03/07/2022

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Togo : les défenseurs des droits de l’Homme isolés, craintes pour leur sécurité

Paris, 27 avril 2005 – L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), exprime sa plus vive préoccupation quant à la situation des défenseurs des droits de l’Homme au Togo.

Depuis le dimanche 24 avril 2005, jour des élections présidentielles, les membres d’organisations de défense des droits de l’Homme sont non seulement empêchés de travailler mais leur intégrité physique et psychologique est gravement menacée.

Selon les informations reçues, les défenseurs des droits de l’Homme qui souhaitaient observer la régularité des opérations de vote et de dépouillement en ont été empêchés par les forces de l’ordre. Les médias indépendants ont été fermés sur ordre des autorités nationales. Des correspondants de la presse internationale ont été refoulés du territoire. Tous les moyens de communication tels que les téléphones mobiles, les fax et internet sont coupés depuis le milieu de l’après-midi du 24 avril 2005. Ces faits constituent des violations systématiques du droit de communiquer et d’informer garanti par les instruments internationaux de protection des droits de l’Homme. Ils sont contraires à l’article 6 de la Déclaration adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme qui stipule que “Chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres:
a) De détenir, rechercher, obtenir, recevoir et conserver des informations sur tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales (…);
b) Conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et autres instruments internationaux applicables, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales;”

En outre, depuis l’annonce officielle de la victoire aux présidentielles du candidat Faure Gnassimgbe, la ville de Lomé connaît des affrontements violents entre les forces de l’ordre et les jeunes manifestants qui contestent dans les rues la validité des résultats du scrutin.
Dans ces conditions, l’Observatoire a toutes les raisons de craindre pour la sécurité des défenseurs des droits de l’Homme, plus particulièrement ceux qui ont condamné les graves violations des droits de l’Homme commises par les autorités nationales depuis la tentative de coup d’Etat de Faure Gnassimgbe le 5 février 2005. Le président de la Ligue togolaise des droits de l’Homme, Adoté Akwai, a confirmé à l’Observatoire que toutes les ONG ont fermé leur bureau de craintes de pillages, destructions de biens, et des menaces pour leur intégrité physique.

L’Observatoire demande aux autorités togolaises de respecter l’article 12.2 de la Déclaration sur les défenseurs qui impose aux Etats de prendre “toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration”.

Contact presse : +33 1 43 55 25 18 / 14 12
Daniel Bekoutou, Gaël Grilhot

Fédération Internationaledes Ligues des Droits de l’Homme17, Passage de la Main d’Or75 011 Paris, FranceTEL 33 (0) 1 43 55 25 18 Fax 33(0) 1 43 55 18 80E. mail : fidh@fidh.org

Organisation MondialeContre la TortureCase postale 21 – 8 rue du Vieux-Billard 1211 Genève 8, SuisseTel 41 22 809 49 39 Fax 41 22 809 49 29E.mail : omct@omct.org