28/09/2022

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Togo: Gilchrist Olympio floué par Louis Michel (EU)

Louis Michel est-il donc réellement ce personnage bizarre dont a parlé Jean Pierre FABRE et dont les idées changent au gré de ses humeurs ? Où est-ce l’UFC qui par excès de naïveté se laisse enfariner par lui ? Aujourd’hui, il apparaît de plus en plus que la Commission Européenne n’est plus très regardant en ce qui concerne le mode de recensement et de sécurisation des cartes d’électeurs tel que l’UFC soutenue par le CDPA et le CAR l’entendent.

Et pourtant, au cours de sa visite au Togo en juin 2006 et lors de l’entretien qu’il a eu avec la délégation de l’UFC à Bruxelles en Mai 2006, Louis Michel avait marqué la disponibilité de l’Union Européenne à assister techniquement et financièrement notre pays en vue de la réalisation d’un recensement électoral devant permettre la confection d’un fichier électoral à jour et fiable à l’instar de ce que la Commission a réalisé en RD Congo. Faisant donc sienne cette proposition de Louis Michel, Gilchrist Olympio a estimé qu’«il est très important pour la crédibilité des prochaines élections législatives, que l’UE puisse aider notre pays à confectionner un fichier électoral fiable à travers un recensement électoral de type RD Congo permettant la délivrance immédiate de carte d’électeur infalsifiable avec photo, ce qui correspond à l’esprit de l’Accord Politique Global ».

Mais voilà que la Commission Européenne joue les Ponce Pilate en annonçant en des termes diplomatiques, l’abandon du système de recensement de type RDC. L’Union Européenne opte implicitement pour des cartes d’électeur sécurisées sans photo en feignant de s’en remettre à la décision consensuelle qui devrait prévaloir à la CENI sur cette question. Lorsque le Comité de Suivi recommande à la CENI de s’inspirer des expériences des pays de la sous-région, il n’y a pas d’autres termes pour signifier le rejet du système de type RDC. Il est vrai que la Commission Européenne s’appuie sur la facilitation pour banaliser la proposition de Louis Michel qui est en train d’être abandonnée. La position même du facilitateur s’avère une garantie pour l’UE, car il est évident que Blaise Compaoré l’arbitre ne saurait siffler en faveur de l’équipe informelle (CAR-UFC-CDPA) qui réclame ce qu’il ne peut admettre chez lui au Burkina. S’il recommande des cartes d’électeur avec photo dans le cas du Togo que répondra t-il à ses opposants qui pourraient descendre dans les rues de Ouagadougou pour réclamer la même chose ? Le Premier ministre avait, semble-t-il, flairé ce revirement. Et c’est peut-être pour préparer les esprits à s’adapter à la position de la facilitation et de l’UE que dans son communiqué suite à sa rencontre avec une délégation de la CENI le 30 Novembre, il faisait ressortir que la mise en œuvre des points de l’Accord sur la sécurisation des cartes d’électeur n’est pas sans difficultés.

De plus, lorsqu’on insiste sur les implications financières et la faisabilité dans le temps, il y a là une façon subreptice de dire qu’il faut éviter des situations compliquées – allusion faite aux cartes avec photo – qui pourraient pousser le processus électoral au-delà de juin 2007.

A l’issue du dialogue intertogolais à Ouaga, l’UFC faisait comprendre que le Poste de Premier Ministre lui avait été promis. Cela s’est révélé un gros canular. Aujourd’hui c’est le même parti qui se trouve floué par Louis Michel sur cette affaire de Carte d’électeur sécurisée avec photo. A quand la prochaine dribble ?

AS