29/11/2022

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Togo : Eyadéma battu par les abstentionnistes

Les élections du 27 Octobre 2002 se sont déroulées dans l’indifférence d’une grande partie des Togolais. C’est une véritable raclée que la population togolaise a administrée au Président Eyadéma. Le mot d’ordre de l’ensemble des partis de l’opposition a été suivi par une très large majorité du corps électoral(environ 70%). C’est dans l’œcuménisme et la sérénité que les togolais sont restés chez eux pour exprimer leurs exaspérations. Cette élection a marqué, de toute évidence, le niveau de la popularité du Président Eyadéma dans le pays.

L’abstention a été très forte, même à Kara dans le fief des Eyadéma. Malgré tout, à plus de quatre heures de la fermeture des bureaux de vote, les autorités togolaises criaient victoire sur les ondes avec pour porte-voix, Guy Mario, l’envoyé spécial de RFI. La supercherie était trop frappante à KARA, des peusdo-électeurs ramenés de la frontière du BENIN et du BURKINA FASO en car, le matin même, faisaient la claque et l’appoint devant le bureau de vote. Notre confrère a certainement été impressionné par la présence d’Ernest Gnassingbé ( le fils d’Eyadéma )sur les lieux.

Comme dans la capitale Lomé et ses environs, il n y a aucune équivoque sur le taux de participation, soit moins de 10%; les urnes sont restées désespérément vides jusqu’à la fermeture. Dans les grandes villes comme Tsévié, Aného, Kpalimé, Bafilo, Dapaong, la participation se situe entre 10 à 15%.

Par miracle, les bulletins des votes exprimés se multiplieront comme d’habitude dans les coulisses des émargements, laissant libre cours au coup d’Etat permanent d’Eyadéma. « J’ai trop chômé aujourd’hui, le constat est sans appel, il faut qu’il parte » nous dit Kokou un assesseur à Aneho.

La coalition des forces démocratiques (CFD), regroupant tous les partis de l’opposition y compris les dissidents du parti-Etat, le RPT, vient de marquer un premier point dans son face à face avec le général Eyadéma. La CFD devra transformer l’essai, car la propagande des amis et commanditaires du général est insidieuse : vaut mieux Eyadéma qu’une situation à l’ivoirienne ou à la centrafricaine.

La constitution togolaise ne lui laisse pas le choix et il s’est, de toutes les façons, engagé devant la Nation et le président Chirac à quitter ses fonctions au terme de son mandat (parole de militaire). Les togolais le laisseront-ils pérorer jusqu’au prochain rendez-vous de la vérité en Mars 2003 ?

La rédaction