07/10/2022

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Togo: Jean-Pierre Fabre  » pense que la candidature unique de l’opposition est une exigence fondament

Transcription de l’entretien de Jean6Pierre FABRE à Africa24 »

Pourquoi voulez-vous être président du Togo?

C’est très simple. Pour apporter le minimum de bien-être et de liberté aux Togolais qui en ont réellement besoin. Vous-même vous voyez l’état de délabrement de notre pays, la manière dont les populations souffrent. Il faut faire quelque chose pour les sortir de cette situation. C’est le but de notre organisation politique.

Vous êtes préparé pour être président?

Je ne m’attendais pas à cette candidature. Mais j’ai toujours tenté de faire la politique; et si c’est l’aboutissement de mon engagement politique, alors-là, je peux dire que je me suis préparé depuis longtemps.

Quels sont vos atouts et ceux de votre parti, l’UFC ?

Mon parti est très implanté dans le pays. Il a une implantation nationale. Moi-même j’ai sillonné le pays, j’ai labouré le terrain depuis très longtemps et donc je suis connu, très connu. Le régime qui dirige le pays depuis très longtemps en sait quelque chose. Nous avons toujours gagné les élections.

Mais vous n’avez jamais dirigé le pays ?

Oui ! Cela veut dire que le pouvoir en place a toujours confisqué notre victoire. C’est pourquoi nous nous impliquons beaucoup dans la préparation de cette élection afin d’éviter cette situation.

Quel est votre modèle en politique ?

Très rapidement, Nelson Mandela. Pour la manière dont il a mené avec ses compagnons, la lutte contre le système de l’apartheid. La détermination avec laquelle la lutte a été menée. La manière avec laquelle il a géré l’Afrique du Sud. C’est-à-dire qu’après sa libération, il a été président et tout a été géré de manière à éviter les conflits. Il mérite notre admiration.

Vous êtes longtemps resté avec Gilchrist Olympio, il vous a inspiré un peu ?

Sa détermination, sa combativité et également la manière avec laquelle il a mené la lutte depuis toujours m’ont beaucoup inspiré.

« Alternance et le Changement », est votre slogan de campagne. Qu’est-ce qu’il faut changer ?

Il faut tout changer. De fond en comble. Parce que comme je l’ai dit tout à l’heure, le système qui régit le pays n’a rien apporté aux Togolais. Nous devons mener des réformes. Donc tout est à refaire. Vous voyez vous-même l’état de notre pays. Les routes, les écoles, les hôpitaux. Toutes les infrastructures sont à reconstruire. Bref, il faut tout changer et c’est seule la volonté politique qui peut apporter le bien-être aux populations. Or le pouvoir en place n’a pas cette volonté. Il ne défend que les intérêts d’un petit groupe de personnes, les collaborateurs du président. C’est ce qui est accablant. Dans ces conditions, il faut chasser rapidement ce pouvoir et mettre en place un système capable d’opérer les réformes politiques et redresser l’économie. Donner rapidement aux institutions de la République, les moyens nécessaires pour leur bon fonctionnement. Mobiliser les ressources et les gérer rationnellement. Dire non à la gestion catastrophique des ressources qui caractérise le pouvoir de Faure.

Que dites-vous du chantier de la réconciliation nationale actuellement en cours ?

La réconciliation nationale passe d’abord par le respect mutuel. Et le respect mutuel passe d’abord par le respect des verdicts des populations. L’organisation de bonnes élections peut résoudre à 90% cette question. C’est le fait que celui qui dirige le pays n’a pas de légitimité qui fait que la réconciliation nationale tarde à arriver.

Est-ce qu’il y a aujourd’hui des relations contre le président Faure et votre parti l’UFC ?

Il n’y a pas de relations particulières. Nous sommes dans l’opposition et Faure Gnassingbé est président de la République. Nous savons les conditions dans lesquelles il est arrivé au pouvoir, il n’a aucune légitimité. Donc notre relation avec lui c’est celle d’une opposition avec un pouvoir de fait.

Vous n’avez jamais dialogué avec lui ?

Nous l’avons rencontré deux ou trois fois et nous avons discuté des positions de notre parti sur les différents aspects de l’organisation des élections. En dehors de ça, on n’a pas d’autres contacts particuliers.

Quel regard portez-vous sur le débat autour de la candidature unique ?

Je pense que la candidature unique de l’opposition est une exigence fondamentale. Avec le mode de scrutin que nous avons, scrutin uninominal à un seul tour, plusieurs candidats de l’opposition face au candidat du pouvoir serait une erreur grossière.

Avez-vous obtenus des garanties pour le bon déroulement du scrutin ?

Non ! Mais allons quand même. Notre souhait est que cette élection se déroule dans de bonnes conditions. Transparence, équité, sincérité… Mais notre grande inquiétude, c’est le fichier électoral. La condition dans laquelle s’est déroulée la révision des listes électorales ne garantit pas un fichier fiable. Et vous savez tous que la base de toute élection sérieuse, c’est d’abord la fiabilité du fichier électoral. Donc ce que nous demandons, c’est de corriger à fond ce fichier.

Beaucoup pense que si vous êtes élu le 04 mars, Gilchrist Olympio sera le véritable président de la République. Que répondez-vous ?

Si je gagne, le président de la République, ce sera moi. M. Gilchrist Olympio a son poids dans la lutte. N’oubliez pas qu’il est le président national du parti qui me présente. Il a certainement des conseils à donner et ces conseils seront les biens venus et d’ailleurs, je n’attendrai pas qu’il vienne me donner des conseils. C’est moi plutôt qui irai vers lui.

Interview AFRICA24