06/10/2022

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Togo: le mémorandum de Faure Gnassingbé sur son projet de dialogue avec les Togolais

Faure Gnassingbé vient de transmettre à six partis politiques togolais un mémorandum(que nous publions en intégralité) en vue d’une relance du dialogue politique. D’emblée, quelques remarques s’imposent:

– Faure Gnassingbé qui est arrivé au pouvoir par le sang et le massacre de presque un millier de Togolais a t-il la légitimé pour parler de dialogue et invoquer la tolérance?

– On le sait désormais, les médiations de Sant’ Egidio entre le RPT et l’UFC sont des échecs. A tout le moins, la dernière rencontre de Rome. Les deux partis ne se sont pas entendus sur les points discutés : réformes de l’armée et reformes institutionnelles. Il n’y a même pas eu d’accord de principe sur ses discussions!

– Alors, à quoi sert cet énième dialogue que nous servent le clan Gnassingbé et le RPT. Enfin, qu’en est-il de la réforme de l’armée et de la question de l’impunité?

Ce document qui ressemble à un catalogue de bonnes intentions ne doit abuser aucuns togolais qui veulent un changement de régime et choisir librement leurs dirigeants, président députés et maires. Pour l’instant, Faure Gnassingbé peut toujours se targuer d’être président de fait du Togo, mais un président élu par les bêtes sauvages.

DIALOGUE POLITIQUE INTERTOGOLAIS

MEMORANDUM INTRODUCTIF

Introduction

Au cours des mois écoulés, le Président de la République a renoué les contacts et mené des consultations avec l’ensemble des sensibilités politiques ainsi que des représentants de la société civile et des forces vives de la nation. Ces consultations ont permis de passer en revue les principaux problèmes et défis qui se posent au pays.

Les questions abordées portaient essentiellement sur le processus d’apaisement, de restauration de la confiance mutuelle et de réconciliation nationale, le retour et la réinsertion des réfugiés et des personnes déplacées ainsi que la relance du dialogue politique et la préparation des élections législatives et locales. Ce sont là des questions d’intérêt national, qui méritent la contribution de tous et de chacun, dans un esprit d’ouverture et de consensus.

Concernant le dialogue politique en particulier, ces consultations ont permis, entre autres, de recueillir les points de vue des principaux acteurs concernés et d’esquisser ainsi les grandes lignes pour la reprise des pourparlers politiques.

Le présent mémorandum est une synthèse des déterminants et des fondamentaux en vue de la relance du dialogue politique, tel que préconisé dans cette nouvelle phase de l’évolution socio-politique du pays. Ces déterminants et « fondamentaux permettent de préfigurer la forme, le cadre et l’agenda pour un dialogue structuré, transparent et crédible, conformément au point 1.1 des 22 engagements.

1. Les participants au dialogue

Le dialogue en vue, se poursuivra dans le même cadre que celui accepté par les acteurs politiques et l’Union Européenne en 2004, conformément au point 1.1 des 22 engagements. Dès lors, devraient prendre part à ce dialogue, les cinq partis de l’opposition dite traditionnelle, le RPT, le gouvernement en tant que dépositaire et comptable des 22 engagements que l’Etat togolais avait souscrits avec l’Union Européenne ainsi que les deux organisations de la société civile qui ont été habituellement associées aux processus politiques.
Toutefois, étant donné qu’elles visent à la recherche d’un consensus national, les assises du dialogue devraient veiller à prendre en compte les points de vue et les préoccupations des, composantes politiques et sociales qui ne sont pas retenues pour prendre part aux pourparlers.

2. Le format ou la forme du dialogue

En raison de la nouvelle donne politique et afin de lui assurer l’efficacité voulue, il serait souhaitable que le dialogue politique puisse se dérouler sous la forme de pourparlers ou concertations entre les parties prenantes.

Au besoin, le dialogue bénéficiera du concours d’une personnalité étrangère ayant pour rôle de faciliter et animer le débat. Il apparaît aussi utile que des observateurs de l’Union Africaine et de la CEDEAO puissent assister au déroulement du dialogue politique.
Enfin, si cela apparaît nécessaire, le dialogue pourrait se tenir en dehors du Togo, dans une des capitales de la sous région.

3. Le contenu/agenda et les objectifs du dialogue

L’agenda du dialogue devrait rester ouvert, étant entendu que l’objectif essentiel visé consiste à parvenir à un consensus sur un cadre électoral démocratique et ouvert permettant la tenue d’élections législatives et locales fiables et transparentes. Les pourparlers politiques doivent donc permettre aux parties prenantes de débattre sereinement et de s’accorder sur les questions essentielles et prioritaires du moment, à savoir :
· La poursuite de la mise en oeuvre des 22 engagements, sur la base d’un
état d’avancement de ces 22 engagements ;
· La consolidation de l’Etat de droit et le renforcement des capacités des institutions à vocation régulatrice et d’appui à la démocratie ainsi que des efforts de protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

· Les mesures de restauration de la confiance mutuelle et de décrispation de la vie sociale et politique de même que la poursuite de la dynamique d’apaisement et de réconciliation nationale. Cela nécessite notamment le renforcement des conditions optimales en vue du retour et de la réinsertion des réfugiés et des personnes déplacées dans des conditions de dignité et de sécurité ;

· La réforme du cadre électoral et la mise en place des autres conditions en vue de l’organisation des élections législatives et locales libres, fiables et transparentes (réaménagement des textes législatifs, institutionnels et réglementaires relatifs à l’organisation d’élections démocratiques et ouvertes, révision du fichier électoral et des listes électorales, recomposition de la CENI, etc.).

Le délai et la durée des pourparlers ne pouvant permettre d’épuiser tous les problèmes qui mériteraient d’être abordés, le dialogue est appelé à se poursuivre dans le cadre d’un mécanisme permanent de concertation qu’il conviendrait d’instituer à l’issue des assises du dialogue. Ce mécanisme servirait également de structure de suivi et d’évaluation de l’application des décisions retenues.

4. La durée du dialogue politique

La durée du dialogue politique doit être appréciée en fonction de l’objectif ultime, qui consiste à permettre aux acteurs et composantes concernés de la société togolaise de discuter en toute sérénité et de s’accorder sur les éléments essentiels du cadre électoral pour aller rapidement aux élections législatives. Dès lors, une période n’excédant pas deux à quatre semaines devrait suffire pour des concertations approfondies et concluantes, pour peu que les uns et les autres puissent faire preuve de bonne foi et d’engagement en inscrivant le dialogue dans une réelle volonté d’aboutir.

En définitive, la relance du dialogue est envisagée clans un esprit d’ouverture’ et de conciliation et avec le souci, primordial de rétablir la sérénité et la confiance mutuelle et de parvenir ainsi à un consensus national sur les nouvelles orientations qui doivent fonder la poursuite des efforts de consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit ainsi que l’enracinement d’une culture de tolérance et de respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Au moment d’amorcer ce dialogue entre Togolais, avec le concours des partenaires habituels du pays, il convient d’avoir en mémoire les raisons qui ont généralement conduit à l’échec des multiples tentatives de compromis politiques, souvent convenus mais restés lettres mortes.

Ces raisons sont relatives notamment à la prégnance de la méfiance et de la suspicion, les velléités d’exclusion et la tentation d’un recours aux attitudes d’intransigeance, aux invectives et aux procès d’intention qui ont souvent pris le pas sur les exigences de recherche du consensus et du compromis.

Aujourd’hui, face aux difficultés quotidiennes et à l’angoisse des populations, la nation ne peut se permettre de différer éternellement les réformes et les adaptations nécessaires. Le gouvernement est donc appelé à poursuivre et approfondir, dans un esprit d’ouverture et de dialogue permanent, le chantier des réformes déjà entamées pour répondre aux aspirations et attentes des populations togolaises.

Cela doit pouvoir se faire sans aucun esprit partisan mais avec le souci unique de répondre au mieux aux intérêts de la nation et de lever les verrous persistants qui freinent la mobilisation des financements pour la relance de la croissance sociale et économique et pour le développement.

Par ailleurs, après plus d’une décennie de turbulences et de tensions sociopolitiques, les problèmes et les préoccupations auxquels la société togolaise est confrontée sont multiples et multiformes. Sur le plan purement politique et institutionnel, les enjeux et les défis sont nombreux. Il serait donc légitime et fondé de chercher à aborder, dans le cadre du dialogue, tous ces problèmes et préoccupations et d’y apporter des solutions idoines.

Face aux nécessités objectives, il convient cependant de donner la priorité à la recherche du consensus sur les questions qui sont en relation évidente avec les conditions optimales en vue de la tenue des élections législatives et locales libres, fiables et transparentes. Il en est ainsi de la nécessité de prendre des mesures concrètes de renforcement des capacités des institutions de la démocratie et de l’Etat de droit. De même, il s’agit d’apporter des réponses permettant d’éviter et de prévenir les cycles vicieux de violences et de troubles qui ont souvent émaillé le déroulement des processus électoraux.

C’est cela qui favoriserait une plus grande cohésion de la nation et permettrait l’imprégnation d’une culture de tolérance et de respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Enfin, il est attendu des principaux partenaires qu’ils puissent apporter leur concours et leur soutien à la matérialisation et au succès du dialogue et qu’ils puissent continuer à accompagner les Togolais dans leurs efforts pour consolider la paix et la stabilité dans la plénitude des capacités requises, et pour oeuvrer ensemble au développement harmonieux et concerté du pays.