28/09/2022

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Togo: En hommage à mon ami « Joachim » Agbobli

Le Togo vient de perdre un de ses plus valeureux Intellectuels dont les écrits éclaireront les générations futures, et dont l’exemple de lutte pour le développement du pays devrait pouvoir servir de modèle à sa jeunesse actuelle.

Son nationalisme africain et son patriotisme togolais, connus de tous, devraient servir d’exemple à l’action de nos dirigeants politiques de façon à dépasser leurs hésitations présentes pour se mettre au service de l’idéal commun de rebâtir le pays dans un cadre nouveau, d’où seraient éradiquées la corruption et la discrimination ethnique, en vue d’améliorer l’efficacité administrative et productive : c’est la condition sine qua non, pour voir disparaître l’extrême pauvreté de nos populations touchant 7 Togolais sur 10 qui vivent avec moins de 500 FCFA de revenus par jour.

J’avais personnellement connu Joachim en classe de Première Moderne au Collège St Joseph, où il avait obtenu la mention « BIEN » à l’épreuve du Baccalauréat en fin d’année. Il était déjà très intéressé par la politique, tant au niveau international que national. Il souhaitait déjà (en 1961, à l’âge de 20 ans) voir une Afrique unie devenir une grande puissance industrielle et militaire, capable de pouvoir tenir son rang parmi les grandes puissances du monde.

Son modèle d’organisation politique était celui de l’homme d’Etat allemand, « Bismarck », dirigeant la puissance allemande de la seconde moitié du XIXème siècle, avec un Etat fort et un plan de développement industriel dominant lui assurant sa défense militaire. Il prônait en même temps une agriculture moderne qui devait être mécanisée pour accroître sa productivité et couvrir l’autosuffisance alimentaire nationale de façon à sauvegarder l’indépendance du pays et de l’Afrique.

« Joachim » était à la fois un grand patriote togolais et partisan d’une Afrique unie et puissante, qui ne se laisse plus brader par ses dirigeants ni exploiter par des intérêts étrangers ne se souciant guère du bien-être des populations locales.

Né le 23 avril 1941 à Lomé, il est décédé le 15 août 2008 à Lomé, dans des circonstances non élucidées à ce jour. Tous ses proches, amis et sympathisants, très nombreux au Togo et à travers le monde, demeurent dans l’attente de connaître la vérité pour se rassurer.

En attendant, la population loméenne ne fait que se poser des questions, en demeurant inquiète quant à sa sécurité au niveau de la liberté d’expression, ce qui nuit gravement à l’image du pouvoir en place. Aussi, faut-il absolument que tout soit clarifié au plus tôt pour rassurer les esprits et les bailleurs de fonds qui s’en inquiètent aussi, mais en silence, comme à leurs habitudes.

Cet « homme des vérités à dire », c’est « Joachim » Atutsè AGBOBLI : il doit désormais servir de phare à la mobilisation de la jeunesse togolaise qui se trouve encore noyée dans le brouillard de l’obscurantisme ambiant. Je me rappelle bien comment il dénonçait cela dans nos conversations intimes. Atutsè Agbobli veillait à dire la vérité aux Togolais, à travers ses écrits comme à travers les émissions télévisées ou radiophoniques. Que de fois avions-nous débattu ensemble à la télévision comme à la radio, à la grande joie des téléspectateurs et auditeurs qui apprenaient beaucoup de vérités à la suite de ses interventions !

Son militantisme au service du bien public s’oppose ouvertement à l’esprit de cupidité et de corruption, générateur de l’extrême pauvreté qui frappe 7 Togolais sur 10 qui vivent dans l’ignorance, la sous-alimentation et sans soins médicaux.

L’ensemble de son comportement citoyen au service du bien-être de tous, sans discrimination ethnique, devrait servir d’exemple à suivre pour restaurer l’esprit, fait à la fois de critique et de tolérance au service du bien commun, qui avait animé la plupart des citoyens togolais ayant vécu majeur dans le pays avant les années 1980.

Aussi, en hommage à sa grandeur patriotique, ai-je décidé de dédier à sa mémoire mon nouvel ouvrage, sous presse, intitulé « POURQUOI LE TOGO VA SI MAL ET QUELLE POLITIQUE ECONOMIQUE NOUVELLE POUR SA SORTIE DE CRISE ?», de 144 pages, au prix populaire de 2.000FCFA.

Dans ma dédicace de ce livre, j’atteste que Joachim Atutsè Kokouvi AGBOBLI était un grand défenseur des Indépendances africaines et de l’unité africaine, ayant consacré toute sa vie à la lutte pour la Liberté et la Justice, dans le souci constant de recherche de la vérité, au service du développement harmonieux du Togo et de l’Afrique unie. Seule une enquête bien menée permettra de nous rassurer tous qu’il n’a payé de sa vie son courage de dire ce qu’il pensait pour le bien commun de tous les Togolais.

Aussi, étant donné que les circonstances de sa tragique disparition sèment le doute et la suspicion dans la plupart des esprits, que ce soit parmi ses proches, ses amis et l’ensemble des Loméens, non satisfaits de la façon dont sa mort a été commentée à diverses reprises par diverses autorités officielles, Et pour ne pas conforter le doute ambiant qui soupçonne une forme inavouée d’assassinat politique, il vaut mieux que le pouvoir en place réagisse clairement de façon à montrer qu’il contribue objectivement à la manifestation de la vérité.

Pour cela, et afin de tranquilliser les démocrates togolais de tous bords, il est indispensable que soit mise en place au niveau des institutions de la République, une commission parlementaire tripartite, composée de 3 personnes qualifiées, désignées respectivement par le RPT, par l’ UFC et par le CAR pour mener une enquête parlementaire, d’autant plus qu’il s’agit d’un chef de parti politique et d’un ancien ministre de la république chargé des relations avec le parlement, qui a été retrouvé mort dans des circonstances non élucidées. Il faudrait aussi que cette commission parlementaire soit dotée des moyens nécessaires pour couvrir ses frais de bon fonctionnement, tout en lui garantissant toute liberté d’investigation dans la transparence intégrale afin de tranquilliser tout le monde. Il y va de l’intérêt même du gouvernement en place.

Et si, par ailleurs, les proches, les amis du disparu et la diaspora togolaise (toujours inquiète pour sa sécurité conditionnant son retour au pays natal) réussissent à se concerter pour financer une contre expertise réalisée par des experts qualifiés recrutés à l’extérieur du pays, il faudrait pouvoir réunir entre 13 et 20 millions FCFA (20 à 30.000 euros), ce qui est peu pour la diaspora si 1000 à 1500 de ses membres versaient seulement 20 euros par personne à un organisme créé à cet effet..

De cette façon, la paix reviendrait dans nos cœurs, en mettant fin à l’émoi général ainsi qu’à toute la polémique actuelle qui empoisonne les intellectuels togolais et jusqu’à tous ceux qui l’ont connu depuis 1991 à travers le petit écran ou la radio.

Et cela permettrait, en outre, au gouvernement togolais de pouvoir négocier dignement avec les bailleurs de fonds en septembre prochain à Paris, en vue de recueillir des fonds d’aide pour la reconstruction de l’économie nationale, actuellement dévastée par la mauvaise gouvernance des 28 dernières années.

En effet, il faut savoir que nos bailleurs de fonds suivent cette actualité avec sérieux, sans nous le dire officiellement, conformément à leur règle de comportement qui est « la non ingérence ». Mais ils réagissent toujours discrètement et durement…. comme ils l’ont fait durant 15 ans, entre 1993 et 1997, en nous privant de toute aide extérieure (soit 750 milliards FCFA au total en 15 ans), suite au massacre de « Fréau Jardin » du 30 janvier 1993. Alors, faisons très attention !

Que la famille de cet illustre disparu, reçoive ici les condoléances, le réconfort et le soutien de tous « LES AMIS DE JOACHIM », ce prénom intime et si cher à nos cœurs, « Joachim ! », tel que nous l’appelions cordialement en toutes circonstances…

QUE LA VERITE APAISE TOUS LES ESPRITS !

Nadim Michel KALIFE
Vieux Camarade de lutte de « JOACHIM » depuis 1961.