03/10/2022

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Togo: La démarche de la Commission Vérité-Réconciliation critiquée

Le Groupe de réflexion et d’action pour le dialogue, la démocratie et le développement (GRAD), une organisation de la Société civile togolaise, a vivement critiqué la méthode d’échantillonnage de la population dans le cadre de l’organisation des consultations nationales devant aboutir à la création d’une Commission Vérité-Justice-Réconciliation au Togo.

Dans un document, intitulé « Le GRAD s’interroge : les consultations nationales sont-elles une voie obligée vers la commission Vérité-Justice-Réconciliation ? », l’ONG « craint que l’organisation des consultations nationales telle que présentée n’entretienne en réalité le dilatoire, compte tenu du contexte historique et politique de la longue crise togolaise ».

Le GRAD évoque comme autres raisons « les habitudes de banalisation des réformes de l’APG (Accord politique global, signé le 20 août 2006 et ayant permis les législatives de 2007), déterminantes pour la sortie de crise et de l’absence de conviction dans la recherche des mécanismes de la réconciliation nationale préconisée et annoncée depuis les décennies ».

Pour le GRAD, les enquêtes prévues dans le cadre de ces consultations visant à recueillir des avis des populations sur le mécanisme de Vérité -Réconciliation, à mettre en place, « comportent beaucoup plus de risques de manipulation ».

L’ONG pense que ces enquêtes vont augmenter « les menaces d’insécurité ou d’intimidation à l’endroit des personnes appelées à répondre au questionnaire proposé », en raison de la « faible garantie de confidentialité des entretiens au regard du mode de recrutement des enquêteurs et de la gestion par les commanditaires des résultats recueillis ».

Ces consultations portent sur une enquête d’opinion de la population auprès d’un échantillon de 3 000 personnes, soit environ, un millième de l’électorat togolais, souligne-t-on.

Le GRAD suggère plutôt la prise en compte des résultats des enquêtes des Nations unies, du gouvernement togolais et de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), suite aux violences survenues lors de la présidentielle de 2005, après le décès du président Gnassingbé Eyadéma.

Officiellement lancées le 15 avril dernier par le président Faure Gnasigbé, avec l’appui du Haut commissariat des nations Unies pour les droits de l’homme (HCDH), les consultations s’inscrivent dans le prolongement de l’engagement pris par les autorités et les parties prenantes à l’APG de faciliter le pardon et la réconciliation, lutter contre l’impunité et renforcer l’unité nationale.

Lomé – 22/06/2008

Pana