03/10/2022

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Togo: Comment marginaliser Olympio ?

L’ouverture politique togolaise s’opère à petites doses avec en perspective la marginalisation, voire l’implosion, de l’UFC de Gilchrist Olympio. Analyse.

Longtemps « travaillé » par ses pairs d’Afrique francophone, le président Faure Gnassingbé a fini par désigner, le 20 septembre, l’opposant Yawovi Agboyibo à la tête d’un « gouvernement d’équilibre » de 34 membres, censé préparer les élections législatives de 2007, indispensables pour renouer avec les partenaires étrangers… Il manque toutefois à cet attelage le parti « radical » de l’opposition, l’UFC de Gilchrist Olympio, qui a renié son vice-président, Amah Gnassingbé, nommé ministre d’Etat sans portefeuille.

En réalité, l’intérêt de ce nouveau cabinet est ailleurs. Selon nos informations, il s’agit de constituer après les législatives un mouvement politique allant du RPT (parti au pouvoir) au CAR d’Agboyibo en passant par la CPP de l’ex-premier ministre Edem Kodjo. Un mouvement qui devrait marginaliser pour de bon la formation d’Olympio et l’allié de ce dernier, Léopold Gnininvi, devenu ministre d’Etat aux mines et à l’énergie.

En attendant, le président togolais marque de son empreinte cette équipe. D’abord son frère, Kpatcha Gnassingbé, est maintenu à la défense et continue de suivre la « très florissante » Sazof (zone franche) par l’entremise de son cousin Bernard Walla, nommé ministre des PME et de la promotion de la zone franche. Pour contrôler les élections de 2007, « Faure » a choisi à la sécurité le commandant de sa propre garde, le colonel Atcha Titikpina, qui avait été indexé par le rapport de l’ONU sur la répression ayant suivi la présidentielle d’avril 2005. En guise d’ouverture, Titikpina sera épaulé par deux ministres : Séléagodji Ahumey-Zunu, un poulain d’Edem Kodjo, nommé à l’administration territoriale, et Ouro Bossi Tchacondoh, un proche d’Agboyibo, chargé des collectivités locales.

Le ministère des finances demeure dans les mains sûres du « parent » Payadowa Boukpessi. Ainsi que le département clé de l’équipement, des transports, des postes et télécommunications et des innovations technologiques, ramené à la présidence, et qui est contrôlé par Kokouvi Dogbé, un ancien condisciple du chef de l’Etat.

Enfin, si la justice reste également sous le joug d’un autre ami de « Faure », Sela Polo, le premier ministre devra pour sa part se contenter du département de la communication dirigé par un membre de son parti, Gahoun Egbor, également porte-parole du « gouvernement d’équilibre ».

La Lettre du Continent N° 502 28/09/2006