28/09/2022

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Togo: Discours d’Aîmé GOGUE au congrés de l’UFC

DISCOURS DU PRESIDENT NATIONAL D’ADDI AU CONGRES DE L’UFC DES 18, 19 JUILLET 2008

Mesdames et Messieurs permettez avant tout propos de rendre grâce à Dieu et aux mannes de nos ancêtres qui depuis la création de notre pays le couvrent et le préservent malgré les péripéties et les entraves qui se dressent sur le chemin de son progrès social et économique. Face à certaines souffrances, beaucoup de Togolais ont tendance à croire que la Terre de nos aïeux est une terre oubliée de Dieu, ce qui en réalité n’est nullement fondé.

Voici déjà deux décennies que le peuple togolais comme la plupart d’autres peuples africains peinent à trouver la voie du développement et du progrès social à travers la promotion de la démocratie. Les raisons d’une telle situation sont connues.

De Lomé à Paris, en passant par Colmar et Ouagadougou, le peuple a souvenir des accords qui ont été signés et qui n’ont jamais apporté aucun soulagement au peuple, beaucoup ont été souvent reniés avant même le départ des différentes délégations. Le refus, l’orgueil et l’égoïsme des uns et des autres n’ont jamais permis de mettre toutes nos énergies au service du développement de notre peuple et à lutter contre les forces obscures qui nous empêchent d’évoluer vers la création d’un Etat nation.

Les diversités ethniques, linguistiques et régionales, qui devraient être sources de richesses sont malheureusement exploitées pour diviser davantage les Togolais.
Lors de scrutins les plus rocambolesques les uns que les autres, les vainqueurs, lorsqu’ils s’autoproclament, se pressent d’égrener un chapelet d’intentions qui ne convainquent ni leurs initiateurs ni le peuple des votants qu’on abuse par l’alcool et les billets de banque qui auraient pu servir à autres choses.

Excédés par ces pratiques rétrogrades, certains n’hésitent pas à dire sous l’effet de la colère, comme le font les tous petits, que « si j’arrive à avoir la force un jour, je vais te renvoyer chez toi » comme si le Togo était deux entités. Voilà autant de discours que nous devons nous efforcer de modérer par des attitudes responsables dans nos prises de décisions, en mettant toutes les communautés du pays sur le même pied d’égalité et de justice.

Face à toutes ces manœuvres de machination et de déchéance sociale, nous les leaders politiques, avons eu des comportements qui à la limite renforcent les marges de manœuvre du pouvoir en place qui se comporte comme une force d’occupation.

Notre manque de cohésion, notre refus de considérer les variables essentielles qui puissent nous amener à la définition d’un cadre politique, ont eu des effets dévastateurs sur nous-mêmes et sur nos populations. En effet, nous nous sommes souvent entredéchirés, chamaillés, vilipendés, trahis au moment nous avons le plus besoin de mettre nos énergies au service du changement.

Du CODII, à la coalition de nos différentes forces en 2005, nous n’avons réussi ni à conduire de manière saine notre méthode de conquête du pouvoir ni à créer en notre sein une synergie qui puisse nous permettre de sécuriser nos voix et nos résultats non sans en avoir l’idée et la volonté mais par pur calcul pernicieux dont l’ADDI estime aujourd’hui que le temps est venu pour changer nos manières, nos désirs et fusionner nos forces pour une mobilisation du peuple afin de lui donner sa victoire.

Mesdames et messieurs les invités, chers présidents de partis politiques en lutte pour un changement réel et rationnel, le moment est venu pour nous de prendre conscience de notre propre autodestruction, de la souffrance de notre peuple dont nos tergiversations accentuent ses peines.

L’ADDI, après plusieurs analyses, estime que le peuple souffre de trop de notre manque de vision claire à nous mettre ensemble, à taire un tant soit peu nos ambitions personnelles et nos rêves idéalisés, à revoir nos spécificités. Par ces attitudes, c’est nous qui induisons le peuple dans des erreurs et dans des égarements dans les choix qu’il exprime pendant des élections. A plusieurs reprises, le peuple a prouvé qu’il adhère au changement profond du système de gestion du pays malheureusement c’est au moment des bilans qu’on se rend compte pendant nos adversaires rigolent et nous insultent. Pourquoi ne laisserons pas l’histoire nous inspirer dans l’élaboration de nouveaux schémas ?

Pour aller à un combat, aussi déterminant que celui de libérer un peuple opprimé, dont les droits élémentaires constituent des luxes, dont l’avenir ne tient qu’à une imagination souvent peu fertile de quelques personnes et dont la lassitude est sans commune mesure, il faut affûter toutes ses armes, faire toutes les cérémonies, faire l’état des ressources disponibles, s’entourer des alliances sincères et non de contre nature. La victoire loin d’être celle d’une personne, et loin d’être une occasion de la chasse à la sorcière. Nous croyons à l’ADDI que cette option devrait nous inspirer et nous guider dans notre préparation aux prochaines batailles.

Dans ce nouveau combat dont les élections du 14 octobre ont clairement défini les camps qui s’opposent, ainsi que le contexte et le cadre de la lutte, nous devons prendre des positions claires et sans ambiguïtés afin d’éviter de flouer le peuple et le dérouter des aspirations profondes. Comme pendant la Deuxième Guerre Mondiale en France, nous devons chacun choisir son camp : soit être collaborateur de la force d’occupation ou être résistant en vue de le bouter. Des tendances centristes ne sont rien d’autres que des machinations qui au final pénalisent nos populations qui ont toujours montré leur adhésion massive au changement dont nos positions ambiguës ont toujours dispersées les voix.

Que chacun d’entre nous à la lumière de cet exemple historique de la France nous inspire et nous interpelle. Il est clair, on doit être décidé soit contre le système en place, dans ce cas, chacun de nous apporte sa contribution dans le cadre de la lutte définie et au quelle le peuple adhère pleinement et que nous les leaders n’accompagnons pas suffisamment pour la concrétisatisation de ce désir ou soit on se range de manière très claire aux côtés des idéaux prônés par le pouvoir qui se comporte aujourd’hui comme une force d’occupation.

C’est pourquoi, avec l’onction des différentes fédérations du parti, nous avons engagé des discussions très profondes avec l’UFC pour une fusion de nos deux forces politiques sur des bases du respect mutuel et d’une volonté manifeste de réorganiser la lutte pour l’avènement d’une démocratie et de la liberté qui puissent libérer la voie du progrès social. Une fusion des deux formations politiques répond aux aspirations des cadres de ces deux partis à œuvrer d’arrache pied pour une victoire du peuple. Loin d’être ce que nos détracteurs vont tenter de faire croire, la fusion apparaît aujourd’hui comme un modèle pouvant conduire à la mise en commun des deux projets de sociétés pilotés par des responsables librement choisis en leur sein et donner des gages de sincérité dont une bonne frange de Togolais abusée par l’aventure politique en a besoin. <:b>
De cette fusion émergera des organes directeurs qui reflètent non seulement le désir de leurs dirigeants mais aussi de tout le peuple qui n’est que trop fatigué des divergences de détails. Pour nous, cette fusion est le point de départ d’une autre façon de faire de la politique. Des échanges sincères et pragmatiques doivent permettre de rassurer tous ceux qui veulent un changement profond à prendre courage et à se détourner des luttes qui nous autodétruisent pendant que le peuple compte désespérément sur nous.

L’ADDI et l’UFC veulent baliser la route pour la prospérité afin d’intégrer les partis politiques et les cadres des différents partis dont à un moment de l’histoire à tort ou à raison les premiers responsables expriment leur rapprochement au pouvoir mais que les cadres et les bases ne suivent pas.

Le moment est venu pour que l’opposition fasse des réformes profondes en son sein afin de montrer à l’opinion nationale et internationale qu’elle est prête pour gagner les élections, conserver sa victoire et gérer le pays dans l’intérêt de tous ses fils sans distinction aucune. Que des cadres de tout le pays et dans toute leurs diversités, dont les choix ne se justifieraient que par la compétence, l’engagement citoyen et la dure volonté de bâtir une nation, réorganisent la vie sociale, économique et politique à travers des réformes constitutionnelles, institutionnelles et économiques, non pas taillées à la mesure d’une personne, mais généralisables et impersonnelles.

Aujourd’hui nous nous trouvons d’un coté de la rive. Afin de changer la situation politique du Togo, les forces progressistes devrons construire un pont pour passer de l’autre coté de la rive. Certains par leurs forces individuelles sont capables de construire 95% du pont. Mais tant que les 5% manquants resteront, la situation ne pourra point être changée. Ces 5% sont donc indispensables et cruciaux à la réussite finale de notre lutte.

Mesdames et Messieurs, en vous souhaitant plein succès à vos travaux, nous vous invitons à partager avec nous ce proverbe moba qui dit que « lorsque tu n’as pas assez de moyens pour honorer la mémoire de ta belle mère défunte, ne te laisse pas prier pour danser. », Pour dire que le travail qui a commencé, doit maintenant être accéléré.

Vive le Congres