08/12/2022

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Togo – Le principal opposant d’Eyadéma autorisé à revenir

LOME, 8 juillet (Reuters) – Les autorités togolaises ont annoncé jeudi avoir délivré un titre de voyage à l’opposant en exil Gilchrist Olympio, à sa demande, afin de lui permettre de se rendre dans son pays où se prépare un dialogue politique entre le pouvoir, l’opposition et la société civile.

Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur, Olympio, le plus farouche opposant au régime du général Gnassingbé Eyadéma, « a sollicité le 23 juin 2004 un laissez-passer auprès de l’ambassade du Togo en France ».
« L’ambassadeur du Togo en France lui a délivré ce jour 8 juillet 2004 le titre de voyage qu’il a dûment demandé », précise le communiqué, qui souligne que « des instructions précises ont été données aux services compétents pour qu’un passeport lui soit délivré conformément à la réglementation en vigueur ».
Joint au téléphone par Reuters, Jean-Pierre Fabre, secrétaire général du parti d’Olympio, a confirmé que celui-ci « a effectivement fourni un dossier avec un billet d’avion et il a obtenu un laisser-passer ». « Il va bientôt rentrer au Togo pour participer au dialogue national en préparation », a ajouté Jean-Pierre Fabre. Le titre de voyage de Gilchrist Olympio a fait l’objet d’une interminable polémique entre le pouvoir et son parti, l’Union des forces de changement (UFC), principale formation de l’opposition. L’UFC avait décidé de boycotter l’ouverture officielle, le 27 mai dernier, du dialogue national, en regrettant que son leader en soit exclu faute d’un titre de voyage qui lui permettrait de se rendre au Togo. Les autorités togolaises affirment que l’opposant est en possession d’un passeport ordinaire qui lui a été délivré le 16 juillet 1999 pour une période de 5 ans, et qui demeure encore valide.
Pour animer un meeting politique au Togo et remplir les formalités pour sa candidature à la présidentielle de juin 2003, Gilchrist Olympio s’était pourtant présenté à la frontière du Togo le 26 avril 2003, en provenance du Ghana, muni d’un passeport ghanéen qui lui avait été confisqué par la police togolaise. Le dialogue politique, officiellement ouvert fin mai par Eyadéma, est l’une des principales conditions posées le 14 avril 2004 à Bruxelles par l’Union européenne pour la reprise de sa coopération avec le Togo, suspendue depuis 1993 pour « déficit démocratique ».

Deux séries de consultations ont déjà eu lieu entre le gouvernement, la société civile et l’ensemble des partis politique, y compris celui d’Olympio, pour « échanger des avis » sur le déroulement de cette assise et sur les sujets à débattre./JKZ/BB