01/07/2022

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Togo: les résultats de la présidentielle attendus mardi

LOME – AFP – 26/04/05- Les résultats de la présidentielle du Togo devraient être « probablement » connus mardi, a annoncé lundi soir la télévision nationale, citant la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

« D’après un membre de la Ceni, les résultats du vote d’hier (dimanche) seront probablement connus demain (mardi) », a indiqué la présentatrice du journal télévisé. Un responsable de la Ceni avait affirmé lundi matin que les résultats de ce scrutin ne devraient pas être connus avant au moins mardi.

Environ 3,5 millions d’électeurs étaient appelés dimanche à choisir un nouveau président suite au décès le 5 février du président Gnassingbé Eyadéma qui avait dirgé le pays pendant 38 ans. L’élection, au scrutin majoritaire à un tour, opposait principalement Faure Gnassingbé, un fils du président Eyadéma et candidat du Rassemblement du peuple togolais (RPT, parti au pouvoir), à Emmanuel Akitani Bob, candidat unique de la coalition de l’opposition.

Lundi, le chef historique de l’opposition togolaise, Gilchrist Olympio et Faure Gnassingbé, fils du président Gnassingbé Eyadéma ont conclu à Abuja un accord surprise pour former un gouvernement d’union nationale, quel que soit le résultat de la présidentielle de dimanche. Cette rencontre, sans précédent entre les deux hommes, a été organisée par le président nigérian Olusegun Obasanjo, au lendemain d’un scrutin émaillé de violences, et que l’opposition menaçait de ne pas reconnaître.

L’accord prévoit la formation d’un gouvernement d’union nationale, et une modification de la Constitution pour plus de démocratie. Image symbolique très forte pour les Togolais, MM. Olympio et Gnassingbé se sont donnés l’accolade après cette annonce. Gilchrist Olympio est le fils du premier président du Togo, Sylvanus Olympio, tué en 1963 lors d’un coup d’Etat mené par le propre père de Faure Gnassingbé, Gnassingbé Eyadéma, qui avait laissé le pouvoir aux civils.

M. Eyadéma avait conduit un second coup d’Etat, en janvier 1967, pour renverser Nicolas Grunitzky, et prendre cette fois le pouvoir, qu’il exercera de manière absolue pendant 38 ans. La disparition le 5 février de M. Eyadéma aura ainsi permis ce geste spectaculaire entre les représentants de deux familles opposées par le sang versé et la haine entretenue pendant plus de 40 ans. « En gardant à l’esprit que lors des 38 dernières années, le gouvernement était incarné par une seule personne, nous avons décidé que celui qui remporterait cette élection, quel qu’il soit, formerait un gouvernement d’union nationale », a annoncé M. Obasanjo, également président en exercice de l’Union africaine (UA).

M. Obasanjo a ajouté que les deux leaders togolais étaient d’accord pour que la Constitution soit modifiée « pour satisfaire à ce que nous appelons la démocratie, les droits humains fondamentaux, la participation populaire et le règne de la loi ».

« Monsieur le président, je voudrais vous dire que le Togo traverse des temps difficiles, et ce que je veux, c’est travailler avec tout le monde… C’est pourquoi nous avons décidé de former un gouvernement avec une large représentation nationale », a déclaré Faure Gnassingbé. « Maintenant, il y a une petite ouverture que nous voulons exploiter », a déclaré de son côté M. Olympio, qui dirige l’Union des forces du changement (UFC), le premier parti d’opposition.

« Nous l’appelons transition, parce que nous allons traverser une période difficile qui va introduire les règles démocratiques, les règles de la loi et du respect des droits de l’Homme », a ajouté M. Olympio, qui ne pouvait pas se présenter à la présidentielle car il vit en exil en France. M. Olympio ne revenait qu’en coup de vent au Togo, de crainte d’être victime d’un attentat, comme celui qui l’avait visé dans le centre du pays, en 1992.

Selon le président nigérian, le processus de gouvernement d’union nationale sera supervisé par une commission présidée par l’UA, comprenant des représentants des partis togolais, de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), et des ambassadeurs des pays d’Afrique de l’Ouest et centrale accrédités à Lomé.

Cet accord semblait avoir pris de court les responsables politiques de l’opposition à Lomé, qui ne souhaitaient pas réagir immédiatement. Le Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir), dont M. Gnassingbé était le candidat, et la coalition de l’opposition, représentée par Emmanuel Akitani Bob, se sont mutuellement accusés de fraudes et de violences lors du scrutin.