28/06/2022

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Togo:des milliers de personnes réclament « la pleine légalité constitutionnelle »

LOME,(AFP)-26/02/2005 – 14:04–« Nous sommes très en colère », lance une manifestante togolaise parmi plusieurs de milliers de personnes descendues dans les rues de Lomé pour réclamer une « pleine légalité constitutionnelle » dans leur pays et la tenue d' »élections libres et sans exclusion ».

Cette manifestation, la deuxième du genre, est organisée à l’appel de six partis de l’opposition, dont l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio et le Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo.

Le rassemblement commence au petit matin, dans le quartier de Bè, fief traditionnel de l’opposition à Lomé, où les forces de l’ordre ont tué trois manifestants lors de la « marche pacifique » interdite du 12 février.

Les manifestants, majoritairement des jeunes, exigent « le rétablissement » du président de l’Assemblée nationale, Fambaré Natchaba Ouattara, en exil au Bénin, au poste de président intérimaire, ainsi que l’ouverture d’un « dialogue politique » sur les conditions d’organisation de la prochaine élection présidentielle.

Tout au long de leur parcours d’une dizaine de kilomètres, les protestataires scandent des slogans hostiles au gouvernement togolais et au président français Jacques Chirac, qualifié « d’assassin et de semeur de trouble ».

« Au secours, Chirac et la famille « Gnass » nous ont pris en otage! », ont écrit des manifestants sur une énorme banderole surplombant la foule, encadrée par les milices des partis et un important dispositif des forces de l’ordre.

D’autres slogans comme « Bonfoh démissionne », « Nachataba reste et demeure la légalité constitutionnelle », sont brandis par des dizaines de jeunes militants roulant à motos et sifflets la bouche.

« Un jeune comme ça (Faure Gnassingbé, 38 ans) ça va gouverner qui? », lance une autre manifestante, visage induit de caolin, brandissant un portrait de Gilchrist Olympio, le principal opposant exilé en France.

Les femmes chantent et dansent au son de tambours, dans un bruit assourdissant de moteurs. A la tête de la procession, les organisateurs multiplient les appels au calme à la vue des forces de l’ordre, à bord de véhicules, matraques et fusils lance-grenades à la main.

« Nous exigeons le rétablissement de la légalité constitutionnelle et l’installation de Natchaba dans ses fonctions de président intérimaire », lance à son tour, un responsable de l’UFC, Jean-Pierre Fabre.

Vendredi, Faure Gnassingbé – qui a succédé près de trois semaines à son père Gnassingbé Eyaméda, décédé le 5 février – a « renoncé » au poste de président par intérim et se présente à l’élection présidentielle.

« Nous ne voulons pas de pièces éparses (..) nous voulons un accord politique pour discuter des conditions d’organisations d’élections libres, transparentes et démocratiques et sans exclusive », indique M. Fabre.

Il juge insuffisant la démission de M. Gnassingbé et son remplacement par le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Abass Bonfoh, qui « ne sont que des subterfuges » pour satisfaire la communauté internationale.

Tout en qualifiant de « victoire » la démission de M. Gnassingbé, Me Agboyibo exclut « toute participation » de l’opposition à la prochaine présidentielle « sans une entente préalable » sur ses conditions d’organisation.

La manifestation s’est dispersée en fin de mantinée sans incidents majeurs.