07/12/2022

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Togo: Un comité Gilchrist Olympio-RPT pour des élections locales aménagées !

Quarante huit heures après le congrès controversé de l’UFC- section Gilchrist Olympio, ce dernier accompagné de trois de ses nouveaux lieutenants ont rencontré des responsables du RPT pour définir l’objet et la teneur des discussions bipartites qui doivent meubler les travaux du Comité de suivi de l’Accord du 26 mai 2010 entre Gilchrist Olympio et Solitoki Esso, secrétaire général du RPT dont le mandat à la tête de ce parti a expiré depuis quelques temps.

Par Daniel LAWSON-DRACKEY

Gilchrist Olympio, une caution pour les forfaitures électorales prochaines

[Les points inscrits->http://www.icilome.com/nouvelles/news.asp?id=1&idnews=15995&f=] à l’ordre du jour des séances du comité de suivi de l’accord Gilchrist Olympio-RPT dénotent de l’incapacité des nouveaux amis du pouvoir à comprendre les stratagèmes de leur interlocuteur principal en la personne de Pascal Bodjona assisté de Fambara Natchaba rappelé à ses amours de bluffeur impénitent.

Les élections locales que la communauté internationale presse le gouvernement togolais à organiser au plus tard au premier trimestre 2011 sont perçues par le pouvoir RPT comme un tocsin pouvant confirmer davantage l’assise impopulaire du régime dans le pays. Pour troubler le jeu politique, le pouvoir n’a trouvé mieux que de vouloir imploser l’UFC qui reste le seul parti politique de l’opposition capable de s’imposer dans les locales. En semant la division au sein de l’UFC, les populations vont sûrement sanctionner les candidats amis de Gilchrist Olympio ; les partisans de Fabre n’auront pas le temps de s’offrir une visibilité politique propre en ce sens qu’ils ne pourront plus se présenter sous les couleurs de l’UFC, mais sans aucun doute sous la bannière d’un nouveau parti que le ministère de l’administration territoriale n’est pas prêt à accepter et à enregistrer avant ces élections. Dans tous les cas, le régime veut tout faire pour embrouiller les populations et démobiliser les électeurs de l’opposition, afin de profiter de la division, de la désaffection et du renoncement des électeurs de l’UFC.

Quant au Sénat qui sera mis en place après les locales, le pouvoir a déjà garanti la présidence à Gilchrist Olympio avec tous les honneurs, au grand dam d’un Edem Kodjo de la CPP qui attend ce poste avec impatience. Presque tous les vieux leaders seront cooptés par la présidence pour siéger au Sénat. Une nouvelle guerre de chefs pointe à l’horizon, avec à la clé un président honoraire de la CPP rancunier et ne souffrant d’aucune humilité à se mettre en vedette là où il est appelé.

Pour le reste des attributions dévolues à ce comité, il est fort à parier que le CPDC ne se laissera pas abattre par un club de nouveaux amis qui cherchera à envoyer Savi de Tové et ses amis aux calendes grecques ; un partenariat de deux partis ne pouvant se substituer à un conglomérat de représentants de la société civile, de la chefferie traditionnelle, des partis politiques et des confessions religieuses.

Un Comité de suivi bancal et illégal

S’il est vrai que le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation ( CPDC) auquel s’accroche Jean-Lucien Savi de Tové n’est qu’un rassemblement qui s’illustre plus pour les jetons de présence que pour des idées judicieuses pouvant sortir le pays du marasme socio-politique, il est aussi vrai que le comité de suivi de l’Accord RPT-UFC est un club d’émeutiers et de faussaires rompus aux échafaudages politiques grossiers et nauséabonds. Que Fambaré Natchaba du RPT retrouve enfin la lumière, c’est avant tout pour narguer Gilchrist et ses amis. Quant à Me Djovi Gally qui veut plaire au RPT pour qu’on lui laisse la mairie de Lomé, le pouvoir n’a pas encore oublié ses insultes et ses invectives dans l’affaire Kpatcha Gnassingbé, et attend de voir jusqu’où il peut aller dans ses turpitudes. L’on s’attendait à le voir inscrire ce dossier à l’ordre du jour du Comité, mais il a aujourd’hui d’autres soucis. Le protubérant Elliot Ohin s’affuble de nouvelles charges, dépouillé qu’il est par son prédécesseur commis à ses vraies fonctions de ministre des affaires étrangères. Isaac Tchiakpé, ancien majordome de Gilchrist Olympio devenu porte-parole et enfin conseiller spécial du président déchu de l’UFC, n’a jamais été membre de ce parti. Ce beau-fils de feu Yaya Malou a attendu son heure et a joué un véritable rôle d’indic pour le pouvoir dans l’entourage de Gilchrist Olympio. Ayant juré d’avoir la peau de Jean-Pierre Fabre, il se complaît aujourd’hui dans des forfanteries couplées de vulgarités qui illustrent la simplicité et l’étroitesse d’esprit d’un personnage abonné aux dessous de table.

Ressentiments et murmures au RPT

Comme à l’UFC avec les derniers remous, le RPT n’est pas en reste : des voix, non pas des moindres, à défaut de s’élever pour réclamer un réaménagement des instances du parti par un congrès, murmurent en catimini l’accaparement du parti par certains barons qui ne veulent pas passer la main et s’accrochent impunément aux privilèges avec de faux espoirs et discours à l’endroit d’une jeunesse de ce parti condamnée à ronger son frein dans les salles d’attente des ministères. Nommé ministre d’Etat, Solitoki Esso est aujourd’hui désavoué par certains cadres et jeunes du parti qui n’ont pas digéré le rappel de ce vieux briscard ainsi que son compère Andjo Tchamdja dans le gouvernement. L’on se demande dans les coulisses du siège s’il n’y a plus d’autres compétences au RPT que ces deux messieurs qui se sont beaucoup sucré sous Gnassingbé père. Pire encore, le mandat de Solitoki Esso est arrivé à expiration depuis quelques mois, mais le Bureau politique miné par des luttes de leadership et de clans autour de Faure Gnassingbé se terre dans un mutisme. Plusieurs jeunes du parti sont désabusés d’avoir battu campagne pour le RPT malgré l’environnement socio-politique qui ne leur était pas favorable. Ils se disent déçus d’avoir bravé railleries et hostilités à travers le pays pour soutenir un parti vomi et décrié par toutes les populations sur toute l’étendue du territoire national.

Par Daniel LAWSON-DRACKEY
La rédaction letogolais.com