29/09/2022

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Togo : Faure Gnassingbé est de mauvaise foi

par Tido BRASSIER

Les rodomontades de Faure Gnassingbé lors du congrès du RPT sur l’entrée de l’UFC au gouvernement d’union nationale sont un écran de fumée pour masquer les difficultés qu’il rencontre au sein de son parti le RPT. Ses diatribes sont par ailleurs révélatrices «de la paranoïa politique » et d’un malaise profond que vit le fils du dictateur Eyadéma au sein de son clan. Son attitude devrait tout de même alerter l’Union Européenne et la France sur l’impasse dans laquelle se trouvent la famille Gnassingbé et la junte militaire au pouvoir au Togo depuis plus de 40 ans. L’UFC est et reste un interlocuteur incontournable et seulement des élections libres et transparentes sous l’égide des Nations Unies permettront la résolution de la crise togolaise.

En déclarant qu’il ne répondrait pas à « des exigences fantaisistes » de l’Union des Forces de Changement (UFC) Faure Gnassingbé est de mauvaise foi puisqu’il a poursuivie Gilchrist Olympio pendant des mois à Abuja, Rome (au sein de la communauté Saint Egidio), Accra et Paris pour lui proposer comme solution de sortie de crise le partage du pouvoir. Il est maintenant évident que la junte militaire des Gnassingbé ne courait qu’après une signature pour légitimer l’élection présidentielle frauduleuse d’avril 2005. Sa prestidigitation a effectivement détournée la raison et abusée la bonne foi des leaders de l’opposition togolaise. Faure Gnassingbé n’était guère motivé par un souci de pacification au Togo contrairement à ce que nous font croire son parrain Jacques Chirac et Louis Michel, le commissaire européen dans le rôle de sous-traitant de la cellule Afrique de l’Elysée. Une fois que cette signature est obtenue dans le cadre de l’Accord politique global (APG) signé à Ouaga le 20 Aout 2006, l’UFC est devenue un empêcheur de tourner en rond dont il faut rapidement se débarrasser.

En tenant ces propos insultants et réducteurs à l’égard de l’UFC et de son président Gilchrist Olympio, l’objectif du petit dictateur est de provoquer un clash et de fragiliser l’accord politique global. Il croit pouvoir déclencher une crise politique susceptible d’entraîner le départ de l’UFC du processus en cours, pour mieux contrôler le mécanisme, seul avec ses partis satellites. En clair, le RPT craint d’affronter l’UFC dans les urnes et préfère miser sur son boycott pour avoir les mains libres !!!

Ces manipulations sont caractéristiques de la junte militaire togolaise, dont le jeune putschiste héritier du dictateur Eyadéma a bien assimilé la stratégie de la terreur qui leur a permis de se maintenir au pouvoir pendant 40 ans. Il semble qu’au rythme où vont les turpitudes de ces usurpateurs, les élections législatives de 2007 soient jouées d’avance.

Faure Gnassingbé qui est arrivé au pouvoir par un crime de masse, n’est pas le mieux placé pour donner des leçons de conduite en politique au Togo. Le risque de séparatisme est éminent; il convient que l’Union européenne et la communauté internationale assument leur responsabilité pour arrêter cette mascarade et prennent en main l’organisation de ces élections. Il en va de l’Unité du Togo.