26/06/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Togo : Politiciens pourchassés, journalistes harcelés, la démocratie à reculons !

Les derniers développements de l’actualité politique et médiatique au Togo inquiètent. Même si quelques hommes politiques et les chancelleries étrangères ne réagissent pas, ils reconnaissent qu’il y a un véritable problème et que la situation politico-médiatique du pays recule à grands pas. Plusieurs compatriotes de la diaspora qui avaient l’intention de retourner au pays sont sceptiques, les investisseurs étrangers patientent toujours et la réconciliation tant souhaitée par les uns et les autres est plombée !

D’un rassemblement cultuel à une marche : répression, insécurité et surenchère

En ce moment, il n’est pas bon d’être militant ou sympathisant de l’Union des Forces du Changement (UFC)-section Jean-Pierre Fabre, [ni d’assister aux cultes du mercredi midi au Temple Méthodiste Salem->http://www.fabre-togo.com/article.php?nid=94] de Hanoukopé, ni de participer aux marches du samedi qui débouchent à la plage de Lomé. Malgré les menaces, les courses-poursuites dans les rues adjacentes aux lieux des manifestations, les interpellations, les brimades et les bastonnades, le tout dans un déluge de gaz lacrymogènes, la résistance se poursuit et ne faiblit pas. C’est devenu un jeu de cache-cache entre manifestants et forces de sécurité. Face à l’absence d’une interdiction dûment signifiée à Jean-Pierre Fabre et ses alliés, « les manifestations se poursuivront » selon les organisateurs. C’est dans ce contexte que les rumeurs d’une déchéance des députés favorables à Jean-Pierre Fabre de leur étiquette UFC se précisent : interdiction de parler et d’exhiber l’effigie de l’UFC, suspension des indemnités de député, dépossession des postes de présidents de commission aux députés UFC alliés de Fabre, etc.

Ces tentatives s’annoncent difficiles et houleuses et focaliseront toute la vie politique sur un débat inutile. La Constitution togolaise stipule qu’un élu a un mandat impératif et national, et non un mandat de son parti politique, ce qui suppose qu’il serait difficile à l’Assemblée nationale de statuer sur une éventuelle destitution des Pro-Fabre de leurs fonctions. De plus, le Parlement n’a pas encore reçu de courrier lui signifiant une scission au sein de l’UFC. Le président de l’Assemblée nationale a paniqué le mardi 31 août dernier, lors de l’élection des membres de la HAAC où deux représentants de l’UFC se sont levés pour représenter chacun l’UFC au nom de son courant distinct afin d’administrer et de superviser le vote. Il a fallu l’humilité et la sagesse des pro-Fabre pour demander à son représentant de se retirer. Ce n’est que partie remise, car de véritables empoignades juridico-politiques se préparent dans les états-majors des deux sections de l’UFC sous l’œil amusé et railleur du RPT. « Il n’y a pas match » comme dirait l’autre, vu la rhétorique juridique à laquelle vont s’adonner les juristes [Isabelle Améganvi->http://www.fabre-togo.com/discours.php?nid=50], Ruben Doe-Bruce et Georges Lawson face aux Nicodème Habia et consorts limités aux phrases télégraphiques.

De la chasse à l’homme contre le leader de l’UFC aux excès de plaintes contre les médias

Plusieurs observateurs de la scène politique togolaise font déjà le parallèle entre les déboires de l’UFC et les citations à comparaître qui tombent chaque jour sur les médias togolais. Si il faut reconnaître les excès de langage et de ton dans les journaux togolais, ce n’est que la résultante des derniers développements de l’actualité politique, à savoir la chasse à l’homme et la mise au banc de [Jean-Pierre Fabre->http://www.fabre-togo.com/biographie.php], leader de l’UFC et ses alliés. La douzaine de plaintes déposée actuellement contre des journaux ne peut laisser indifférents les activistes des droits de l’homme et de la liberté de presse qui y voient une tentative de musellement de la presse indépendante. Même si les faits reprochés à ces organes ne sont pas directement liés à la guéguerre à l’UFC, la période choisie par les plaignants pour réagir s’apparente à une tentative de musellement de la presse dans cette phase cruciale de la vie politique nationale où l’implosion voulue à l’UFC risque de compromettre dangereusement les vœux de justice et de réconciliation prônés par des voix autorisées. Concernant la commission Vérité-Justice et Réconciliation, il n’y a que les médias pour accompagner véritablement ce processus délicat et hautement sensible à moins que les initiateurs de cette Commission ne l’aient uniquement mise en place pour s’arroger les bonnes grâces de la communauté internationale.

Un des baromètres de la démocratie est la presse, et les procès pour délits de presse doivent renforcer cette démocratie. Les journaux accusés de diffamation doivent apporter la preuve de leurs allégations et les plaignants doivent se présenter pour apporter la preuve qu’ils sont diffamés. Aucun média, aucun journaliste n’est à l’abri d’un procès en diffamation, mais la triste réalité togolaise a toujours condamné les journalistes et les médias avant les procès ; ce qui enlève souvent toute crédibilité aux procès intentés par les personnalités de la république aux médias. Au-delà même de ces procès en cascade annoncés, c’est tout l’environnement médiatique togolais qui soulève des inquiétudes. Ajouté à l’appétit glouton d’un régime jamais rassasié, il y a de quoi sonner [les trompettes embouchées de la résistance->http://www.letogolais.com/article.html?nid=4319].

La rédaction letogolais.com