09/12/2022

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Togo Debout ! La lutte doit continuer ! par Tété Godwin

« On peut s’entendre avec l’adversaire sur des broutilles, mais on ne peut s’accorder avec lui sur des questions de vie ou de mort » (Léon Trotsky, Histoire de la révolution russe. Editions du Seuil, éd. de 1962, p. 352).

« Ni pleurnicher, ni ricaner, ni gémir, ni se lamenter, mais seulement comprendre ! » (Godwin Tété – paraphrasant Léon Trotsky)

Entrée en matière

À l’heure actuelle, les patriotes togolais militants sont, à n’en point douter, notoirement désorientés, déboussolés. Et chacun y va avec son « analyse », sa « thèse », ses récriminations, ses questionnements plus ou moins probants ou plus ou moins paralysants. Et pourquoi donc ? La raison fondamentale, la cause essentielle de cet état de choses gît dans la crise de l’Union des Forces de Changement (UFC) – laquelle crise vient de déboucher sur une scission visiblement irréversible, sur un divorce indubitablement consommé. À preuve les deux « congrès extraordinaires » distincts de ce parti tenus ce mois d’août courant. Cette funeste crise se présente en deux dimensions qui, en dernier ressort, ne font qu’une.

Premièrement, cette turbulence a démarré en 2005, dans le contexte du choix d’une candidature UFC de substitution à celle du Président national du parti à l’élection présidentielle de cette année-là. En effet, ce choix aura donné lieu à l’émergence de deux camps divergents. L’un de ces bords pensait qu’Emmanuel Bob-Akitani était trop âgé et fatigué, et donc qu’il fallait opter pour un(e) militant(e) plus jeune, plus vigoureux(se). L’argument fondateur de cette opinion était que, de toutes les façons, le peuple allait voter pour le changement, mais le pouvoir en place, une fois de plus allait, lui, imposer le statu quo. La lutte se devait dès lors de continuer. À cet effet, notre généralissime se devait d’être relativement jeune, solide, capable de supporter toute la charge du combat salvateur. L’autre bord, pour sa part, privilégiait la maturité, la sagesse, l’autorité, la pondérance, la loyauté que confère à la personne humaine en règle générale seul le poids du grand âge.

Deuxièmement, cette pernicieuse crise qui ainsi couvait depuis 2005 va, subitement, s’aggraver avec « l’accident » du Président national de l’UFC Gilchrist Olympio, survenu à Washington D.C. au crépuscule de décembre 2009, et le remplacement de sa candidature à l’élection présidentielle de 2010 par celle de Jean-Pierre Fabre. Il ne sied nullement d’exhiber ici des détails de cette affaire. Je me permettrais donc seulement, en ce qui me concerne, de signaler que je crois avoir, avec mes modestes moyens, fait ce que je pouvais pour éviter le pire. Par exemple, entre autres choses, voici une lettre que j’ai conçue et préparée, avec l’accord et l’active coopération des principaux dirigeants du parti, que j’ai fait signer, de propos délibéré, par de simples militantes et militants de notre formation politique, mais qui, je le regrette, n’est pas parvenue à son destinataire en temps utile – pour des raisons que le lecteur, j’ose l’espérer, me pardonnera de taire ici.

« À M. GILCHIRIST OLYMPIO
Président National de l’UFC

Cher compatriote !

Nous, signataires de la présente lettre, vous adressons nos chaleureuses salutations.
C’est avec une profonde affliction que nous avons appris le malheureux accident dont vous avez été victime et qui prive le peuple togolais du choix qu’aurait été votre élection lors de la présidentielle de 2010.
Sachez que nous partageons totalement la vive douleur que vous avez ressentie, que vous continuez de ressentir du fait de cette situation injuste.
Oui ! Le Peuple togolais tout entier fait siennes vos peines.
Très cher compatriote, les Togolais n’oublient pas, ils n’oublieront jamais qu’aux heures les plus sombres de leur histoire, vous avez dédié intégralement votre vie à leur combat salvateur, au risque de la perdre.
Cher frère, au moment où sonne le tocsin de la bataille décisive, la Nation togolaise, par nos voix, vous conjure, vous invite instamment à faire une déclaration solennelle en soutien à l’UFC et appelant à voter massivement pour son candidat Jean-Pierre FABRE.
Nul doute que ce geste de noblesse patriotique vous grandirait et vous placerait parmi les pères fondateurs du Togo démocratique que nous appelons tous de nos vœux.
Nous vous souhaitons prompte guérison ! A très bientôt parmi nous.

Fait à Lomé, le 14 février 2010 »

Ont signé les militantes et militants suivants :

N° Noms et Prénoms
1 Sokpolie Simon
2 Meecko Napo
3 Têko Jean Jacques
4 Atantsi A. Edem
5 Laïson Brigitte
6 Ayivi Joséphine
7 Tamakloe Viviane
8 Doamekpo Akoto
9 Amegee Béatrice
10 Bouabé Elyse
11 Amegee Constance
12 Lassey Têlé
13 Marie Medrid
14 Medrid Béatrice
15 Dévo Delphine
16 Ajavon Vicethia
17 Lawson Latévi Atta
18 Adoh Ayité Natéi
19 Combey D. Kossi
20 Mensah Kpoti Doété
21 Aklamanu A. Etsé
22 Akpange-Abente Afissétou

Cependant, l’on était en droit de croire que la brèche pouvait encore être colmatée, du moins pour ma part. Mais la goutte d’eau qui aura fait déborder le vase, le coup de tonnerre qui aura brouillé la sérénité du ciel, aura été la signature d’un « accord » par notre Président national avec le RPT (« Rassemblement du Peuple Togolais ») et la subséquente entrée au gouvernement rpétiste d’une équipe de sept membres choisis par le premier responsable de l’UFC.
Pour ma chétive personne, j’ai subi cette donne inopinée comme un terrible choc, comme un véritable coup de gourdin sur la tête reçu à l’improviste ! J’en ai douloureusement, profondément pâti. Si bien que ma prime réaction aura été de raccrocher mes gants pour de bon. Mais voici que je suis assailli par nombre de jeunes sœurs et frères qui m’interpellent, qui me harcèlent de questions, qui recherchent très sincèrement un réconfort et un soutien moraux auprès de moi, qui me demandent : « Grand-frère, tout est-il ainsi fini ? Est-ce la fin de tant de sacrifices ? »
Voilà pourquoi je brandis encore ma plume. Néanmoins, ici également je n’entends aucunement barboter le couteau dans la plaie, verser de l’essence sur le feu. À vrai dire, le bref rappel des faits majeurs ci-avant ne tend guère à entretenir inutilement de futiles querelles préjudiciables au peuple togolais, mais plutôt à contribuer, modestement, à positionner le seul débat d’idées qui vaille la peine d’être mené chez nous au jour d’aujourd’hui. Et ledit débat, je le situe sur trois registres essentiels : (i) Comprendre ce qui nous est arrivé. (ii) Ce que nous devrions absolument éviter de faire. (iii) Ce qu’il nous faut maintenant faire. Reprenons donc.

I. SEULEMENT COMPRENDRE !

Oui ! Ni pleurer, ni rire, ni gémir, ni se lamenter, mais seulement comprendre ! En effet, le peuple togolais s’est embarqué dans une lutte révolutionnaire depuis le 05 octobre 1990, pour ne pas remonter le cours du temps plus loin dans le passé. Il s’est engagé depuis lors dans un combat d’auto-libération. Il se débat depuis cette fatidique journée – tel un beau diable. Dans le cadre d’un rapport redoutable de forces éminemment inégales. Et il tient toujours bon – admirablement ! Le hic, apparemment, semble se situer du côté du leadership de cette lutte – leadership qui paraît se chercher encore… Or, s’il est vrai que l’Univers est une Dialectique dont l’être humain fait partie intégrante, alors il ne devrait point être surprenant que des dirigeants d’un mouvement révolutionnaire en arrivent, à un tournant critique donné, à ne plus regarder tous dans la même direction. En d’autres termes, la crise en considération ne représente en rien un phénomène unique dans l’Histoire de l’Humanité. La Grande Révolution Française de 1789 a bien connu une fracture en « Montagnards » et « Girondins ». La (non moins grande) Révolution russe a expérimenté la division de ses protagonistes en « Bolchéviks » (Majoritaires) et « Menchéviks » (Minoritaires). En Chine, les épigones de Sun Yat Sen finirent par se séparer en Parti Communiste Chinois (les Mao Tsé Toung, les Chou En Laï, les Liou Shao Shi, etc.) et Parti Nationaliste : le Kouomintang (les Chang Kaï Chek et leurs partisans). À Cuba Fidel Castro et Che Guevara durent, le moment venu, se tourner le dos… Le Parti Communiste Français vit le jour à la faveur d’une scission de la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière) lors du congrès de cette Section tenu à Tours (France) en 1920). Laquelle scission fut le résultat d’une motion présentée par le vieux combattant Marcel Cachin et votée à une voix de majorité. (J’ai eu le privilège de connaître Marcel Cachin). Ainsi de suite.
Il nous incombe donc de prendre notre courage à deux mains, de regarder la Vie en face, quelle que soit la dureté du choc provoqué par le caractère surprenant de la nouvelle donne de la scène politique togolaise.
En tout état de cause, en toute objectivité, ce qui nous est arrivé m’apparaît s’avérer être un fruit mûr de la perfide, de la machiavélique stratégie du RPT qui n’a de cesse de chercher à juguler l’UFC devenue depuis belle lurette la seule force d’opposition politique véritable au Pays de nos Aïeux.
Tel est l’objectif premier poursuivi par le RPT. Celui-ci se réjouirait, assurément, de nous ramener à la situation ante-Conférence Nationale Souveraine (juillet/août 1991). À la situation où règnerait sans partage ce parti, avec une opposition contrainte à la clandestinité…
Toutefois, ne nous affolons pas outre mesure si aujourd’hui tous les militants de la grande formation politique du peuple togolais : l’UFC ne regardent plus dans la même direction ! Mais alors que faire ? Avant d’en arriver à ce crucial questionnement, il convient de prendre en compte ce que nous ne devrions surtout pas faire !

II. CE QUE NOUS NE DEVRIONS SURTOUT PAS FAIRE !

Au prime abord, évitons de cracher systématiquement aujourd’hui sur ce que nous-mêmes hier encore adorions intensément. Autrement dit, évitons à tout prix de nous tromper de cible ! Notre seule et unique cible ne peut être que le régime rpétiste exécré, vomi par notre peuple. Sinon nous tomberions aisément dans le panneau de ce régime, à sa grande satisfaction. Les tenants de l’ordre rpétiste décadent rigoleraient au nez en nous voyant perdre notre temps, nos énergies humaines et nos moyens financiers, à déblatérer à longueur de journée aujourd’hui sur ce qu’hier encore nous chérissions plus que la prunelle de nos yeux. « Donnons le temps au temps » (François Mitterrand). Laissons la Vie nous départager. En effet, là où deux théories s’affrontent, seule la pratique – seule la Vie – peut trancher. Mais il nous faut aider la Vie à nous aider !

III. CE QUE NOUS DEVONS FAIRE MAINTENANT !

À mon humble avis, notre objectif premier, fondamental, essentiel, vise à libérer notre pays, notre peuple, nous-mêmes, du régime rpétiste d’un âge à jamais révolu. L’Objectif de nos objectifs, c’est l’acquisition de l’Ablodé perdu, de l’Ablodé entier, de l’Ablodé authentique. Voilà pourquoi, dans sa préface de mon ouvrage Histoire du Togo – La Palpitante Quête de l’Ablodé, notre frère Gilchrist S. Olympio écrit : « Le mot d’ordre d’Ablodé qui, dès les premières heures de la lutte a motivé et mobilisé les combattants de la liberté, avait pour finalité : la démocratie, la justice et la paix. La démocratie, parce que nous voulons décider de notre propre destin d’hommes libres. La justice, parce que nous aspirons à une société de partage et de solidarité. La paix, parce que nous voulons créer une nation de non-violence où tous les citoyens se sentiront en sécurité pour participer à l’œuvre de construction nationale » (Ed. de 2006, p. 11). Alors donc, aussi longtemps que nous n’aurons pas reconquis notre Ablodé authentique, notre lutte se doit de continuer. Alors donc, « le cœur chaud mais la tête froide » (Maurice Thorez), nous nous devons de regarder la Vie dans les yeux et d’aller de l’avant. Et puisque le RPT tient à confiner l’opposition togolaise dans une situation de paria, tenons-nous prêts à affronter les difficiles jours qui, fort vraisemblablement, nous attendent. Restons vigilants, mobilisés, actifs, créatifs. Imaginons toutes les conséquences virtuelles qu’implique ladite nouvelle donne ici en cause. À ce propos, je voudrais prendre la liberté de réitérer ci-après quelques idées-forces qui m’ont toujours tenu et me tiennent encore à cœur.

1. Revoir pour l’améliorer le cas échéant notre structuration.

2. Assurer la formation politique des militants.

3. Mettre le peuple concerné lui-même à contribution dans les actions concrètes de notre combat. Les masses populaires sont capables des plus inattendues prouesses lorsqu’elles sont convaincues qu’elles vont dans le sens de leurs intérêts vitaux.

4. Fédérer toutes les structures encore susceptibles d’être fédérées. À ce sujet, dans un premier temps consolider le FRAC (Front Républicain pour l’Alternance et le Changement) lui-même ; dans un deuxième temps élargir le FRAC de manière à en faire une vague déferlante appelée à emporter l’ordre rpétiste pour de bon. (Cf. mon article intitulé « Togo : Et maintenant, de la nécessité de renforcer le FRAC », publié dans le journal togolais Le Changement, n° 220 du 15 avril 2010, p. 6).

5. Rendre les relations de coopération Terrain-Diaspora togolaise plus opérationnelles, plus fonctionnelles. Aiguiser davantage le synchrétisme du « penser » et de l’ « agir », de la théorie et de la praxis – dans le cadre de cette coopération.

6. Pousser notre Diaspora – trop émiettée – à se structurer un tantinet soit peu.

7. Nouer des relations d’agissante collaboration avec les oppositions fiables d’autres pays africains.

8. Nous Togolais parlons beaucoup, parlons trop cependant que nous agissons peu, trop peu. Relativement parlant cela va sans dire ! L’heure semble venue pour nous d’inverser cette tendance…

9. S’il est exact qu’ « Un problème bien posé est à moitié résolu » (Francis Bacon), alors c’est chez moi une conviction indélébile que nous devons consacrer une réflexion systémique et approfondie à la gigantesque Epée de Damoclès qui, depuis presque cinquante ans, pend dangereusement sur nos frêles têtes..

10. Enfin, nous nous devons de respecter notre peuple, d’éviter à son endroit toute parole indélicate, tout pas notoirement faux, tout geste, toute attitude, tout comportement irrévérencieux. Car tous les peuples du monde sont versatiles !

Ce sont là quelques idées-maîtresses que je souhaitais, encore une fois, marteler. Concluons.

CONCLUSION

Oui ! Je suis entièrement de l’avis de Lev Davidovitch Bronstein alias Léon Trotsky : « On peut s’entendre avec l’adversaire sur des broutilles, mais on ne peut s’accorder avec lui sur des questions de vie ou de mort ».

Notre combat ablodéiste est le combat séculaire que nous avons hérité de ceux qui ont fondé notre pays. C’est le combat sacré des Octaviano Francisco Olympio, des Thimothéo Agbétiafa Anthony, des Augustino Ezéchiel de Souza dit Gazozo, des Sylvanus Epiphanio Kwami Olympio (Père de la nation togolaise), des Chef Agbanon II, des Chef Odanou Dobli, des Chef Paul Kalipé 1er, des Laté Chrysostomus Placca, des Amouzou Claudius Franklin dit Piam-Piam, des Chef Tchédré Palanga, des Sam Komi Klu, des Jonathan Adzesi Kokou Savi de Tové, des Anani Ignacio Santos, des Andréas Boêvi Chroco Lawson dit ABC Lawson, des Bayi Lucia Gadégbékou (née Kada) alias Bayi Ablodé, des Confort Ernestine Adzrévor Wilson, des Martin Komla Aku, des Paulin Sêvi Akouété, des Hospice Dominique Coco, des S. G. Antor, des Hector Reginald Otto Messan Max-Aithson, des Laurent Djagba, des Bénédictus Nanenu Apaloo alias Ben Apaloo, des Namoro Karamoko, des Albert Doh dit Albert FAO, des Marc Atidépé, des Emmanuel Ahlonko Kponton Quam-Dessou alias Koko, des William M. Fumey, des Théophile Kao, des Noé Efoé Kutuklui, des Emile Efoé Gadagbé, des Gabriel Omer Darius Adoté dit Omer Aka, des Kossivi Evans Quacoe, des Kangni Bertin Foly, des Koblavisoe Robert Fiadjoe, des Guy Kouassigan, des Tavio Tobias Ayao Amorin, des Vincent Djemba Tokfaï, des Boukari Djobo, des Boukari Kérim, des David Ahlonko Bruce, des Jean-Marie Kouassivi Akpé Tété-Adjalogo, des Gaston Edeh Aziandouvor, des Léopold Togbassa Ayivi, des Sylver Looky, des Joachim Kokouvi Atsutsé Agbobli, etc., etc.

Ainsi donc, l’UFC aura incarné la continuation de l’Histoire de notre pays, de notre peuple. L’UFC aura été l’âme même de la Terre de nos Aïeux. Elle ne saurait dès lors disparaître à jamais. Même démembrée, elle renaîtra de ses cendres. Comme Osiris. Quitte à prendre une autre appellation… C’est pourquoi la kyrielle de vénérables noms qui précède nous impose l’obligation de poursuivre coûte que coûte notre combat ablodéiste. Les gaz lacrymogènes, les balles réelles, les gourdins, les geôles, les tortures physiques et/ou morales, même les assassinats politiques ne doivent pas nous dissuader. Et aussi longtemps que nous n’aurons pas reconquis notre Ablodé gbadza, notre Ablodé nogo, notre Ablodé total dont nous avons besoin pour bâtir notre « Togo chéri l’or de l’Humanité » (Paroles de l’hymne national togolais), la lutte doit continuer. Et tant pis si elle doit durer le temps qu’elle doit durer ! Et quand nous autres ne serons plus dans la carrière, nos descendants y entreront ! Et ceux-ci finiront bien un jour par identifier et maîtriser l’idoine stratégie qui leur offrira la victoire.
Ainsi donc, « The struggle continues ! » [Kwami (Francis) Nkrumah], c’est-à-dire la lutte continue ! Oui ! Togo debout ! La lutte doit continuer !

Paris, le 01 septembre 2010
Godwin Tété