06/10/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Togo: Message du Parti des travailleurs au IIe Congrès de l’UFC

Monsieur le Président national de l’UFC
Chers amis congressistes de l’UFC,
Chers invités,

Le Parti des travailleurs tient à apporter son salut fraternel et chaleureux à ce IIe Congrès de l’UFC. Un salut fondé sur l’expérience des combats communs que nous n’avons cessé de mener depuis longtemps et tout particulièrement depuis l’année dernière notamment :
– en août 2007 : pour une Grande Marche pacifique contre l’impunité, contre un processus électoral biaisé, contre la dégradation du Togo, contre les délestages électriques ;
– en janvier dernier : pour la commémoration du 45e anniversaire de l’assassinat du père de l’indépendance du Togo, Sylvanus Epiphanio Kwami OLYMPIO ;
– en avril dernier : pour la commémoration du 50e anniversaire de la victoire électorale de l’Ablodé, le 27 avril 1958.

C’est dire qu’avec l’UFC nous avons été de tous les combats pour la démocratie, de la souveraineté nationale et des conditions générales d’existence de nos populations même si, pour notre part au Parti des travailleurs, nous ne croyons pas à la capacité des élections organisées aux conditions du RPT d’ouvrir la voie au changement démocratique véritable auquel aspire profondément le peuple togolais.

Cependant, dans l’action commune que nous avons engagée, nous avons ensemble pu mesurer combien ces campagnes posaient les problèmes cruciaux auxquels nous sommes confrontés jusqu’aujourd’hui.

En effet, quel constat peut-on faire depuis lors ?

D’abord, à propos de la Marche pacifique à laquelle nous avions appelée le 4 août 2007, rappelons qu’elle a été interdite de façon scélérate en utilisant toutes sortes d’arguments les plus alambiqués, les mêmes qui ont été utilisés pour interdire systématiquement toutes les marches pacifiques que les syndicats, associations et partis ont voulu organiser dans ce pays.
Or, ces marches pacifiques ne visaient qu’à faire entendre la voix de toutes les misères et de toutes les souffrances des travailleurs et du peuple togolais contre la politique du gouvernement dirigé par le RPT.
Il y a là, un grave danger contre les libertés les plus fondamentales et de la démocratie pourtant garanties par la Constitution même tripatouillée par le RPT, danger qui nous nous interpelle car il singularise dans le monde entier, notre pays, le Togo dont la situation devient si caricaturale qu’il tend à figurer en bonne place parmi les pays les plus antidémocratiques au monde. En effet, ne compte-t-il pas bien parmi ces rares pays à avoir interdit ces marches contre la vie chère qui n’ont cessé et ne cessent de se multiplier dans l’écrasante majorité des pays du monde entier après la faramineuse hausse des prix des produits pétroliers sur le marché mondial qui a entraîné celle, générale, des prix ?

Quant aux trois thèmes lesquels nous avions appelé à cette Grande marche pacifique du 4 août 2007, ne sont-ils pas plus que jamais d’actualité, près d’un an après lorsqu’on les considère un à un ?

En août 2007 : nous avions dénoncé, à l’occasion de la commémoration du 15e anniversaire de l’assassinat de Tavio AMORIN, l’impunité dont le clan des Gnassingbé n’a cessé de couvrir tous les crimes politiques qu’il a commis au Togo depuis l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO et exigé qu’on y mette fin.
Mais la question de l’impunité n’est-elle pas posée avec encore plus de force aujourd’hui avec la parodie d’opération « Vérité – Justice – Réconciliation » que nous servent les tenants du régime RPT pour s’auto-amnistier avec la très étonnante complicité d’institutions internationales établies ? Qui croit-on pouvoir abuser sur le seul véritable objectif de cette campagne visant à garantir une totale impunité au génocidaire Faure Essozimna GNASSINGBE et à ses hommes de main pour qu’ils recommencent voire aggravent sans nul doute à nouveau leurs massacres à l’occasion de l’élection présidentielle de 2010 ?

En août 2007 : nous avions dénoncé un processus électoral biaisé au moment même où avait déjà commencé un recensement électoral bâclé et nous nous étions inquiétés d’un processus électoral qui s’annonçait d’ores et déjà comme une mascarade d’élections législatives en cours de préparation.
Mais, les résultats électoraux encore plus biaisés qui ont été publiés avec les gigantesques trucages et achats massifs de consciences aggravant un découpage électoral des plus iniques ne nous ont-ils pas donnés plus tard raison en justifiant totalement toutes nos inquiétudes et dénonciations ?

C’est pourquoi, pour nous au Parti des travailleurs, nous considérons la « majorité » qui siège à l’Assemblée nationale au Palais des Congrès de Lomé comme une fausse majorité dans laquelle tout le monde sait que le peuple togolais ne se reconnaît pas et ne se reconnaîtra jamais. Cela, parce qu’elle ne correspond en rien au suffrage qu’il a exprimé en se saisissant de cette échéance électorale pour clairement exprimer à nouveau son rejet du RPT, de son régime et des collabos de l’opposition démocratique en votant surtout pour les candidats de l’UFC pour ceux qui ont participé à cette élection.

En août 2007, nous avions dénoncé la dégradation du Togo et notamment mis en cause :
– les incessants délestages de courant électrique et coupures intempestives d’eau : pourtant, un an après, ils continuent de plus belle actuellement même en pleine période d’examen du baccalauréat 2008 ;
– le pillage des ressources et richesses nationales par une corruption et une gabegie qui ruine l’Etat, le bradage du patrimoine national dont l’IFG (ex OTP) aux compagnies et maffias étrangères, l’institution de caisses parallèles dans les régies financières de l’Etat (douanes, impôts, trésor public, etc.). Pourtant, un an après, l’actualité nous montre que le phénomène, loin de s’atténuer, s’est aggravé avec, d’une part, l’information sur la « disparition » de 7 milliards de recette mensuelle enregistrés dans la gestion des péages par le Fonds d’entretien routier, d’autre part avec la grève des travailleurs de l’IFG/OTP protestant contre le vol manifeste de nos phosphates déclarés vendus à 70$ alors qu’ils le sont en réalité à 300$ la tonne sur le marché mondial. C’est donc dire que des détournements de fonds publics sont opérés à hauteur de 270$ la tonne pour une exploitation portant sur plusieurs dizaines de milliers de tonnes par mois (faites le calcul !), détournements qui permettent aux tenants du régime RPT d’accumuler de colossales fortunes à l’étranger au détriment des intérêts du peuple togolais. Il en est de même encore avec la grève des travailleurs de WACEM protestant contre le pillage de notre ciment qui enrichit par milliards des maffias étrangères et l’oligarchie RPTiste qui ont étendu leurs tentacules dans toute la sous-région ouest-africaine au détriment des intérêts des travailleurs de cette entreprise et du peuple togolais. Il en est de même enfin avec toutes les informations qui ont défrayé la chronique ces temps derniers au sujet des exonérations fiscales gracieusement accordées à hauteur de 12 milliards de F CFA, 4 milliards de CFA, voire plus ou même moins par des dignitaires du régime RPT aux membres de certaines maffias étrangères qui narguent quotidiennement les citoyens togolais dans leurs propres pays ! Cela ne devient-il pas de plus en plus intolérable lorsqu’on voit le délabrement continu de nos infrastructures en particulier de nos routes qui sont dans un état des plus pitoyables par ces temps de pluie ?
– Après avoir dénoncé le non paiement des arriérés de salaires et pensions aux travailleurs et retraités, la vie chère, le chômage de la jeunesse, la ruine de l’Ecole et de la Santé, nous avions mis en cause la « coupable indifférence » affichée par le gouvernement de Faure Essozimna GNASSINGBE. Sous ce registre, chacun conviendra avec nous comme nous l’avons dit dans un document commun qu’ « Au Togo, rien n’a changé » car, à vrai dire, la précarisation générale de la population s’est plutôt aggravée.
Dans cette situation, on doit se demander : que fait donc ce gouvernement !

Chers amis de l’UFC,
La Grande marche pacifique à laquelle nous avons appelé il y a bientôt un an a eu un autre mérite : celui de clarifier un peu plus la situation à l’intérieur de l’opposition démocratique togolaise.
Rappelez-vous de ces « amis » qui, après avoir participé à sa préparation, ont fini par la dénoncer en utilisant les mensonges les plus abjects pour finalement se retrouver dans le gouvernement de Faure GNASSINGBE.
Si, en 1991, certains qui sont dans cette posture avaient parlé d’« avocats du diable en service commandé » aujourd’hui n’est-il pas permis de leur retourner leur propre formule en parlant d’« opposants du diable en service commandé » ?
En tout état de cause, nous savons qu’ils ont fait un choix qui les situe désormais clairement dans les rangs des ennemis du peuple togolais.

Près de 18 ans après le soulèvement populaire du 5 octobre 1990, la route aura été bien longue, noyée de flots de sang des martyrs du peuple togolais mais, au fil du temps, les traîtres dans nos rangs se sont finalement démasqués.

Chers amis de l’UFC,
Certes, le tableau de la situation d’ensemble de notre pays est particulièrement sombre mais nous sommes convaincus, au Parti des travailleurs certainement comme vous, qu’il n’y a pas lieu de désespérer car seule la lutte paie et nous savons que le peuple togolais est toujours aussi prêt pour le changement maintenant, tout de suite.

Car il est :
– Prêt à en finir avec ces régimes assassins du clan des GNASSINGBE et du RPT que l’impérialisme principalement français et ses réseaux ont installés au Togo depuis le coup d’Etat du 13 janvier 1963 ;
– Prêt à arracher la liberté et la démocratie ;
– Prêt à arracher l’instauration d’une véritable justice sociale qui lui permette de satisfaire ses besoins les plus élémentaires.

Le peuple togolais étant prêt, dans un monde où les grandes puissances aggravent de jour en jour l’injustice en fomentant des crises politiques dégénérant souvent en conflits armés qui disloquent les Etats et les nations comme nous le voyons surtout sur notre continent, ensemble avec lui, engageons le combat pour en finir avec ce régime qui le broie.

C’est pourquoi, nous formulons le vœu que votre IIe Congrès soit l’occasion du renforcement de notre combat commun pour la satisfaction des aspirations profondes du peuple togolais.

Plein succès aux travaux de votre IIe Congrès !
A bas le régime RPTiste du clan des GNASSINGBE et les impérialismes qui les protègent !
A bas les traîtres !
Vive l’UFC !
Vivent les partis de l’opposition démocratique restés fidèles aux intérêts du peuple togolais !

ABLODE ! ABLODE ! ABLODE !

Lomé, le 17 juillet 2008
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI