01/10/2022

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Togo ! la responsabilité patriotique

Le peuple togolais continue d’écrire les pages sombres de son histoire dans l’indifférence, dans l’insouciante et surtout dans l’hypocrisie de la communauté internationale. Livré à lui-même le peuple ne sait plus d’où lui viendra les secours. Les leaders politiques sont plus ou moins usés par la lutte démocratique et certains tombent dans le « relooking » en changeant de veste au détriment des intérêts du peuple.

Notre démocratie, c’est lent mais ça vient. Ainsi, contre vent et marré, le peuple continue de mettre son espoir dans l’opposition traditionnelle malgré ses insuffisances. Cependant, le peuple ne sera plus naïf ; raison pour laquelle les responsables de l’opposition doivent avoir à l’esprit que ce peuple n’est pas prêt à revivre à nouveau le lendemain d’un certain 26 avril 2005. Depuis cette date qu’est-ce qui a pu changer vraiment sur la terre de nos aïeux ? Rien ; sinon Ouaga III version Faure et à la clef Me Agboyibo à la primature. L’heure n’est plus de critiquer le Berlier noir mais de l’aider dans sa mission principale : l’organisation des élections législatives.

Une photographie de la persistance crise socio-politique togolaise met en évidence trois points :
– Une stratégie basée sur la culture de la violence sous toutes ses formes : base de la méthode du RPT pour maintenir, accroître et pérenniser le pouvoir par tous les moyens et le tout orchestré et instrumenté par un système d’impunité légitimé ;
– L’impuissance d’une opposition en panne de véritables stratégies ou ne disposant pas de moyens de ses actions, le tout sur fond d’une querelle de leadership ;
– Une communauté internationale calculatrice et sourde aux cris de désespoir des togolais.

Beaucoup d’actes posés par la partie présidentielle depuis la prise du pouvoir du Premier Ministre Agboyibo sont des signes avant coureurs de tout ce qui se trame sur le dos du peuple. Il ne faut plus se voiler la face, la démocratie au Togo ce n’est pas pour demain. Loin d’être prémonitoire la phrase de Gnininvi demeure d’actualité : « la démocratie d’abords le multipartisme après « . Les prochaines élections législatives ne changeront en rien la donne d’aujourd’hui sinon qu’elles renforceront et légitimeront le pouvoir de Faure.
Dans un Etat où l’impunité constitue un facteur d’encouragement de l’appareil répressif d’Etat, que peut faire l’opposition ? Des organisations nationales et internationales se sont succédées et montées au créneau pour identifier et démontrer d’une manière irréfutable la responsabilité des auteurs des violences, des viols, des tueries, des tortures physiques morales… mais rien n’est fait. Aujourd’hui, certains auteurs bien identifiés dans certaines violences sont promus et vivent libres comme l’air et continuent par hanter le quotidien de certaines victimes survivantes même en exile. Si rien n’a été fait jusqu’aujourd’hui rien ne se fera demain : l’impunité est un instrument de gouvernance du pouvoir et surtout une méthode d’intimidation psychologique.

Qu’est-ce qu’il faut faire ? C’est là la grande question car en ce moment le camp présidentiel profine ses stratégies et affûte ses armes pour frauder une fois encore les élections : les rumeurs des discours dans les casernes sont à prendre au sérieux. Pendant ce temps que fait l’opposition ? Ce n’est pas le moment de dévoiler la stratégie mais une chose est sûre il faut que la diaspora togolaise se mobilise. Si un changement doit intervenir au Togo la diaspora doit continuer de relayer le travail effectué sur place. Aussi faudrait-il que dès à présent toutes les diaspora togolaises dans leurs pays d’accueil respectif donnent un signal fort à Faure et son équipe par l’organisation d’un rassemblement démonstratif et de positionnement. Les puissances occidentales (surtout la France) qui conseillent le pouvoir dans la répression et les fraudes doivent désormais rencontrer sur leur chemin une diaspora déterminée. Il est temps que chaque membre de la diaspora mondiale togolaise agisse comme si le changement au Togo dépendait que de ses actions patriotiques qu’il posera dans les trois mois à venir. La diaspora doit désormais aller au-delà de ce qu’elle avait fait au lendemain du 05 février 2005.

Les leaders de l’opposition doivent travailler de communs accords pour maximiser les conditions de concrétisation de la future victoire dans la réalité. Des urnes que des militaires se passent dans la rue comme un témoin d’une course de relais devant les objectifs des cameras du monde sans être iniquités doivent trouver des parades. Comme la diaspora les leaders de l’opposition doivent aussi plus que jamais se mobiliser pour minimiser les fraudes de la partie adverse.

L’enjeu est très important, le Togo appartient à chaque togolaise et togolais comme il appartient à la famille Gnassingbé. La dynastie qui prend racine au Togo doit disparaître. Les sacrifices consentis par le Togo d’en bas doivent cesser. Notre démocratie c’est lent mais ça vient.
Que Dieu bénisse le Togo !

Genève, le 04 février 2007
Eric Comlanvi AKOUSSAN