de ma « proposition stratégique », pour m’acquitter avec zèle de ma tâche et honorer dignement ma mission « d’apprenti forgeron », plus exactement de « Ezo po to » (« Attiseur du feu » dans une traduction mot à mot en français), pour vous permettre de vous acquitter avec efficacité de votre tâche et honorer avec la dignité attendue du « Père de la Démocratie Togolaise » votre mission de « maître forgeron » de « Démocratie Togolaise », en particulier de la « Révolution Pacifique Togolaise », dont il est plus que jamais urgent de « battre le fer pendant qu’il est encore chaud ».

Avant d’arriver à mes nouvelles « propositions concrètes et urgentes », permettez tout d’abord à « Ezo po to » de vous rappeler que, compte tenu de la persistance exceptionnelle des mobilisations hebdomadaires d’une bonne partie des habitants de Lomé, pour contester « le pouvoir illégal et illégitime » de Monsieur Faure Gnassingbé, malgré la mascarade de son « parjure du 3 mai » et la trahison de certains membres du « syndicat des chefs d’Etats Africains », menés par « le Caïn Burkunabé » dont la main est entachée à jamais du sang de son frère « l’Abel Burkinabé », et compte tenu du brouhaha de plus en plus sonore des incompréhensions suscitées par vos initiatives et vos « non initiatives » les plus récentes, en tant que « Père incontesté de la Démocratie Togolaise » comme je l’ai récemment soutenu à la face du monde à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance du « Pays de nos Aïeux », vous êtes « tout un symbole » et en tant que tel vous n’avez pas le droit de « piétiner votre propre symbole ». Permettez-moi d’ajouter que, au stade ultime actuel du combat de toute votre vie, « le Père de la Démocratie Togolaise », contrairement à d’autres acteurs de la politique togolaise, « n’a plus droit à l’erreur », notamment à « l’erreur d’être mené en bateau » par les « maîtres de la duperie et de la duplicité », les « maîtres du mensonge et de l’homicide », dont il est fatal de sous-estimer le pouvoir de tromperie et de nuisance, et qui constituent une « véritable engeance spirituelle et politique du Diable » décrite à merveille par la sagesse et la pertinence de l’Evangile en ces termes d’une actualité togolaise étonnante : « Vous, vous avez le Diable pour père, et ce sont les convoitises de votre père que vous voulez accomplir. Celui-ci est homicide depuis la fondation du monde… Quand il dit le mensonge, il le tire de son propre fond, car il est menteur et père du mensonge » (Jean 8,44).

Vous savez mieux que moi que la sagesse universelle nous enseigne que « tel père, tel fils », et que la sagesse de chez nous nous enseigne que « akpavi mou dzi na adeweo » (« la carpe n’engendre pas la silure » traduirait-on en français), en particulier que « la dictature ne peut engendrer que la dictature, et jamais la démocratie, ni même la « démocrature », et donc que l’avènement de la démocratie au Togo suppose, non pas la transformation de l’intérieur de la dictature qu’elle dise son nom ou pas, mais sa « mort subite », son « abolition pure et simple », « sans le compromis de quelque compromission que soit », donc par un processus inévitable et irréversible de « révolution pacifique » comme il y a cinq ans en Ukraine, après la Tchécoslovaquie en 1989. Le bien fondé et l’infaillibilité de cette « révolution pacifique » ne sont plus à être démontrés, mais attendent d’être officiellement proclamés à la face du monde par le Père de la Démocratie Togolaise.

Permettez encore à « Ezo po to » de vous rappeler que celui qui a dit « apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11,29), ne pouvant plus supporter les profanations à répétitions des principes sacrés du vrai culte à rendre à Dieu, finit par user de son autorité moral pour mettre fin de manière énergique, catégorique et sans compromission à l’inadmissible, avec la force tranquille et irrésistible de « la violence des pacifiques », comme le rapportent les évangiles en ces termes qui je prête à votre méditation : « Jésus entra dans le Temple et chassa tous les vendeurs et acheteurs qui s’y trouvaient : il culbuta les tables des changeurs, ainsi que les sièges des marchands de colombes, en leur disant : « Il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites un repaire de brigands » » (Matthieu 21,12-13). Si Jésus pouvait revenir sur terre aujourd’hui et visiter « son peuple au Togo », « les Enfants de Dieu », littéralement « les Adja viwo » en éwé, comme le disaient de manière prémonitoire nos ancêtres, Il n’hésiterait pas à faire preuve de la même intransigeance vis-à-vis de ceux qui ont usurpé et confisqué depuis près d’un demi siècle le gouvernement de son peuple au Togo en leur disant : « vous avez fait du gouvernement de mon Peuple un repaire de brigands, une association de malfaiteurs, au lieu d’un modèle de serviteurs de l’Etat, de serviteurs de la Mâat ».

Permettez encore à « Ezo po to » de vous rappeler que, comme viennent de le faire une forte délégation de femmes de l’UFC, même la Mère de Jésus vous invite à méditer sur le recours ultime et inévitable à « la logique révolutionnaire » dont elle se fait « le chantre » dans son célèbre cantique du « Magnificat », auquel « la chanson de combat du démocrate togolais », « Fofo si nousin lé », est un vivant et vibrant écho : « Le tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses, saint est son nom. Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe. Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles. Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides » (Luc 1,49-53).

Pour entrer maintenant dans le vif du sujet, vous savez mieux que moi que depuis que le génie maléfique de Charles Debbasch a trafiqué a plusieurs reprises la constitution togolaise de 1992, le Premier Ministre togolais n’a aucun pouvoir propre et n’est qu’un membre subalterne du cabinet du président où sont confisqués à dessein tous les pouvoirs de décision, de financement et surtout de manipulation des forces armées, comme en ont amèrement fait l’expérience les Premiers Ministres de Faure Gnassingbé issus de l’opposition, Edem Kodjo et Yawovi Agboyibor. Compte tenu de ces expériences cuisantes, même des négociations entre l’UFC et le « président illégitime et illégal du Togo » dont un des objectifs minimaux seraient la « nomination illégal et illégitime» d’un Premier ministre issu de l’UFC, doté d’une « feuille de route âprement négociée » mais dont il ne disposera jamais des moyens de la mise en oeuvre, sont vouées d’avance à se révéler immanquablement « un marché de duperie et de duplicité » dans le piège duquel il serait fatal au « Père de la Démocratie Togolaise » et à tout l’UFC de tomber.

A la lumière de cette réalité politique indéniable, qui ne relève pas de la politique fiction, mais d’expériences politiques déjà vécues, après la nomination par le « président illégitime et illégal du Togo » le 14 mai dernier du nouveau Premier Ministre togolais issu du RPT, sans concertation préalable avec ceux qui avaient déjà annoncé à la face du monde leur disposition à négocier une telle nomination en faveur de l’UFC, les négociations entre le « Père de la Démocratie Togolaise » et le « président illégitime et illégal du Togo » portant sur des « strapontins » concédés à l’UFC dans un gouvernement tout aussi « illégal et illégitime » est déjà pour le « Père de la Démocratie Togolaise » une manière de « piétiner son propre symbole », comme les militantes de l’UFC et même « les femmes du marché » l’ont ressenti et le lui ont fait savoir le 18 mai 2010, faisant ainsi preuve d’une conscience et d’une intelligence politique remarquables. Les négociations dans ces conditions humiliantes corroborent tristement le mépris affiché par le Dictateur Père togolais vis-à-vis des hommes politiques togolais en disant : « les hommes sont comme des poules à qui il suffit de jeter des grains par terre pour qu’ils se précipitent pour les picorer ».

Cette situation est d’autant plus déplorable que cette option des « négociations à n’importe quel prix » n’est pas la seule pièce stratégique à jouer actuellement avec clairvoyance et efficacité par l’UFC sur l’échiquier politique togolais. La pièce qui de loin reste la pièce maîtresse est celle de la contestation populaire durable et impressionnante, comme l’a encore prouvé la manifestation du samedi 15 mai 2010, qui attend le renfort du « Père de la Démocratie Togolaise » pour être amplifiée et transformée en une « révolution pacifique ».

Dans cette perspective, et conformément à mes suggestions dans la « proposition stratégique », le premier acte politique décisif qui aurait été à la hauteur du « Père de la Démocratie Togolaise », ce n’est pas de s’humilier une fois de plus devant le « Caïen Burkinabé », qui n’a pas hésité à jeter son masque de « faux médiateur dans la crise togolaise » dès le lendemain de la proclamation illégale et illégitime des résultats frauduleux de l’élection du 4 mars 2010 par le président de la CENI, un minable conseiller technique du minable homme de main du Dictateur Fils togolais, ex-fraudeur des examens de l’Université de Lomé, en violation flagrante de la constitution togolaise prévoyant l’examen des plaintes éventuelles par le Conseil Constitutionnel togolais avant la proclamation définitive de ces résultats. Ce premier acte, ce n’est pas non plus de s’humilier devant le minable « Monsieur Fraude », mais de prendre publiquement acte de rejet par ce dernier, avec la nomination du nouveau Premier Ministre, de la proposition officielle de négociations dignes et sérieuses faite par le président national de l’UFC le 30 avril 2010 sur RFI, comme un gage supplémentaire de la bonne foi, de l’ouverture d’esprit de celui qui, il y quelques semaines encore, était présenté à la face du monde comme uniquement animé par la haine personnelle de vengeance de l’assassinat de son père.

Dans cette perspective, et conformément à mes suggestions dans la « proposition stratégique », le second acte politique décisif qui aurait été à la hauteur du « Père de la Démocratie togolaise », qui doit donner les gages suffisants de la sincérité de ses convictions démocratiques en commençant par les appliquer dans son propre parti, est de prouver qu’il a suffisamment écouté et entendu les demandes explicites et pressantes du bureau national de son propre parti, ainsi que de la base de son propre parti et de son électorat, pour enfin lancer un appel solennel à l’amplification du mouvement populaire durable actuel de contestation de « la légalité et de la légitimité du pouvoir issu de l’élection frauduleuse du 4 mars 2010 », et à la transformation consommée de ce mouvement en la « révolution pacifique » jusqu’à la libération complète, par « la violence des pacifiques », selon la formule de Frère Roger de Taizé dans le titre d’un de ses livres, du peuple martyr togolais du joug de la dictature héréditaire de près d’un demi siècle.

Pour terminer, que le « Père de la Démocratie Togolaise » permette à « Ezo po to » de lui rappeler, à la suite des « militantes de l’UFC » et des « femmes du marché », que « il n’est jamais trop tard pour bien faire », et que dans la perspective inéluctable du rejet officiel du bureau nationale de l’UFC des « propositions indécentes » des « strapontins dans un gouvernement illégitime et illégale de la fraude, de la honte, de la médiocrité, du parjure des principes multiséculaires africains de la Mâat », « dans un repère de brigands » comme dirait Jésus, et dans l’obligation morale du « Père de la Démocratie Togolaise » de respecter les principes inviolables de la démocratie dans sa propre maison avant de vouloir le faire dans tout le « Pays de nos Aïeux », il est plus que urgent de poser enfin les deux actes politiques majeurs en question, ne serait-ce que pour honorer votre stature de « Père incontesté de la Démocratie Togolaise », pour honorer la mémoire sacrée du « Père de l’Indépendance Togolaise », au lendemain du cinquantenaire du demi siècle de l’indépendance du « Pays de nos Aïeux », ainsi que la mémoire toute aussi sacrée des milliers de martyrs de la démocratie togolaise sacrifiés sur l’autel du pouvoir maléfique du Dictateur Fils togolais entaché à jamais du sang de ce péché originel.

Pascal Kossivi ADJAMAGBO
20 mai 2010