28/09/2022

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Togo : Commémoration de l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO

Par Vénavino D’ALVEZ

Il y a 45 ans, au matin du 13 janvier 1963, Sylvanus OLYMPIO, le dirigeant de la lutte pour la conquête de l’indépendance nationale et premier président démocratiquement élu au Togo lors des élections du 9 avril 1961, était lâchement assassiné par Etienne GNASSINGBE Eyadéma, membre d’un contingent de demi-soldes démobilisés de l’armée coloniale française, à la fin des guerres d’Indochine et d’Algérie. A l’occasion du 45e anniversaire de ce lâche assassinat, diverses manifestations ont eu lieu, organisées par l’Union des forces de changement (UFC), parti dirigé par Gilchrist OLYMPIO fils de son père Sylvanus, qui a repris le flambeau du Comité de l’Unité togolaise (CUT), parti qui a combattu pour la conquête de l’indépendance nationale: Ablodé.

Le mercredi 9 janvier 2008, une exposition de photos sur la vie de Sylvanus OLYMPIO, est organisée au siège de l’UFC. Le jeudi 10 janvier, une Conférence de presse animée par Gilchrist OLYMIO se tenait au même endroit. A cette occasion, Gilchrist Olympio a mis l’accent sur l’importante question de la nécessité d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur l’assassinat du père de l’indépendance du Togo. Répondant à la question d’un journaliste, il déclara : « Nous n’avons que le témoignage de M. Gnassingbé Eyadéma : « Quand je disais je suis l’assassin, j’ai tiré à balles dans la poitrine du président de la République et je l’ai achevé à l’arme blanche. Voilà les techniques que nous avons apprises en Indochine et en Algérie. » Nous, nous disons que jusqu’à preuve du contraire, nous le tenons pour responsable de ce meurtre. Et en 45 ans, nous n’avons pas eu une commission d’enquête sur les circonstances de l’assassinat du premier président. Personne n’a été traduit en justice, et 45 ans après, on nous dit nous allons encore fêter le 13 janvier dans les casernes. Je crois qu’ils ont distribué 100 000 francs à chaque militaire. C’est peut-être pour fêter le 13 janvier, je n’en sais rien. Donc, il y a encore un long chemin à faire. Il ne faut pas oublier que le 13 janvier 1963 est une date historique. »

Diverses interviewes et émissions animées par Gilchrist OLYMPIO, notamment celle qu’il a faite en mina sur la radio Nana FM, le lendemain, vendredi 11 janvier, ont également contribué à donner un cachet spécial à la commémoration de cet assassinat. Le même jour, une projection de film sur la vie de l’illustre Président Sylvanus Olympio avait lieu, dans la soirée, au Centre d’éducation spirituelle pour l’apostolat des laïcs (CESAL), dans l’enceinte du petit séminaire de Tokoin. Le samedi 12 janvier, le parti des travailleurs de Claude Améganvi, organisa une Journée-débat au CESAL, sous le thème : « L’assassinat de Sylvanus OLYMPIO et la question de l’impunité au Togo ». Cette manifestation se déroula en deux temps : dans la matinée, un exposé sur « La vie et le combat de Sylvanus OLYMPIO » fut présenté par Godwin TETE, l’écrivain qui a consacré nombre d’ouvrages à l’histoire du Togo. Dans l’après-midi, Claude AMEGANVI, le secrétaire chargé de la coordination du Parti des travailleurs exposa sur « La question de l’impunité au Togo depuis l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO », avant la projection d’une vidéo sur les deux thèmes. L’affluence record et la richesse des débats qui ont suivi à chaque fois les deux exposés témoignèrent de la soif de la jeunesse togolaise d’apprendre à connaître l’histoire de la lutte qui s’est menée pour l’indépendance de son pays et constituent un facteur d’espoir quant à la disponibilité de cette jeunesse à assumer ses responsabilités historiques dans l’avenir.

Dans la soirée du samedi, une veillée funèbre à la mémoire de Sylvanus OLYMPIO fut organisée au siège de l’UFC. Le lendemain, 13 janvier, l’UFC appela à rendre hommage à la mémoire de Sylvanus OLYMPIO par un rassemblement sur sa tombe à Agoué, au Bénin, comme elle le fait régulièrement depuis plusieurs années. Au nom du Bureau national de l’UFC, Patrick LAWSON, vice-président du parti prit la parole pour rendre
successivement hommage à la mémoire de Sylvanus OLYMPIO et de son épouse Dina, à KAO Théophile, un fervent militant du CUT contraint à l’exil au Bénin où il est décédé et au démocrate combattant Bertin Foly, directeur de publication du journal La Parole, disparu dans les années 1990, après avoir dignement participé au combat pour l’avènement de la démocratie au Togo initié par le soulèvement populaire du 5 octobre 1990. C’était émouvant de voir les militants de l’UFC, bras droits tendus, chantant « Mia Dégnigba », la chanson solennelle du serment, sur chaque tombe, en guise de renouvellement du serment de fidélité au combat des vieux militants nationalistes du CUT.

On retiendra que, alors que Faure GNASSINGBE et ses séides du RPT faisaient la « fête » pour « célébrer » l’anniversaire de l’assassinat du premier président démocratiquement élu du Togo, la commémoration de ce 45e anniversaire fut un événement particulier à tous les égards. Incontestablement, le fait qu’elle intervienne l’année même de la commémoration du 50e anniversaire de la victoire électorale de l’« Ablodé », le 27 avril 1958, n’y est certainement pas étranger. Nul doute donc qu’elle constitue, pour cette commémoration, un bon présage.

La rédaction letogolais.com

A VISIONNER:
[Sylvanus Olympio face aux journalistes de NBC News (Etats-unis)->http://www.dailymotion.com/related/6728880/video/x407yp_archives-togo-sylvanus-olympio-nbc_politics]