28/06/2022

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Togo: Déclaration de la CDPA en réaction au rapport de l’ONU

DECLARATION DE LA CDPA

En réaction au rapport de la commission d’établissement des faits de l’ONU

Enfin c’est fait. Le rapport d’établissement des faits de l’ONU est sur la place publique. Il jette une lumière crue sur la dure réalité qui est celle de notre pays aujourd’hui. Il met chacun devant ses responsabilités.

Un travail minutieux, sans fioriture mais sans complaisance qui a l’avantage de mettre en évidence les racines du mal togolais.

Les conclusions sont claires : trois facteurs fondamentaux relevant tous des droits de l’Homme expliquent l’aggravation de la crise togolaise après le décès du général Eyadéma

– la persistance au Togo du recours à la violence comme méthode privilégiée de conservation du pouvoir.

– le principe de l’impunité comme légitimation de la culture de violence

– La gestion ethnique et clanique du pouvoir

Ces différents facteurs sont à la base des faits majeurs relevés par la commission à savoir

– violation massive des droits de l’Homme : 400 à 500 morts, des milliers de blessés, nombreuses disparitions, utilisation à grande échelle de la torture et des traitements humiliants et dégradants …

– la responsabilité principale de l’ensemble de l’appareil répressif et sécuritaire de l’Etat : police, gendarmerie, forces armées) en coordination avec les partisans du pouvoir

– l’implication des militants des partis d’opposition dans la montée de la tension politique

– Enfin, le rapport aboutit à ce constat fondamental selon lequel l’échec de la constitution d’un gouvernement d’union nationale crédible apparaît comme la manifestation évidente de l’impasse politique totale au Togo

Ces constats, la CDPA a eu à les faire à maintes reprises.

Les recommandations qui en découlent sont tout aussi claires.

Entre autres, elles insistent sur la nécessité d’une réconciliation nationale fondée sur le principe de vérité-justice, l’envoi d’une mission de haut niveau au Togo pour se préoccuper des mesures à prendre en vue d’une sortie de crise, le principe de la réforme démocratique de l’armée, le démantèlement des milices, la révision de la Constitution et les conditions de nouvelles élections, l’implication effective de la communauté internationale, une solution appropriée à la question des réfugiés et des déplacés.

La CDPA se félicite de l’ensemble de ces recommandations et adresse ses félicitations à la commission

La CDPA voudrait souligner cependant que comme l’a mentionné le rapport, l’opposition a eu à rappeler plusieurs fois les dérives en perspectives ; malheureusement la réaction de la communauté internationale et plus particulièrement de la CEDEAO, n’a pas été à la hauteur de ces préoccupations. Il nous semble que le rapport aurait dû souligner fortement cette erreur d’appréciation de la communauté internationale. Cette même erreur est en train d’être reconduite sous le biais des fameux 22 engagements.

La CDPA souhaite, au-delà des polémiques, que ce rapport ne soit pas mis aux oubliettes, connaissant ainsi le même sort que bien d’autres.

Maintenant que les faits sont établis, il est important que les auteurs soient identifiés et sanctionnés afin que soit mis fin au règne de l’impunité. Il convient dès à présent de prendre les dispositions nécessaires pour indemniser les victimes et préparer les conditions de retour pour les réfugiés et personnes déplacées.

Les faits qui se sont produits dans notre pays sont très graves, suffisamment graves pour qu’il n’y ait plus de place à la diversion et au dilatoire. Les propositions de sortie de crise telles que formulées par la commission ne souffrent d’aucune ambiguïté. Nous serons tous jugés,et le gouvernement en particulier, à l’aune du sort qui leur sera réservé.

Fait à Lomé le 27 septembre 2005

Pour la CDPA
Le Secrétaire Général
Pr. Léopold M. GNININVI