04/12/2022

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Togo: Des dizaines de ressortissants de la CEDEAO affirment avoir été malmenés

AFP,Lomé, 29/04/05 – Des dizaines de familles de ressortissants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) vivant à Lomé ont affirmé vendredi à l’AFP avoir été malmenées au cours de ces derniers jours par les jeunes militants de l’opposition togolaise.

« Nous avons été chassés de chez nous par les militants de l’opposition depuis mardi, ils nous agressent », a affirmé Adamou, boucher nigérien de 38 ans, dans un secteur riverain du quartier populaire de Bé, traditionnel fief de l’opposition à Lomé.

« Des gens ont été brûlés, d’autres frappés à coup de machette », a-t-il affirmé, faisant écho à plusieurs témoignages similaires.

Le jeune Antarou, lui aussi de nationalité nigérienne, déclare avoir vu trois blessés et affirme que son frère « a été tué ».

Autour de la mosquée d’Akodessewa-Kpota, les musulmans se sont réunis pour organiser leur sécurité avant la grande prière du vendredi.

« Ici nous n’avons pas vu un seul gendarme ni un policier. Nous sommes allés à la gendarmerie, et on nous a dit qu’ils n’avaient pas assez d’hommes, alors on s’organise nous-mêmes », a expliqué El Hadji Oumarou, 32 ans, une machette à peine dissimulée sous son boubou blanc immaculé.

« Nous demandons aux autorités togolaises qu’elles assurent notre sécurité, les jeunes opposants (…) critiquent la CEDEAO dont le président est Nigérien, mais nous on n’y est pour rien », a confié un homme se présentant comme un « chef de communauté » et souhaitant garder l’anonymat.

Des ressortissants de pays membres de la CEDEAO ont été violentées par les sympathisants de l’opposition après que les observateurs de cette organisation eurent avalisé les résultats provisoires du scrutin de la présidentielle du 24 avril.

De graves troubles ont éclaté mardi au Togo à l’annonce de la victoire de Faure Gnassingbé, candidat du Rassemblement du peuple Togolais (RPT, ancien parti unique, au pouvoir) avec 60,22% des voix à l’élection présidentielle du 24 avril.

Ces résultats provisoires, qui doivent être encore confirmés par la Cour constitutionnelle, sont violemment contestés par les partisans d’Emmanuel Bob Akitani, le candidat de la coalition de l’opposition. Celui-ci s’est autoproclamé vainqueur de l’élection mercredi avant d’en demander l’invalidation.

Selon les autorités togolaises, huit personnes originaires de la CEDEAO ont été battues puis brûlées par des manifestants dans le quartier d’Adakpamé (est de Lomé), favorable à l’opposition. Sept de ces victimes sont maliennes, et la huitième est nigérienne, ont précisé les autorités, qui avaient dans un premier temps fait état de huit morts Nigériens.

Le président par intérim, Abass Bonfoh, a rencontré jeudi soir les chefs des communautés étrangères au Togo pour tenter de les rassurer.

« Vous êtes ici chez vous. Nous lançons des fleurs à la CEDEAO qui a sauvé le Togo qui sinon serait à feu et à sang », a-t-il déclaré, promettant de renforcer la sécurité dans les quartiers et encourageant également les ressortissants étrangers à « s’organiser et se défendre eux-mêmes ».