08/08/2022

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Togo: La CDPA-BT Et le CPDC…la poursuite de combat démocratique

I- La direction de la CDPA-BT suit avec attention les péripéties de la création du CPDC le 4 février 2009 par le Pouvoir en place et la polémique dont elle fait l’objet au sein du courant dominant de l’opposition togolaise. En attendant de revenir plus amplement sur cette question du CPDC, notre Parti se contente pour l’instant de faire les constats suivants :

1- La création du CPDC et l’élargissement si démagogique de ses membres au-delà des signataires de l’APG procèdent d’une manœuvre de diversion et de division pour affaiblir l’opposition parlementaire et conforter les positions du régime et à son parti. La réunion du comité de suivi le 3 mars à l’hôtel Sarakawa et les conclusions de cette réunion le montrent bien.

2- Plus grave encore, la création du CPDC de la manière dont le régime l’a fait est une nouvelle manipulation de l’opinion pour la dévier des problèmes essentiels de l’heure tout en se donnant le beau rôle : Faure a réussi à endosser le manteau de l’homme au-dessus de la mêlée ; il est devenu l’homme qu’il faut « saisir » en cas de « désaccords majeurs et profonds sur les questions essentielles… », et « s’en remettre à sa sagesse » ; il est devenu l’homme d’ouverture et de large consensus…

3- Par le CPDC, le Pouvoir et son parti ont réussi une fois de plus, à semer la zizanie au sein du courant dominant de l’opposition, où les « grands leaders » sont encore partis en guerre les uns contre les autres, au grand profit du Régime Eyadema-RPT. Cette nouvelle guéguerre est une autre conséquence de la politique d’opposition dominante conduite par ces « grands leaders » et dont la CDPA-BT n’a pas cessé depuis des années d’attirer l’attention de l’opinion togolaise sur les incohérences et des ratages répétés.

4- En créant le CPDC de la manière dont il l’a fait, le Pouvoir a su, une fois de plus, exploiter les ambigüités, les dispositions floues et les incohérences insidieusement insérées dans l’APG au profit du régime et son parti par les rédacteurs de ce document. Rappelons que c’est grâce à ces ambigüités, dispositions et incohérences politiques que le RPT a pu obtenir sa majorité absolue dans l’Assemblée issue des législatives du 14 octobre 2007.

II- Se fondant sur ces constats, la CDPA-BT :

1- Refuse de se laisser entraîner dans cette guéguerre engagée par le courant dominant de l’opposition autour du CPDC. Elle constitue une agitation inutile, sans intérêt pour les aspirations de l’écrasante majorité des Togolais au changement démocratique. Une preuve remarquable : Après avoir dénoncé le CPDC à juste titre, boycotté la réunion tenu pas le représentant du facilitateur burkinabé le 3 mars l’hôtel Sarakawa, l’UFC et le CAR continuent de siéger dans ce même CPDC alors que les conclusions de la réunion ont repris exactement les positions du régime et de son parti. 2- Réaffirme que toute cette polémique montée autour du CPDC participe à une manipulation de l’opinion pour le détourner des problèmes prioritaires de l’heure. 3- Réaffirme que ces problèmes prioritaires sont : la réforme de la constitution, la réforme de la Cour constitutionnelle dans sa composition comme dans ses fonctions, l’indépendance de la magistrature togolaise, le problème de la participation de la diaspora aux élections, le grand problème de la vie chère. Ce sont là les vrais problèmes d’intérêt national dans la situation politique et sociale actuelle. La possibilité d’une alternance démocratique au pouvoir passe nécessairement par la résolution préalable de ces problèmes prioritaires d’intérêt national.

III- La CDPA-BT déclare avec force que, dans le contexte politique actuel :

1- Le CPDC restreint ou élargi n’est pas le cadre approprié de résolution de ces problèmes prioritaires, ni même de recherche de solutions à proposer. Il sera d’autant moins en mesure de traiter valablement de ces problèmes prioritaires qu’il sera un cadre consultatif élargi à tout venant. C’est une structure parfaitement inutile et inutilement dispendieuse dans les conditions actuelles de la vie politique et sociales du pays. Les problèmes politiques d’intérêt national sont, par principe, étudiés par une Assemblée Nationale, qui délibère et légifère.

Que l’Assemblée issue des législatives du 14 octobre 2007 est ce qu’en ont fait les rédacteurs de l’APG et la politique d’opposition dominante n’est pas une raison pour le régime de profiter de la situation pour manipuler gratuitement l’opinion.

2- Par principe, le « cadre permanent de dialogue et de concertation », taillé sur mesure par l’APG pour les partis et organisations ayant siégé au 12e dialogue, n’est pas non plus un cadre de règlement des problèmes d’intérêt national. Sauf s’il n’existe pas une Assemblée nationale. On ne peut pas doubler une Assemblée national d’une structure permanente de règlement des problèmes d’intérêt national où les partis et les organisations sensées représenter la société civile continueraient de siéger.

Que l’Assemblée issue des législatives du 14 octobre 2007 est ce qu’en ont fait les rédacteurs de l’APG et la politique d’opposition dominante n’est pas une raison d’accentuer la confusion dans les esprits. 3-Enfin, en raison de la composition actuelle de l’Assemblée et des incohérences de la politique d’opposition menée jusqu’à présent par le courant dominant de l’opposition, les problèmes prioritaires qui préoccupent les Togolais en ce moment ne pourront pas trouver dans l’hémicycle des solutions susceptibles d’ouvrir la voie à l’alternance démocratique.

En tenant compte de tout ce qui précède, la CDPA-BT réaffirme ce qui soit : Pour permettre au combat pour la démocratie (pas la démocratie « apaisée ») de cesser de faire du surplace et pour le mettre en mesure de prendre un nouvel élan vers l’objectif de la démocratisation du système politique du pays, une seule solution : redonner à la masse de la population si longtemps soumise à l’oppression son rôle historique en construisant ensemble un vaste mouvement national, le Mouvement de la Force Alternative d’opposition (MFAO).

Fait à Lomé, le 20 Mars 2009

Pour la CDPA-BT
Le Premier Secrétaire
Prof. GU-KONU