06/10/2022

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Togo : de l’indécence à parler d’un gouvernement d’union nationale

Par Vénavivo D’ALVEZ

Depuis les élections du 14 octobre 2007, les révélations s’accumulent sur l’ampleur des fraudes et manipulations organisées par le RPT sur le territoire national, surtout dans les régions septentrionales du Togo. La CENI apparaît ouvertement comme étant à la botte du clan Gnassingbé et du pouvoir RPT. Alors que les recours des candidats lésés pleuvent à la Cour constitutionnelle en attendant que celle-ci statue en toute objectivité et publie les résultats définitifs, une indécente agitation se développe au sujet de la formation et de l’éventuelle participation à un gouvernement d’union nationale.

Pressés d’aller à la soupe gouvernementale, les opportunistes de tous bords abreuvent la presse de déclarations proposant leurs services aux usurpateurs des élections sans se soucier de la victoire du peuple et de la bataille à mener pour l’imposer. Dans ce festival de faux-culs, la CDPA de Léopold GNININVI, dès la fin du scrutin du 14 octobre se fendait d’une déclaration félicitant « les vainqueurs ». L’opinion n’a pas manqué de voir dans cette précipitation de la CDPA, un appel du pied au RPT pour qu’il la maintienne dans le gouvernement d’union nationale. Est-ce sur les diktats du RPT, leur « patron » de fait ou de leur propre initiative, qu’emboîtant le pas à la CDPA, les autres partis (CPP, CAR, PDR, NDP, NID) ont à leur tour félicité le RPT pour sa « victoire » et demandé la reconduction d’un gouvernement d’union nationale.

Dans son édition du 22 octobre 2007, Golfe Info rappelle que : « Lors d’un entretien télévisé du 19 octobre 2007, Me Georges Gahoun Hégbor, premier vice-président du CAR a indiqué que sa formation politique est disposée à entrer dans un gouvernement d’union nationale si c’est le souhait du chef de l’Etat ». Toutefois, il a indiqué que cette entrée se fera à la suite de discussions qui permettront aux différents partenaires, notamment le RPT et le CAR, de s’entendre sur un projet commun de gouvernement. Pour Me Hégbor, « il est trop tôt pour que le Togo qui sort à peine d’une décennie de crise politique se lance dans le jeu classique de la démocratie qui veut que la majorité gouverne et que la minorité s’oppose. »

Ils sont également légion les responsables de la société civile, des groupuscules et des partis nouvellement crées qui multiplient des déclarations sur la nécessité de reconduire un « gouvernement d’union nationale » élargie. C’est le cas de Nicolas LAWSON, président du PRR (Parti du renouveau pour la rédemption), qui lors d’une Conférence de presse le 25 octobre 2007, « a affirmé que le PRR est prêt à participer au futur gouvernement si on lui fait appel, mais à condition que celui-ci ait un programme défini, qui prend en compte les besoins des populations ».

Que sous-entendent les propos de Patrick Lawson, responsable de l’Union des forces de changement (UFC), interviewé le 24 octobre 2007 par la Télévision togolaise (TVT): « Nous voudrions que, si gouvernement d’union il doit y avoir, les conditions soient clairement définies…..l’UFC peut s’inscrire dans l’opposition, l’UFC peut également décider de former un gouvernement en alliance avec d’autres. L’UFC peut prendre part à un gouvernement d’union nationale mais pas à n’importe quelle condition. Ceux qui l’ont essayé, ont compris que les populations nous surveillent et n’acceptent pas qu’on rentre dans n’importe quoi. Il faut qu’on sache où on va. Quand on va dans un gouvernement d’union nationale, c’est pour créer les conditions de la reconstruction du pays. Ce n’est pas pour faire croire que tout va bien. »

Pour l’heure, l’Alliance de DAHUKU Péré reclame l’annulation et la reprise du scrutin dans les circonscriptions électorales où les fraudes ont été par trop flagrantes; l’UFC qui se borne juste à revendiquer un « recomptage des bulletins nuls »; les partis membres du gouvernement de Yaowi Agboyibor se réjouissent de la victoire usurpée du RPT. Que cachent tous ces atermoiements ?

Quels que soient les résultats finaux publiés par la cour constitutionnelle, le mérite de ses législatives aura été la clarification du paysage politique togolais. Comme le disaient si bien les leaders politique eux-mêmes, on sait et on va savoir maintenant QUI est QUI !

La rédaction letogolais.com