06/10/2022

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Togo : Faure Gnassingbé entre atterrissage et accouchement forcé

L’incident de l’avion présidentiel togolais, le soir du 3 septembre à l’aéroport de Bruxelles serait resté sans suite si le Président du Klan, Faure Gnassingbé n’était pas à bord. Manque de kérosène selon la version officielle. Les autorités aéroportuaires furent obligées de bloquer l’espace aérien pour permettre au pilote, un as en la matière, d’atterrir en vent arrière sur la piste 07, sens contraire au mouvement habituel d’un atterrissage normal. L’épaisse fumée noire qui s’en est dégagée, ne peut relever uniquement du freinage…N-y-a-t-il pas un problème beaucoup plus sérieux concernant la maintenance de l’appareil depuis Lomé ou tout simplement un sorte de « remake de Sarakawa du feu père Eyadema » ? En effet, tout le monde se rappelle que lors de l’accident de Sarakawa, Le DC.3 présidentiel s’est écrasé à l’atterrissage suite à un défaut des réacteurs… Bref, qui a intérêt à mettre en difficulté Faure Gnassingbé dans sa course contre la montre pour retarder la démocratie togolaise ?

Les adversaires de la démocratisation du Togo ne sont-ils pas nombreux dans l’ombre : le Klan Gnassingbé, la partie de l’armée non républicaine, les leaders fantoches, les narco trafiquants, les affairistes sans foi ni loi, etc.….? Cela ne peut être exclut. Mais cela pose un problème de fond : Tous les engagements forcés que l’Union européenne et la présidence française vont discrètement transmettre à Faure Gnassingbé pour accélérer la création d’un gouvernement d’union nationale avec à sa tête une personnalité de poids, risquent de ne pas plaire aux militaires qui gouvernent le Togo.

Pourtant, il faut se rendre compte de l’évidence qui consiste à penser que, malgré la visite officielle en France depuis le 7 septembre 2006, et avec la démission surprise de gouvernement de Charles Konan Banny, officiellement pour n’avoir pas pu contrôler la corruption galopante au port d’Abidjan qui a permis de transformer la Côte d’ivoire en une poubelle des pays occidentaux, les choses s’accélèrent. L’opération Licorne en Côte d’Ivoire ne peut perdurer sans l’aéroport de Lomé qui sert de base arrière-logistique. Si dans cet aéroport un avion transportant Faure Gnassingbé, le président autoproclamé, se retrouve avec des incidents frôlant la catastrophe, alors qui contrôle l’aéroport de Lomé ?

Faure Gnassingbé est-il indésirable parce qu’il n’arrive plus à assurer la sécurité à Lomé ? En effet, le fait que personne ne trouve le temps de dîner avec lui comme cela est prévu au protocole français est révélateur de l’attitude formelle de la France. Le soutien indéfectible n’est pas aussi intense que l’on pourrait le croire. Et tout le monde sait que le Président Chirac, sincère en amitié, n’apprécie pas les hésitations du pouvoir togolais à demander d’abord, l’avis d’une armée non républicaine avant de prendre des décisions qui vont engager l’avenir du pays.

Néanmoins, la France, par le biais du ministère des Affaires étrangères, va offrir un dîner le 7 septembre en l’honneur Faure Gnassingbé, le Président proclamé par la partie de l’armée non républicaine au Togo. On ne verra ni la participation de Jacques Chirac, ni de Mr. Douste-Blazy, le Ministre des affaires étrangères françaises, ni Mme Michèle Aliot-Marie, Ministre de la Défense, ni Brigitte Giradin, ministre délégué à la Coopération. Cela fait beaucoup. Les affaires étrangères, pour assurer le protocole, ont proposé Philippe Bas, ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux personnes handicapées et à la Famille. Un thème très important au Togo où justement le budget consacré à la sécurité sociale, aux personnes âgées et aux personnes handicapées est insignifiant.

Face à la levée de bouclier de la Diaspora un peu partout, face à une France qui ne veut plus perdre la face dans une Europe à 25 où elle ne représente qu’elle-même, face à son soutien indéfectible à des dictatures africaines, il ne faut pas s’étonner que Faure Gnassingbé risque de se retrouver bien seul parmi ses supposés protégés.

Quant aux efforts non négligeables de sa part consistant à offrir des valises de billets de banque pour acheter à sa cause un partie de la Diaspora, il faut savoir qu’aujourd’hui il y a ceux qui refusent de se faire acheter, mais il y a aussi, une nouvelle catégorie plus opportuniste qui « mange et continue sa résistance ».

Vivement la conférence de presse de Faure Gnassingbé le vendredi 8 septembre 2006 pour savoir s’il a bien compris la leçon de chose démocratique que l’Union européenne vient de lui infliger grâce au travail de fond de la Diaspora, celle qui défend les intérêts de la population togolaise.

Quant à la France, malgré sa gestion opportuniste et conservatrice du pré-carré africain, elle ne peut continuer à soutenir des Français mafieux au Togo et une armée non républicaine qui n’écoutent pas toujours le fils du père, mais fonctionnent comme des bandes sans repère dans un Etat défaillant.

Toutesfois, la vigilance de la Diaspora togolaise doit être accrue lors de l’accouchement aux forceps d’un Premier ministre et d’un gouvernement d’union nationale dans les bas-fonds de l’Elysée.

La rédaction letogolais.com