27/09/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Togo : le messianisme de Yaowi Agboyibor !

– Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
– Excellences, Mesdames et Messieurs les Membres
du Corps Diplomatique et Consulaire,
– Mesdames et Messieurs les Représentants des Partis
Politiques,
– Autorités Administratives et militaires,
– Autorités Traditionnelles et Religieuses,
– Mesdames et Messieurs les Représentants
des Organisations et Associations de la Société Civile,
– Chères Militantes et Chers Militants du Comité d’Action
pour le Renouveau,
– Chères Candidates et Chers Candidats du CAR,
– Mesdames, Messieurs les journalistes,
– Chers Invités

Je voudrais, avant toute chose, adresser à vous tous chers invités, mes vifs remerciements pour être venus aussi nombreux honorer de votre présence, la cérémonie de ce jour.

Cela témoigne de l’intérêt que vous attachez les uns et les autres à cette étape du processus : l’investiture des candidates et candidats aux prochaines élections législatives.

L’étape est significative. Car elle permet de mesurer le chemin parcouru. Qui pourrait y croire il y a quelques mois ?

Que d’interrogations n’ont suscité les chances de mise en œuvre de l’Accord Politique Global ? Tant les esprits étaient déçus par les lendemains des précédents accords.

Mais les doutes se sont progressivement estompés au fur et à mesure que des actes concrets ont été posés.

Il s’agit notamment :

– de la formation du Gouvernement d’Union Nationale
– de la révision du code électoral conformément aux prescriptions de l’Accord Politique Global
– du choix du mode de scrutin et son incorporation à la constitution
– de l’instauration de la carte d’électeur numérisée avec photo
– du recensement électoral

Notre parti le CAR s’est tout particulièrement réjoui de l’installation de la CENI avec la participation de toutes les parties signataires de l’Accord Politique Global.

Il s’est surtout félicité du fait que les diverses composantes de la CENI se soient accordées à diligenter, de façon consensuelle les différentes opérations électorales, notamment, le recensement qui vient de se dérouler à la grande satisfaction de tous.

J’aimerais souligner au passage que ce consensus réalisé après celui de la signature de l’Accord Politique Global est d’une portée capitale dans la mesure où c’est la CENI qui est investie de la mission principale d’organiser et de superviser les élections, le Gouvernement n’étant appelé à jouer en la matière qu’un rôle d’accompagnement.

L’entente de la classe politique à travers la CENI a valu au processus non seulement l’adhésion de nos populations mais également l’appui moral, financier et technique de la communauté internationale.

Et c’est le lieu pour notre parti de remercier l’Organisation des Nations Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la CEDEAO, la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, et tous les partenaires en développement du Togo pour ce soutien.

J’exprime ma reconnaissance à Son Excellence Blaise COMPAORE, Président du Faso, Médiateur du Dialogue Inter Togolais, Président du Comité de Suivi de l’Accord Politique Global, pour la sagesse sereine et le doigté remarquable avec lesquels il a aidé et continue d’aider à la résolution de la crise togolaise.

Je remercie toutes les Togolaises et tous les Togolais pour leur patience, leur esprit de retenue et de tolérance tout au long de notre difficile cheminement.

Je souhaite vivement que ce soit dans ce climat de sérénité que s’achève la première phase de mise en œuvre de l’Accord Politique Global avec la campagne électorale et la tenue des élections le 14 octobre 2007.

Mesdames les candidates, Messieurs les candidats,

A l’heure où nous abordons le dernier virage qui nous conduira vers la fin de cette première phase du processus, je voudrais tourner mon regard vers vous et dire que le chemin qui est encore devant nous est tout aussi redoutable.

Les lendemains de nos populations sont entre vos mains. Vous avez pu constater à l’écoute des ménages et de la rue qu’après tout ce qui s’est passé, nos populations n’avaient plus envie d’aller aux élections. Elles ont été traumatisées par des élections à répétition qui n’eurent d’autres suites que des milliers de blessés, d’invalides et de morts, des départs massifs des jeunes à l’exil.
Et sous le poids de tant de malheurs, plusieurs de nos compatriotes ont fini par se laisser gagnés par le désespoir et la tentation de la résignation.

Mais heureusement le Seigneur est là. Nous ne cesserons au CAR de lui faire confiance et de le glorifier. Il a un plan pour le Togo.

Et dans son plan, le Seigneur n’a pas dit que le Togo doit sombrer. Il n’a pas dit que le Togo doit continuer à descendre encore plus bas alors que partout autour de nous, les autres pays vont de l’avant.

Il n’a pas dit que nos jeunes formés au prix de mille sacrifices de leurs parents et de l’Etat continueront à mener une vie de misère.
Il sait que bientôt les bassins fertiles de nos fleuves et rivières deviendront des zones vertes qui offriront à nos jeunes des opportunités d’emplois pour une vie digne.

Il sait que partout à travers le monde, nombreuses sont les bonnes volontés disposées à consentir les ressources financières nécessaires à la réalisation de son plan.

Le Seigneur ne veut qu’une chose, c’est d’être écouté. Il s’est exprimé.

Il a interpellé le Président Faure à remettre sur le tapis la méthode des fondateurs de notre parti le CAR.

Je dis bien remettre sur le tapis, car les fondateurs du parti eurent à faire appliquer la méthode dans le passé, de 1987 à 1991 et en 1999. Le peuple a eu à en apprécier les résultats.

La méthode en question, puis-je en faire le rappel, vise à convertir les uns et les autres au changement par l’amour et le refus de la compromission.

J’aimerais préciser en quelques mots le sens de ces deux concepts.

L’amour prophétique pris dans le contexte politique qui est le nôtre c’est la retenue face à la tentation humainement compréhensible, de riposter à une offense, par souci de préserver l’harmonie sociale déjà perturbée par l’offense première.

Cette démarche de conversion du prochain par l’amour est le prix à payer pour la paix et le développement de notre pays.
Et quant au refus de compromission, il relève de l’affrontement spirituel parce que fondé sur la résistance aux séductions et aux pressions des agents de satan.

Mesdames, Messieurs,

Au moment où vous allez affronter une terrible épreuve humaine : la recherche de l’onction populaire, il est primordial que vous gardiez à l’esprit ces armes spirituelles, de façon à éviter à notre peuple la réédition de ce qui est arrivé il y a deux mille ans dans la Judée antique.

Il revenait à l’époque au peuple juif de décider de la personne à libérer par Ponce Pilate à l’occasion de la fête de Pâques entre deux condamnés à mort : Fallait-il porter le choix sur Jésus-Christ qui prêchait l’amour pour la conversion des hommes y compris l’occupant romain.

Ou fallait-il marquer sa préférence pour Barrabas, le zélote qui prônait l’affrontement physique pour affranchir la Judée de l’occupation romaine et qui venait d’être arrêté à la suite d’une manifestation de rue au cours de laquelle un manifestant a été tué.

Mesdames, Messieurs,

Durant la longue histoire de l’humanité, rares sont les peuples qui n’ont pas été confrontés à ce dilemme. Et chaque choix opéré par le peuple a eu ses conséquences en bien ou en mal. Quand ce choix vient à aggraver les problèmes du peuple, à qui la responsabilité ?

Je me refuse d’être de ceux qui pensent que les peuples sont responsables de leurs choix.

Je me refuse à mettre sur le compte du peuple togolais, la responsabilité des malheurs qu’il a accumulés d’élections en élections.

Il est trop facile de dire que nos populations doivent s’en prendre à elles-mêmes, sous prétexte qu’elles ont cédé à l’émotion par contamination, aux séductions et aux pressions de tous genres au lieu d’opérer des choix fondés sur la raison.

Je considère que la responsabilité des malheurs d’un peuple incombe à ceux qui ont choisi d’être des politiques.
Il en est ainsi quelles que soient les causes des malheurs consécutifs aux élections, y compris le manque de clairvoyance et de courage des citoyens.

Et si ces malheurs nous ont réellement convaincu que la politique doit être autre chose que le modèle des disciples de Barabbas, reconnaissons qu’il est du devoir de nous, politiques, d’éclairer les populations en faisant en sorte que l’exploitation des sentiments primaires laisse place à la promotion des idéaux et enjeux qui donnent un sens aux élections.

Chères candidates, Chers candidats,

Vous vous engagez donc à une mission lourde, mais, oh combien exaltante, la députation n’étant pas un gagne pain mais un sacerdoce pour le bien être de nos populations.
Elle est multiforme.

Vous aurez bien entendu, à être à l’avant-garde des équipes qui vont sillonner nos villes et campagnes pour porter à la connaissance des populations, les projets élaborés par notre parti pour le redressement socio-économique du pays et les édifier sur les ressources financières et humaines conçues pour la réalisation de ces projets.
Nous exposerons à ces populations, le moment venu, les divers points de ce programme, notamment ceux concernant :

– la promotion des conditions générales nécessaires à la redynamisation et à la prospérité des différents secteurs de notre économie,
– la préoccupante question du chômage des jeunes dont je parlais à l’instant,
– les problèmes de fourniture d’eau et d’électricité à nos communautés de base sur l’ensemble du territoire national,
– la rénovation et la réalisation de nouvelles structures sanitaires, scolaires, culturelles, routières et autres,
– le besoin d’assainissement de Lomé, des autres villes et principales agglomérations du pays,
– la nécessité de protéger les droits des personnes handicapées, de l’enfant, des personnes âgées et d’assurer la représentation de la femme à tous les niveaux de la vie politique du pays.
– Etc.

Mais par delà ce premier aspect de votre mission, vous devez être surtout ceux à qui il revient de sensibiliser nos populations au vote utile, un vote qui débouche sur le changement de l’image du pays et sur l’amélioration des conditions de vie de ses habitants.

Vous devez exhorter chaque citoyen à exprimer un vote responsable qui soit de nature à conforter la confiance que le Togo est en train de rétablir avec ses partenaires en développement.

Vous devez avoir le long de la campagne électorale, une conduite qui fasse de vous un exemple vivant de la nouvelle génération de politiques dont notre pays a besoin, un exemple pour tous nos partisans et pour tous nos compatriotes.

Un exemple qui soit un témoignage des valeurs chères à notre parti, le CAR : respect de soi, respect des militants du parti, respect des adversaires, sens de dignité, de civisme, de compassion, de franchise, d’humilité, de modération, de tolérance, vigilance à tout instant.

Mesdames, Messieurs,

Grâce à la providence, nous avions surmonté les écueils aux deux premières étapes du consensus à promouvoir pour sortir notre pays de la crise socio-politique : la première étant l’Accord Politique Global et le second, le recensement électoral avec carte munie de photo.

Je vous convie, chers candidats, à convaincre les populations qu’il n’est plus question de faire marche arrière, mais d’aller de l’avant pour réaliser grâce à leurs suffrages massifs la troisième étape du consensus : celle des réformes constitutionnelles et institutionnelles indispensables à la modernisation de l’Etat et au redressement du pays.

Chères Candidates et Chers Candidats,

En guise de conclusion, je voudrais exprimer à vous tous, mes vives félicitations pour avoir mérité la confiance de nos militants de base,
Puisque c’est eux qui ont eu à vous désigner démocratiquement lors des assemblées générales organisées dans toutes nos fédérations.

Je suis convaincu que vous mettrez tout en œuvre pour être à la hauteur de leur confiance. Et c’est sur cette note d’espoir que je souhaite à vous tous, bonne chance.

Mesdames, Messieurs, les invités,
Chers militants du CAR
Je vous remercie de votre aimable attention.